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Paris, ça tourne

Contre Toulouse, le PSG va débuter une série de trois matchs en une semaine (Dynamo Kiev mardi, déplacement à Bastia samedi). Dès lors, Carlo Ancelotti va commencer à mettre en place un certain turnover. Première cordée ce soir, contre Toulouse, avec un effectif amputé de Lavezzi, Thiago Silva, Sissoko et Lugano, avec pourtant le même objectif : gagner.

« Notre but sera de réaliser la même performance que face à Lille, avec qualité et vitesse. Nous devons confirmer face à une bonne équipe de Toulouse, organisée et physique. La composition ? Ce sera peut-être celle qui a joué à Lille, peut-être… Sakho ? À ce moment de la saison, il n’y a pas de problème de récupération. Il est en pleine forme et peut jouer sans problème. Les internationaux, en général, sont revenus sans problème » , arguait Carlo Ancelotti, en conférence de presse, hier. C'est la nouvelle routine parisienne : le calendrier et l'accumulation des matchs. Avec l'arrivée de la Ligue des champions (première sauterie mardi au Parc contre Kiev), les Franciliens vont entrer dans le dur avec deux matchs par semaine et l'obligation de tous les jouer à fond.

Pour Toulouse, pas forcément un cadeau en ce moment, Ancelotti a préféré ne pas prendre de risques avec l'Arlésienne Thiago Silva - qui a passé sa semaine à faire du beach volley avec le préparateur physique -, Van der Wiel et les Sud-Américains Lavezzi et Lugano, de retour d'un trip usant avec leur sélection. Momo Sissoko, lui, est toujours en phase de reprise. Dès lors, c'est un groupe similaire à celui qui est revenu du 59 avec le scalp du LOSC qui a été retenu par l'Italien pour recevoir les ouailles d'Alain Casanova. Sauf que depuis la probante victoire lilloise, les crachats se sont éloignés du Camp des Loges. Pis, on a estimé que la saison parisienne avait vraiment démarré dans le Nord, dans le sillage du doublé de Zlatan Ibrahimović. Il faut donc éloigner les vautours et commencer à engranger les points en championnat.

Pastore sur le banc ?

En attendant que le casse-tête de la concurrence commence vraiment (Van der Wiel a lâché en conférence de presse être venu à Paris « pour jouer » ), le Mister devra faire avec ses hommes de base. À savoir la charnière Sakho-Alex, plutôt en forme depuis le raté de Lorient, Zlatan devant, Ménez-Nene sur les côtés et le trio Motta-Verratti-Matuidi dans l'entrejeu. Vous l'aurez compris, Javier Pastore pourrait être amené à commencer le match sur le banc des remplaçants. Logique compte tenu de la pauvreté de son match de Lille (une passe déc' puis le néant) et l'impression d'ensemble dégagée depuis le match d'Ajaccio. Une logique qui pourrait même devenir une habitude si l'Argentin ne se reprend pas très vite dans l'implication collective, notamment sur le repli défensif. On appelle ça un coup de pied au cul. Salutaire, on l'espère. Reste le cas épineux de Maxwell. Le Brésilien, très bon à Lille, affiche 31 printemps. Et ça se ressent quand il s'agit d'enchaîner les matchs.

Il semblerait que Sylvain Armand, qui vient de clamer haut et fort son désir d'être champion avec le PSG, tienne la corde pour commencer le match de ce soir, et que Maxwell, plus expérimenté, soit de sortie mardi en Ligue des champions. Bref, il va falloir s'y habituer. Le PSG, s'il veut tenir la route physiquement, va devoir faire appel à la profondeur de son banc. Un avantage quand on a la chance d'être un club ayant claqué plus de 100 millions d'euros dans le marché des transferts. Une concurrence qui n'effraie d'ailleurs pas Leonardo. « On cherche un effectif important, on a 28 joueurs parce qu'on pense qu'on doit gérer toutes les compétitions et, pour ça, on est obligés d'avoir de la concurrence, pour avoir le niveau de performance le plus haut possible pendant dix mois, ajoutant même que ce n'est pas possible pour un joueur de faire 10 mois de haut niveau. Avoir 11 joueurs sur le banc, c'est important, et ça dépend des fédérations nationales. »


Trouver la dynamique collective

Une concurrence qui n'est pas la norme en France. Un concept qui irrite pas mal d'observateurs du championnat, ainsi qu'un certain nombre de joueurs. D'ailleurs, les cas de Guillaume Hoarau et de Kevin Gameiro servent d'exemple chaque semaine pour illustrer ce malaise. En France, on ne comprend pas encore qu'une équipe puisse se dessiner à partir d'un groupe et non plus de onze titulaires inamovibles. Certes, au PSG, certains sont plus inamovibles que d'autres (a priori Zlatan et Thiago Silva devraient avoir un abonnement intégral), mais la logique de dynamique collective est souvent mise en avant par Carlo Ancelotti. Les habitudes, c'est comme les paillassons, il faut savoir en changer. Histoire de passer de la théorie à la pratique, les Parisiens vont devoir se coltiner la réception d'un Téfécé en forme, à l'image de son international buteur Étienne Capoue, et ne pas se prendre un mur dès le premier soir.

Par Mathieu Faure
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