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Paris peut-il assommer la Ligue 1 ?

Leader du championnat, le PSG se déplace chez un promu, Ajaccio, avec la folle envie d'accentuer son avance sur ses poursuivants. Avec ses millions, ses stars et sa défense de fer - la plus solide du pays -, Paname peut-il mettre une grande baffe à tout le monde ?

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Difficile de savoir ce que vaut vraiment ce PSG 2011-2012 pour le moment. Le championnat est encore long et les écarts sont minimes. Surtout, le collectif francilien est quelconque, pour ne pas dire en rodage. Les blessures et les méformes n'ont jamais permis à Antoine Kombouaré de s'appuyer sur un socle ferme et définitif. Et pourtant, Paris est déjà maillot jaune. En se déplacement chez le dix-huitième, personne ne voit Paris manquer les trois points. Faut-il y voir le début d'une hégémonie ?

Oui, parce la marge de manoeuvre est encore grande

Première observation, Paris ne joue que par intermittence. Par séquences. Les ouailles de Kombouaré n'ont jamais dominé une rencontre de bout en bout. On attendait des gifles chaque semaine, on a du se contenter de victoires poussives. Souvent brillant une demi-heure seulement, Paname a (trop) souvent subi. Que ce soit contre Nice, Montpellier, Rennes ou même contre Lyon, les Franciliens ont su laisser passer l'orage quand il le fallait. Pis, ils n'ont jamais impressionné collectivement (hormis sur certaines séquences contre Lyon). Volontaire mais brouillon, le collectif se fabrique doucement. En même temps, avec six nouveaux titulaires (Sirigu, Lugano, Matuidi, Menez, Gameiro et Pastore) et un changement de système de jeu, il faut du temps et des matches pour que chacun s'y retrouve. La marge de manœuvre est énorme. Pour le moment, on ne sent pas une machine très huilée, mais on devine les chevaux sous le capot. Quand les automatismes seront présents, la bécane fera mal. En tout cas, elle en a le potentiel. Etre leader en étant moyen, c'est plutôt bon signe pour la suite.

Oui, parce que Javier Pastore sait tout faire

Quand on possède un joyau de la trempe de Xavier Pasteur, on peut se la couler douce. Lui filer la chique et attendre. Qu'il se démerde tout seul en somme. Pour le moment, c'est la tactique adoptée par les Parisiens. Quand ça coince, c'est à l'Argentin que revient le rôle du clutch player. Le mec capable de faire basculer une rencontre sur une accélération, un dribble, une frappe. Contre Lyon, le numéro 27 a joué 30 secondes. Suffisant pour ouvrir le score et recevoir l'ovation du Parc des Princes. Quand ses coéquipiers auront compris comment le meneur de jeu joue au football - pour le moment Pastore pense beaucoup trop vite pour eux - le collectif en sortira grandi. Et dire que le mec est encore en phase d'acclimatation...

Oui, parce que la défense tient le coup

C'est paradoxal car le secteur défensif francilien n'apporte aucune garantie depuis le début de saison. Lugano défend comme un pivot de NBA, Tiéné est moyen, Jallet moins performant et les blessés trop nombreux. Et pourtant, le PSG possède la meilleure défense du championnat avec sept buts encaissés. Un muraille dans laquelle le meilleur maçon du coeur est Italien. Acheté trois cartouches de clopes et un boîte de maïs à Palerme cet été, Salvatore Sirigu est la recrue la plus régulière du PSG façon Qatari. Irréprochable depuis l'ouverture de la saison de la chasse, le Transalpin rassure et assure. Tout l'inverse d'Apoula l'an dernier. Le back four, lui, est moins imperméable mais tient la route. C'est aussi oublié les blessures de Sakho, Bisevac ou Armand et l'arrivée tardive de Lugano. C'est simple, Kombouaré n'a jamais pu aligner son quatuor type (Jallet-Lugano-Sakho-Tiéné). En bricolant, les Franciliens ont réussi a s'en sortir. C'est dire.

Bref, tout va bien dans la capitale. Oui mais non. Car jouer au football à Paris n'est jamais simple. Et les raisons pour que le vaisseau PSG explose en plein vol sont tout aussi nombreuses...

Non, parce les chevilles vont enfler

Quelques millions par-ci, par-là. Une star argentine qui fait toutes les Unes des canards de France et même d'Italie. Un merchandising au top. Un stade rempli de Qatarix. Un manager qui passe son temps le pouce en l'air. David Beckham et son univers qui débarquent. Bref, tout a changé à Paris. Et forcément, ça peut faire tourner les têtes. Même si Kombouaré continue d'insister sur la notion de travail, l'environnement francilien ne se gène pas pour envoyer l'équipe parisienne au top. On parle de triplé, d'un titre de champion de France déjà promis, d'une attaque de feu, de retombées économiques faramineuses. Et on parle déjà du prochain mercato sans même avoir torché un tiers de la présente saison. Si le groupe se disperse, ça veut partir dans tous les sens. Et là, ça va faire mal. Parce qu'à Paname, quand ça part en sucette, c'est souvent avec talent.

Non, parce que le management va être difficile

Pour le moment, le bébé ronronne bien. On craignait la concurrence accrue et délicate d'un club riche, ce n'est pas le cas. Pour ça, il faut remercier l'infirmerie qui a plus souvent tranché les compositions tactiques que le staff technique. Douchez s'est pété quand Sirigu arrivait, idem pour Bisevac avec Lugano, Sissoko avec Chantôme ou Hoarau avec Erding. Le problème se posera quand tout le monde pètera la forme. Comment réagira Nenê quand David Beckham et Javier Pastore récolteront tous les honneurs de la presse ? Comment gérer Nicolas Douchez, Milan Bisevac ou Guillaume Hoarau sur le long terme ? Comment faire comprendre à Mathieu Bodmer et Clément Chantôme que le banc de touche est un endroit confortable et chauffé en hiver ? Comment faire tourner l'équipe sans froisser personne ? Même si AK admet prendre plaisir à gérer un groupe de caractériels, on sait que la moindre sortie de route sportive pourrait entrainer un bordel sans précédent. Surtout sur le banc de touche où le Kanak est en période d'essai permanente. Et comme la France est un merveilleux pays, tout le monde leur tombera dessus. Après tout, la plupart des suiveurs n'espèrent qu'une seule chose, que le PSG façon QSI se casse la gueule. Histoire de bien se marrer.

Non, parce que les poursuivants vont se réveiller

Si Paname fait un début de saison plutôt réussi, il doit surtout sa première place tranquille au faible rendement de ses poursuivants. Lyon et Lille sont dans le coup, mais n'ont pas encore sorti le gros braquet. Rennes et Montpellier sont parfois victimes de trous d'air, Bordeaux est en phase terminale et Marseille est au fond du seau. Ca fait beaucoup de monde à la traine et/ou encore trop juste. Il faut du temps. Du rythme. Que Paris sente le souffle des charognards dans sa nuque. Quand tout ce petit monde aura trouvé son rythme, la concurrence amènera un minimum de suspense. Du peps au championnat. Enfin, on l'espère, car les Français n'ont jamais aimé les hégémonies. Lyon peut en témoigner.


Mathieu Faure
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