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  2. // PSG/Bordeaux (3-1)

Paris se rachète une conduite

Bordeaux, fraichement éliminé de la C1, n'a plus que le championnat à jouer. Mais Marseille, récent vainqueur de la Coupe de la Ligue, ne compte pas se faire à nouveau entuber sur la photo-finish. Du coup, lorsque Paris, définitivement largué, est à nouveau désigné pour faire l'arbitre d'un soir, c'est toute la L1 qui flaire la supercherie. À tort. Le PSG n'est définitivement plus le même...

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«  S'il y a un bien un match qu'ils peuvent perdre, c'est encore une fois celui-là » . À quelques encablures du coup d'envoi de ce PSG/Bordeaux, c'est le même refrain qui résonne un peu partout autour du Parc des Princes. Tout le monde se souvient de la saison 1998/1999, où Paris avait privé Marseille de titre en s'inclinant face aux Girondins. Et même si Pascal Feindouno achève désormais les défenses saoudiennes, nombreux sont ceux qui signeraient pour un petit but bordelais en fin de match. Comme ça, ni vu ni connu. Juste histoire d'emmerder l'ennemi à distance. Car personne n'est dupe. À part quelques millions d'euros en plus dans le bilan comptable de fin d'année, la troupe d'Antoine Kombouaré n'a plus grand chose à espérer de ses prestations en championnat. Côté supporters en revanche, l'idée que Gabriel Heinze puisse brandir l'Hexagoal en fin de saison constitue cet ultime supplice dont les rouges et bleus se passeraient volontiers. Du coup, au comptoir d'un bar jouxtant le stade, on se déride comme on peut : «  Au pire, si Bordeaux n'y arrive pas tout seul, y'a toujours Mamadou Sakho qui peut leur filer un coup de main... » . Pas tout à fait l'ambiance réglementaire pour recevoir le champion en titre.

Séduire pour guérir

Dans les tribunes, ce n'est guère mieux. Après un PSG/Boulogne à huis-clos, le public du Parc retrouve son stade comme il l'a quitté, en grève. Le virage Auteuil, partiellement rempli, continue son mutisme. Pas de capo, pas de bâche, pas d'ambiance. Pour la foule des grands soirs c'est donc en tribunes latérales qu'il faut se rendre, bondées à souhait. Tout comme le Kop de Boulogne qui fait quasiment le plein pour rendre un dernier hommage à Yann Lorence. D'un bout à l'autre de la partie, la tribune scandera son nom, tifo gigantesque à l'appui. Façon aussi de rappeler que le club n'est toujours pas sorti du triangle des Bermudes. La désinvolture laisse alors place à un léger malaise. Dans ce contexte quasi-apocalyptique, le PSG peut-il réellement se permettre de laisser filer un match ?

Sur le terrain, un début de réponse. À quatre jours de sa demi-finale face à Quevilly, Casque d'or a décrété la répétition générale. Hormis Granddi Ngoyi qui suppléé un Jérémy Clément suspendu, c'est l'équipe-type qui se présente sur la pelouse. En face, du classique également. Diarra et Carrasso blessés, ce sont Sané et Ramé qui font office de doublures. Après son revers en Champion's, "le Président" compte bien relancer son armée. En vain. Dès les premières minutes, les locaux passent à l'offensive. Le jeu n'est pas tout à fait léché, mais assez efficace pour pousser la paire Ciani/Ramé à la faute. Sur une passe en retrait trop peu appuyée du premier, le second est contraint d'intervenir sur Erding aux abords de sa surface. Un mauvais réflexe de la main plus tard, le portier girondin est logiquement émasculé par monsieur Castro. Entrée en jeu du troisième gardien, dix-neuf ans et zéro minutes en L1. Double peine, puisque le jeune Abdoulaye Keita ira chercher le premier ballon de sa carrière au fond de ses filets suite à un coup franc tout en force de Sylvain Armand. 1-0, Paris prend l'avantage à la demie-heure de jeu et aurait même pu doubler la mise à quelques secondes du repos, sur une volée limpide signée Ludo Giuly.

Guérir pour séduire

Entre temps, le Parc s'est lui aussi pris au jeu. Quelques petits groupes de supporters décident de rompre le silence. Afin de donner un semblant d'âme à ce pseudo choc du championnat, ils lancent certains chants – les plus populaires – sporadiquement repris par le reste des travées. C'est décidé, ce soir le PSG compte bien s'offrir une victoire de prestige. Au diable l'éternel rival sudiste, il ne lâche rien et continue de mettre la pression sur l'arrière garde adverse. Hoarau puis Erding obligent le jeune Keita à faire preuve d'étonnants réflexes sur sa ligne de but. Trop sans doute pour le rookie marine et blanc qui finit par déchirer une relance au pied dans l'axe à vingt cinq minutes du terme. À l'affut, le Réunionnais réceptionne l'offrande et transmet à son compère turc pour la finition. Le treizième but d'Erding en L1 réconcilie définitivement le Parc avec ses princes. Même la réduction du score de Ludovic Sané ne viendra pas perturber le bel élan parisien. Là où ils auraient certainement pu sombrer quelques semaines en arrière, les joueurs de la capitale parviennent cette fois-ci à tuer le match. Abdoulaye Keita part à l'aventure sur une ultime sortie aérienne, et manque le cuir qui finit sa course sur le crâne de Guillaume Hoarau. 3-1, Bordeaux lâche l'affaire.

Avant de disputer le match charnière de sa saison face à une équipe de CFA, le onzième club de L1 triomphe d'un quart de finaliste de C1 en supériorité numérique. L'occasion pour le supporter parisien de faire une énième fois étalage de sa légendaire humilité. Les derniers instants de la rencontre, sur fond de passes à dix, seront donc ponctués par les « olés » d'une enceinte définitivement réveillée. Quitte à mettre bien l'OM, autant le faire avec panache...

Par Paul Bemer

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