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Paris FC, paré pour le grand décollage

Co-leader de National à égalité de points avec le très médiatique voisin du Red Star, le discret Paris FC possède assez d'avance désormais pour envisager sérieusement un avenir en L2. En attendant mieux ? L'objectif Ligue 1 en 2019 est déjà dans les têtes et s'appuie sur de solides arguments : une formation à la pointe, un vivier de joueurs exceptionnel et une solide assise financière.

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Il reste cinq journées à disputer dans ce championnat de National, et deux clubs franciliens occupent la tête du classement : le Paris FC et le Red Star, avec le même nombre de points. Bourg-Péronnas arrive juste derrière, pour former un trio de tête qui possède une solide avance sur Strasbourg (4e avec 7 points de retard sur la tête) et Luçon (5e, 8 points de retard). « Mathématiquement, ce n'est pas joué. Et tant que ça ne l'est pas, il faut savoir rester prudent. Même si, d'après moi, l'actuel podium est le bon pour la montée en L2, on ne peut pas encore crier victoire. Disons qu'il y a matière à se montrer raisonnablement confiant » pose Pierre Ferracci, le président du Paris FC, un club qui cultive la discrétion, mais enchaîne les bons résultats cette saison. Une victoire, ce vendredi soir sur la pelouse de Boulogne – ce qui serait la quatrième de suite – constituerait une étape de plus vers la montée. Une promotion importante et attendue depuis longtemps pour une formation qui avait pris ces dernières années un peu trop ses aises en troisième div', enchaînant les désillusions et les espoirs déçus.

+65 % de budget par rapport à la saison dernière


« Le plan de route annoncé l'été dernier, c'était la Ligue 2 en deux ans, puis la Ligue 1 en trois ans. On peut donc potentiellement se retrouver en avance d'un an sur nos objectifs » , poursuit Pierre Ferracci, président heureux, mais pas si surpris de la performance de ses ouailles. « On figurait parmi les favoris à la montée, ce qui est normal puisqu'on avait tout de même augmenté significativement notre budget, de l'ordre de +65 % (4,5 millions d'euros contre 2,8 la saison passée, ndlr). Mais attention, un budget ne garantit rien. La saison précédente, c'est Strasbourg qui avait le plus gros et ça ne l'avait pas empêché de terminer relégable (et finalement repêché, ndlr). C'est dur, le National… Alors on a mis les moyens pour disposer d'un effectif avec deux ans de perspective. »

Le recrutement était effectivement ambitieux et conséquent avec les arrivées de joueurs d'expérience : Poujol, Socrier, Gamiette, Cantini, Ogunbiyi, Ech-Chergui, Baldé, Kinkela… « On a pris notre temps pour recruter juste et bien, apprécie le directeur sportif Alexandre Monier. Ça nous a peut-être coûté une mise en route un peu longue (deux nuls à la maison pour commencer, ndlr), mais au moins on a pu disposer sur la durée d'un groupe à la hauteur de nos envies. » La maturité de l'équipe lui a notamment permis de se remettre d'un temps faible en mars (deux défaites de suite contre Fréjus et Amiens) pour se présenter comme un candidat évident à la montée, même si le Paris FC n'a jamais vraiment fait de bruit.

La formation, l'ADN du club


« Honnêtement, ça nous va très bien qu'on ne parle pas trop de nous, jure Alexandre Monier. On fait le travail sérieusement, consciencieusement, avec des bons résultats sportifs tout en avançant sereinement dans notre projet de monter en puissance. On a de bons équipements, un état d'esprit d'union sacrée, des partenaires qui nous permettent de voir sur le long terme (dont le dernier en date, Vinci, a été officialisé il y a quelques jours, ndlr)… Tout ça, c'est du concret. On n'est pas à courir les médias pour qu'on parle de nous, même si ça nous fait plaisir quand c'est le cas ! » Mais tout de même, n'y a-t-il pas une pointe d'agacement à voir le Red Star retrouver une belle notoriété ces temps-ci ? « Vraiment pas, assure également le président, qui parle du voisin francilien comme de « collègues » . On a adopté une communication assez soft, mais c'est volontaire, car elle correspond à notre projet, qui est un peu décalé.  » Et qui se résume en un mot : la formation. En plus d'une équipe première sur le point de monter en L2, le Paris FC possède une réserve en CFA2 et deux équipes U19 et U17 en championnat national. En Gambardella aussi, les jeunes du club réussissent de belles performances chaque saison et l'actuel troisième meilleur buteur de Ligue 2, le Sochalien Karl Toko Ekambi, est un pur produit de la maison.

« Arsène Wenger m'avait dit…  »


« Arsène Wenger m'avait dit il y a six ans : "Si tu veux bâtir le deuxième club parisien, tu dois t'appuyer sur les jeunes talents du bassin local, qui est le deuxième meilleur du monde après celui de São Paulo." Et c'est ce qu'on fait, parce que ça fonctionne et parce que c'est selon moi le modèle économique le plus cohérent » , pose Pierre Ferracci. « Comme on est pour l'instant un club amateur, on se fait dépouiller chaque année de nos meilleurs jeunes par les clubs pros, mais ça va changer. On a construit les choses dans l'ordre : former, se faire une notoriété dans ce domaine en Île-de-France et maintenant accompagner ce modèle pour l'adapter au monde pro  » , complète Alexandre Monier. Reste tout de même un problème de taille actuellement pour le Paris FC : son manque d'engouement populaire, avec un stade Charléty très loin de faire le plein. « On est bien conscients de ça, mais il ne faut pas le voir avec fatalité, estime le directeur sportif. Le dernier match à domicile, c'était contre le dernier, Épinal, et on avait 1 000 spectateurs. C'est peu, mais c'est une base qui doit nous permettre d'envisager une moyenne de 3 000 à 4 000 spectateurs la saison prochaine si on est promus. »

La L1 en 2019 pour le cinquantenaire


« Charléty, c'est du provisoire dont il va falloir s'accommoder, reconnaît Pierre Ferracci. On essaie de le rendre le plus chaleureux possible, mais ce n'est pas évident, car il est mal adapté. On ne va pas griller des étapes et voir trop grand tout de suite sur ce dossier du stade. Il faut voir calmement ce qui peut être fait, avec une prochaine échéance en tête : 2019. C'est l'année du cinquantenaire. Une montée en élite à cette date, ce serait bien, non ? » En attendant, il pourrait y avoir la saison prochaine une concentration inédite ces dernières années de clubs franciliens en Ligue 2, avec le Paris FC, le Red Star et Créteil. « C'est une très bonne chose, ça peut faire de beaux derbys » , commente le président, qui se projette déjà sur cette première saison de Ligue 2 qui se dessine à compter de cet été : « Si on valide la montée, on sait que ce sera difficile, mais on va se donner les moyens de viser un maintien confortable avant de viser plus haut encore. On n'est pas là pour dire qu'on va aller bientôt titiller les galactiques du PSG, mais pour prouver qu'il y a de la place à côté pour installer un club formateur en élite à Paris. C'est sur ce créneau qu'on va continuer à travailler. »

Par Régis Delanoë
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