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Paris chanceux au tirage, mais d'où vient ce mythe ?

Tout le monde s'attend à ce que le Paris SG tire Galatasaray ou Malaga en quart de finale de Ligue des Champions. Pourquoi ? Parce que le club de la capitale doit vivre avec un postulat : dès qu'il s'agit de coupe, le PSG est chatteux au tirage. C'est presque vrai. Mais pas tout à fait.

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Porto, Dynamo Kiev, Dinamo Zagreb en poule. Valence en huitième de finale. Pour le moment, le parcours européen du Paris SG n'a rien d'extraordinaire. Les ouailles de Carlo Ancelotti n'ont encore rencontré aucun gros d'Europe. Pourtant, ils sont dans le Top 8. Déjà. A quelques heures du tirage au sort des quarts, le PSG a 2 chances sur 7 de tirer une équipe relativement abordable sur le papier : Galatasaray et Malaga. Si dans le même temps, le destin envoie le Real se frotter au Barça et le Bayern Munich à la Juventus, les Franciliens peuvent avoir le cul bordé de nouilles et rêver plus grand, le credo maison.
Ce cas de figure purement théorique est plausible tant le Paris SG jouit d'une réputation de paratonnerre à grosses équipes lorsqu'il s'agit de s'embarquer dans une coupe. En 1982 déjà, pour leur première apparition sur la scène européenne, les Gaulois avaient hérité du faiblard Lokomotiv Sofia avant de se farcir Swansea pour finalement être bouté hors d'Europe par Waterschei, en quart de finale de C3. Rien de fou, donc.
Dans l'histoire du club, les tirages favorables en Europe sont très nombreux : Glentoran (1983), Videoton (1984), Vitkovice (1986), Lahti (1989). Bizarre ou pas, ils n'ont jamais profité au Paris SG puisqu'ils se feront éliminer par Videoton et Vikovice, par exemple. Et salement.

Les 90's, le contre-exemple

Il faut attendre les années 90 et cinq demi-finales de suite en Europe pour que la théorie prenne du plomb dans l'aile. En cinq ans, le Paris SG va éliminer le Napoli, le Real Madrid par deux fois, le Barça, Liverpool, Galatasaray, Parme, le Celtic Glasgow, le Deportivo La Corogne, Anderlecht, l'AEK Athènes et s'amuser avec le Bayern Munich en poule de C1. Au final, seuls l'AC Milan, Arsenal, la Juventus et le Barça de Ronaldo réussissent à venir à bout des Parigots. Concrètement, c'est du lourd. Les Parisiens ne se cachent même plus. Ils prennent tout le monde et kiffent leur race.
Mais la théorie est vicieuse. Alors que le PSG se coltine des mastars en Europe, il réussit à enquiller les tirages en bois en Coupe de France pour ramener trois trophées en six ans (1993, 1995 et 1998). Ainsi, on prend un train Corail pour visiter Côte Chaude (qui prendra d'ailleurs un 10-0 avec un triplé de Xavier Gravelaine), Avion, Martigues, Angers, Châteauroux, Besançon, Fécamp, Clermont, Thouars ou Pau. Des cadeaux. Enfin presque tous. Oui, le Paris SG a cette petite part de chance au moment où Thierry Beccaro trempe sa main pour pécho la boule. Quand ça se corse en Europe, la France lui ouvre les bras. Et inversement. Théorie des vases communicants.

Gueugnon, l'exception qui confirme la règle

Sauf que le début des années 2000 va amorcer un tournant. Et l'électrochoc a lieu le 22 avril 2000. Les Parisiens se font esquinter en finale de Coupe de la Ligue par le Gueugnon de Sylvain Distin. Moche. Pourtant la chance avait été sympa au moment du tirage puisque le chemin vers la finale s'était montré plutôt fair-play : Créteil, Châteauroux, Nancy et Bastia. La chance peut être vicieuse. Surtout quand on ne la respecte pas.
Depuis, les Parisiens n'arrivent plus à profiter du tirage. Ainsi, en 2001, ils se coltinent Brescia en finale de Coupe Intertoto avant d'échouer, deux tours plus loin, face au mur des Glasgow Rangers. L'année d'après, on se dit que la roue tourne puisque le plateau européen des hommes de Luis Fernandez est ridicule : Ujpest, National Bucarest et Boavista. Boum, les Parisiens disparaissent dès les 16e de finale. On est proche du fiasco de Haïfa de 1998. Tout est déréglé. On se dit qu'ils peuvent perdre contre n'importe qui...
Depuis, les campagnes européennes ont été homogènes et solides (Chelsea et Porto en 2004 pour le retour en Ligue des Champions, Benfica Lisbonne par deux fois, Kiev, Manchester City, Wolfsburg, Schalke, Dortmund et Bilbao en Ligue Europa). Du lourd quoi. Et comme à chaque fois que le plateau européen se resserre, la France s'offre à eux : Nîmes, Gueugnon, Vermelles, Lyon Duchère, Langueux, Brive, Laval, Luçon, Yzeure. Le menu de la Coupe de France prend une tournure de Guide du routard. Et comme souvent, les Parisiens enchaînent des bons parcours en Coupe quand la chance est de leur côté (1). On appelle ça être une équipe de coupe. Et si le Paris SG brille plus par sa capacité à se surpasser sur un parcours à élimination directe qu'en championnat, il y a bien une raison. La chance au tirage en fait partie. Mais comme on dit souvent, la chance, ça se provoque.

1. Leur parcours sur les cinq dernières éditions
CDF 2008 : Epinal, Poiré-sur-Vie, Bastia, Carquefou, Amiens en demi-finale.
CDF 2009 : Montluçon, GF Ajaccio et Rodez en quart de finale.
CDF 2010 : Aubervilliers, Evian-Thonon, Vesoul et Quevilly en demi-finale
CDF 2011 : Agen, Martigues, Le Mans, Angers en demi-finale.
CDF 2012 : Locminé, Sablé.


Par Mathieu Faure
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