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«Le football est une fantaisie, une sorte de dessin animé pour adultes» Osvaldo Soriano

Paris 17ème, place des Ternes

10 décembre 2007
« C’est moins grave que si c’était pire ». Du Bérurier de lundi matin. Paris n’est plus reléguable. Un peu de grisaille dans le noir, grâce à une rapine à Auxerre (1-0). Un peu comme le 2-1 salvateur à Lens, la saison passée. Sinon, Paulo a de l’humour : il a fait entrer Gallardo.

Bloguer sur le PSG, c’est comme trier aujourd’hui des caisses de documents comptables de Cassegrain, du temps de son projet de fusion avec Saupiquet, en 1969. Un exercice long, fastidieux, avec beaucoup de papiers jaunis et des signatures à l’encre bleue, à moitié baveuses. Parce que problème : que dire du jeu parigot pratiqué et comment noter les joueurs parisiens après le AJA - PSG d’hier soir ? On peut faire comme L’Equipe et le Parisien et filer la moyenne à tout le monde. Mais c’est pas honnête. Un but alligator de Péguy Luyindula dans le bayou de l’Yonne et c’est à peu près tout. Le reste : des dégagements de Landreau et des renvois dans les 22 adverses signés Yepes et Armand. Et puis aussi un Rothen volontaire, scout toujours en manches courtes, qui écope la flotte à cause que les autres ils ont planté la tente trop près de la rivière (l’Yonne, le bayou, la pluie, la relégation, tout ça).

Le seul vrai évènement de la soirée, c’était l’entrée en jeu de Marcelo Gallardo (prononcez « Gajardo »), à la 81ème. Image frappante du petit Marcel avant d’entrer, le regard décidé et qui fait semblant d’écouter les consignes de Paulo…On sait que le Pibe del Orduro a son caractère : en match, une de ses spécialités, c’est d’aller voir son adversaire direct, de le regarder droit dans les yeux et de lui dire : « Elle est avec qui ta putain de femme pendant que tu fais le con sur le terrain ? »

Gallardo, c’est çui à qui Paul le Guen a dit « Tu joues pas pasque je te trouve pas bon », et que Marcel a répondu : « Moi, je me trouve bon ». En fait, de lourds soupçons sur son aptitude à jouer des matches entiers ont inspiré la défiance de Paulo envers lui. Résultat, l’Argentin a joué des queues de cerises cette saison, placé en centre de rétention avec charter au bout, direction le club le plus offrant, histoire de dégraisser la masse salariale. Quelques propositions intéressantes des Arabies (saoudite, qatarie, le Golfe, l’OPEP, tout ça) que Marcel a déclinées, bien décidé à honorer son contrat jusqu’au bout (2009). Bref, le bras de fer : « J’y suis, j’y reste et je vous emmerde ! » Situation bloquée jusqu’à ce que le PSG se fasse avaler par la spirale, que les actionnaires toussent et que les supporters crèvent les pneus de Rothen.

Cayzac a rencontré les supporters mécontents, cette semaine au Camp des Loges. Parmi leurs revendications : faire jouer Gallardo, qui conserve encore une petite cote d’amour parmi le peuple de la Tour Eiffel. « Je transmettrai à l’entraîneur », a dit Cayzac. Lien de cause à effet, dimanche soir ? Marcel est entré. En 14 minutes, il a placé un tir dangereux, s’est fendu d’une ouverture, et a chopé un carton jaune utile pour retard volontaire à l’allumage d’un coup franc (94ème !). Surtout, il a su conserver le ballon au milieu, un truc oublié depuis longtemps à Paris…

OK, Gallardo n’est pas le sauveur du PSG et peut-être qu’en effet, il ne peut pas jouer des matches en entier. Mais comment Paulo a-t-il pu se passer d’un type pareil, capable d’organiser le jeu un minimum ?

Pourquoi se priver d’un “n°10” prêt à prendre ses responsabilités alors que toute l’équipe cherche à se débarrasser du ballon le plus vite possible par peur de mal faire ? De même, comment trop se passer de Pauleta alors que Diané n’est pas à la hauteur ou bien de Yepes, quand même bien meilleur que Bourillon. Et Mendy, écarté, alors qu’il avait été plutôt pas mal en début de saison ? Une certitude : même avec Gallardo, les résultats n’auraient pas été pires, vu qu’ils sont tout simplement catastrophiques.

Elle est en partie là, la responsabilité de Le Guen : une gestion de l’effectif trop butée, avec un plan C (le retour des “anciens”) subi dès lors que Paris était relégué. Le plan A, c’était ses recrues (bof !), le plan B, c’était la jeunerie (trop tôt !) et donc, le plan C, maintenant, imposé par les circonstances…On ne peut pas reprocher à Le Guen d’avoir voulu « préparer l’avenir » en faisant confiance aux jeunes, reste qu’au vu du coaching général de l’effectif, il n’a pas fait ce qu’il fallait pour juste « assurer au présent ».

On croit savoir que ça va s’animer soit au mercato (Gouffran, Tiago serait approché), soit à l’intersaison où les actionnaires feraient un effort vraiment conséquent. En attendant, va falloir “faire avec”. Faire avec tout le monde : les recrues, les jeunes et les anciens.

Rendez-vous samedi prochain contre le TFC au Parc (Paris 16ème ?)

Chérif Ghemmour

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