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Paris est une fête

Laurent Blanc a hérité d’une belle bagnole, mais le Président possède surtout un groupe épanoui, notamment au sein des joueurs étrangers. Dans les rues de la capitale et dans les assiettes des plus grandes tables, les joueurs du PSG ont su tirer profit d’un club décidément à part.

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Une intégration réussie tient souvent à peu de choses. De la confiance d’un entraîneur à la capacité à s’exprimer dans la langue du pays, en passant par la franche camaraderie qui règne au sein d’un groupe d’hommes matures. Surtout lorsque l’on est étranger. Au PSG, c’est typiquement le cas où, grosso modo, 60% de l’effectif ne possèdent pas de passeport français. Pourtant, les étrangers semblent de plus en plus heureux au sein de la capitale. Surtout cette saison. C’est flagrant. Il suffit de se balader sur les différents comptes Instagram des joueurs pour comprendre le sens de la vie. Que ce soit Marco Verratti, Ezequiel Lavezzi, Gregory van der Wiel ou encore Thiago Silva, les types inondent la toile de photos. On peut y voir Pocho Lavezzi un verre à la main, la gueule barrée d’un sourire et Marco Verratti dans son dos, braguette ouverte, en mode joyeux. Ou encore des photos d’Eurodisney de Thiago Silva ou celles du Parc Astérix de Lucas Moura, bref, les mecs s’amusent comme des adolescents. Un joueur efficace est avant tout un joueur heureux. Épanoui. Van der Wiel en est l’exemple parfait. Arrivé l’an dernier, le Néerlandais a peiné à trouver ses marques dans le collectif. À son arrivée, personne ne parle anglais ou néerlandais, forcément, il est esseulé. Il s’ennuie. Rentre souvent chez lui, à Amsterdam. Sur le pré, Gregory est à la rue. Bidon. Nul.

Depuis août pourtant, c’est tout l’inverse. L’ancien latéral droit de l’Ajax Amsterdam est un autre joueur. Un autre homme. Et ça, il l’explique dans les colonnes de L’Équipe. « Je suis amoureux de Paris. J’ai grandi à Amsterdam, j’ai toujours eu besoin de sentir le pouls d’une grande ville. D’aller à des concerts ou de sortir dîner dans les restos. J’aime Paris, j’aime ce mélange des gens, cette variété de lieux, tout est si grand ici. Chaque fois que je sors, je ressens une bonne énergie autour de moi, s’exprime-t-il avant d’aller plus loin. Et même quand il fait froid, conduire sur des avenues illuminées ou observer les quais de Seine de nuit, c’est tellement beau. J’adore Saint-Germain-des-Prés, le Marais. Au début, je voulais rentrer à Amsterdam dès que j’avais un jour de libre. Maintenant, je préfère profiter de Paris. » Une forme d’hommage à l’environnement du club, véritable plus dans le projet qatari. VdW est un exemple parmi d’autres. Dans le vestiaire, tous les étrangers ont pris ce virage. Profiter de tous les plaisirs qu’offre ce nouveau club tout en devenant la nouvelle hype sportive européenne. The place to be, en somme.

Paname comme premier terrain de jeu

Outre les salaires très confortables et les ambitions sportives de l’actionnaire qatari, les étrangers du PSG ont surtout trouvé une enclave où il fait bon vivre. Tous habitués des grands clubs, il fallait recréer quelque chose de similaire à Paris. Petit à petit, QSI a compris qu’il fallait faire les choses en grand. Sportivement et extra-sportivement, surtout. Thiago Silva et Zlatan Ibrahimović ont connu l’AC Milan, un véritable grand club au sens noble du terme. Pour les séduire, dans un premier temps, puis les garder, dans un second, le Qatar a dû mettre autre chose que des millions. Ce quelque chose, c’est Paris. Et l’image qui se dégage de la Ville lumière. Un atout non négligeable pour un père de famille. Hasard ou pas, le titre en poche, l’ambiance s’est considérablement détendue. Les départs d’Ancelotti et de Leonardo n’ont jamais ébranlé le groupe. On s’amuse, on rigole, on a conscience de participer à quelque chose. Ibrahimović n’a jamais semblé aussi épanoui. Le Suédois est la tête de gondole parfaite. Il représente Paris. Partout dans le monde. Et un Ibra épanoui, ça vous porte un vestiaire. Il est question de petits gestes qui ne trompent pas. Comme un Silva qui taquine Blaise Matuidi d’un « Ta gueule  » en VF lors de la photo officielle, ou d’un Ibra qui fait un « prout  » avec sa langue face à la caméra de la chaîne du club, sans parler des conneries hebdomadaires de Pocho Lavezzi. Ce groupe d’enfants prend plaisir à bosser ensemble dans l’une des plus belles villes du monde. L'osmose est là.


En dehors du pré, les anciens du championnat italien (Verratti, Lavezzi, Sirigu, Pastore et même Camara) se retrouvent souvent autour des meilleures tables italiennes de Paris. Mieux, sportivement, ils ne sortent jamais des clous. Jamais. Pas une remarque déplacée, pas une bouderie, pas une sortie dans la presse. « Les mecs sont des professionnels, des gagnants. Ils arrivent les premiers et repartent les derniers à l’entraînement. Quand tu les vois s’entraîner au quotidien, où chaque petit jeu est un match, tu comprends pourquoi ils sont si forts. Au niveau de la mentalité, ils sont en avance sur les Français » , avançait Mathieu Bodmer, ancien de la maison, dans les colonnes de Nice-Matin. Hasard ou pas, seuls les Français n’ont pas tenus le rythme et la concurrence : Chantôme, Sakho, Gameiro, Bodmer et, récemment, Ménez, tous ont – directement ou indirectement – craqué. Bien entendu, il existe des contre-exemples (Matuidi, Camara, Douchez, Jallet). Parce que ces derniers se sont servi de l'aventure pour grandir et apprendre. Finalement, la plus belle victoire du PSG aura été de réussir à fédérer un groupe de joueurs talentueux autour d’une ville unique et d'un projet qui l'est tout autant. Le pari était risqué, car le monde de la nuit en a détruit plus d’un…

par Mathieu Faure
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