1. // Campagne électorale FC Barcelone

Par la grande Laporta

Le 13 juin, les socios du Barça vont élire leur prochain président, car les statuts du club empêchent le président actuel, Joan Laporta, de briguer un troisième mandat. Son dernier message est clair : « J'ai signé Villa et bientôt Fabregas » . Le prochain président héritera donc d'un joli cadeau avec les finances du club. On reconnait bien là le côté démocrate de Laporta.

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C'est un bon clown-comptable mais mieux vaut garder le sourire dans un championnat où le mot “DNCG” n'existe pas. Après tout, il est actuellement le président blaugrana avec le plus beau palmarès : 12 titres (2 Ligues des Champions, 4 Ligas, 1 Coupe du Roi, 3 Supercoupes d'Espagne et un Mondial des Clubs). De même, le Barca est respecté par tous (oublions les Madridistes ou les Interistes). Laporta est critiqué pour ses idées indépendantistes et pour n'avoir mis aucune frontière entre ses idées pour une “Catalogne libre” et le club qu'il préside. Le slogan “mes que un club” (plus qu'un club) en est l'écho. N'oublions pas non plus le contrat signé avec la fille du dictateur de l'Ouzbekistan pour que le Barça joue des matchs dans ce pays oú existent la torture et l'esclavagisme. Une belle prouesse d'avoir amené une équipe avec un maillot floqué UNICEF dans un tel pays.

Les premières estimations de votes annoncent Sandro Rosell comme futur président avec 54,8% des suffrages (devant Marc Ingla 12,4%, Jaume Ferrer 9,9%, Santi Salva 1,6%...) -selon le cabinet GESOP, sondage rendu public le 16 mai, au soir du dernier titre de champion d'Espagne. Près de 100.000 socios pourront voter ce 13 juin 2010 (soit plus que pour l'élection municipale d'une ville comme Auxerre). Pendant ce temps, nous serons assis devant notre écran de télévision pour mater Algérie-Slovénie ou Serbie-Ghana.

On se souviendra qu'en 2003, Laporta, alors en pleine campagne, associé à Rosell (son compagnon de campagne, et son vice-président de 2003 à 2005) annonçaient aux socios la venue de Beckham au Barça. Actuellement, c'est Laporta, encore président jusqu'au 30 juin, qui s'amuse à signer Villa et bientôt Cesc Fabregas. La campagne électorale s'apparente désormais à un combat entre les ex-meilleurs amis du monde : Laporta vs Rosell. C'est ainsi que Rosell parle déjà des coûts réels du transfert de Villa, et annonce la somme de 50 millions (et non 40 millions comme annoncé), car on semble oublier les éventuelles primes et les commissions des agents.

Jeudi 20 mai, Sandro affirmait la chose suivante : « Si on met 50 millions pour Villa et 50 autres pour Cesc, faut faire attention. Le Barça, selon les données officielles, a une dette de 489 millions d'euros, et si on y ajoute les sommes qu'il reste encore à payer pour les transferts de Dmitro Chygrinskiy et de Zlatan Ibrahimovic, et celles maintenant de Villa et de Cesc, faut ajouter 200 millions de plus » . Éclaircir les comptes du club est le thème principal de la campagne de Rosell.

Sur le CV de Rosell, on peut y ajouter un poste au marketing international pour le Comité d'Organisation des JO de Barcelone de 1992, quelques années chez Nike Espagne et Nike Brésil (le sponsoring Nike au Barça en 98, c'est lui, et celui pour la sélection brésilienne championne du Monde en 2002, c'est lui encore). Sandro Rosell dirige actuellement sa propre entreprise de marketing et de consulting appelée Bonus Sports Marketing (BSM). Le principal client de BSM est le gouvernement du Qatar pour qui la firme de Rosell a développé le programme "Football Dreams" afin de lutter contre l'obésité des jeunes Qataris en les incitant à faire du sport. Mais Sandro Rosell, c'est surtout le type qui a fait venir Ronaldinho (après l'échec du transfert de Beckham, parti finalement au Real). Alors vice-président de Laporta, il aura été bien utile pour appeler son ami Ronnie (rencontré alors qu'il travaillait chez Nike Brésil) pour le signer. L'arrivée de Samuel Eto'o à l'été 2004 et la décision de Laporta de garder Rijkaard comme entraineur en 2005 auront été les premiers éléments du futur divorce entre Laporta et Rosell.
C'est aussi lui qui affirma que le cycle d'un joueur de foot dans une même équipe, c'est trois ans. Par conséquent, Ronaldhino aurait dû être vendu avant, et le Barça en aurait tiré certainement plus que les 25 millions de son transfert vers le Milan AC (à l'automne 2007, Chelsea propose 70 M€ au FC Barcelone pour enrôler Ronnie). C'est encore lui qui critiquait la venue de Thierry Henry au Barça en ces termes : « On a payé trop cher pour un joueur de 30 ans, et le signer pour quatre ans à cet âge-là n'est pas une bonne idée. Le temps le dira. Je l'aurais signé mais pour moins de 24 millions, avec un contrat de deux ans et après qu'il eut passé un visite médicale exhaustive étant donné les problèmes physiques qu'il a rencontrés cette saison » .

Des paroles de prophète...


Sandro Rosell refuse l'utilisation du Barça comme plateforme politique. Son slogan électoral “Todos somos el Barca” (“Nous sommes tous le Barça”) permet de rester fidèle aux valeurs footbalistiques actuelles du Barça, mais il renie directement tout lien avec des valeurs politiques. Boom !!! Prends-ça Laporta ! Joan Cruyff n'est pas épargné non plus. Forcément, fin mai 2010, Cruyff est nommé président d'honneur du FC Barcelone par... Laporta. Un titre qui n'existe pas dans les statuts du club. Rosell propose donc aux socios de décider si l'icône des Blaugranas doit être président d'honneur du club ou pas. L'autre tête à couper au sein du club par Rosell est l'actuel directeur technique, Txiki Begiristain (alors que les autres candidats annoncent son maintien). Pep Guardiola deviendrait alors un entraineur/directeur technique à l'anglaise, chose que le principal intéressé exige pour une continuité au sein du club. Mais Guardiola aurait-il le nez aussi fin qu'un Wenger ou qu'un Ferguson ? Rappelons que Chygrinskiy est le choix de Guardiola de l'an passé. 25 millions d'euros pour ce transfert, de quoi émettre légitimement quelques doutes...

La Masia est le coffre-fort du club et figure ainsi l'un des thèmes principaux de la campagne actuelle. Laporta l'a d'ailleurs parfaitement mise en valeur lors de son mandat. Rosell pense étendre ce modèle de centre de formation aux autres sports que le foot (car le Barça, c'est le foot mais aussi le basket, le handball, le hockey sur gazon). Chaque candidat en fait donc le point névralgique de son programme électoral. Marc Ingla, ex-vice président lui aussi (comme Rosell et Jaume Ferrer, autre candidat et actuel vice-président) et autre prétendant à la présidence, propose de passer d'ici cinq ans à une équipe du Barça composée à 70% de joueurs issus de son centre de formation. Préparez-vous donc au pillage des meilleurs éléments des clubs brésiliens, argentins ou africains, ou proposez dès maintenant les services de votre enfant...

Le socio numéro 12.556, Sandro Rosell, 46 ans, sera très certainement le futur président du Barça. Il est beaucoup plus médiatique et ses connections avec le monde du football international sont bien plus implantées que celles de ses concurrents. Quand on sait que, grâce à Laporta (et Cruyff), Guardiola a été nommé entraineur, quand on se souvient qu'Eto'o n'était pas souhaité par Rosell, trouver des arguments contre Sandro Rosell est très aisé : il suffit de regarder le palmarès du Barça sous l'ère Laporta. Et à Pep Guardiola de conclure : « Merci Laporta pour ces sept années » . On laissera désormais le Kennedy Catalan à sa campagne électorale pour une Catalogne libre et indépendante, prêt à « combattre les peuples opprimés » .

Par Sébastien Prieto Riquelme, à Barcelone

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Comme c'est si bien rappelé dans cet article : Todos somos el Barca !
Très bon article, merci !

Ils commencent à nous les briser ces branleurs de barcelonnais avec leur "plus beau football du monde", leur "on est clean, fair play et gentil" et leur Catalogne à la noix...
Didier, tu serais pas un peu Jaloux ?
Faut arrêter un peu!!! C'est pas beaucoup mieux chez les autres.Regardez en Angleterre!! Si on veut parler argent ,c'est le moment.
Aprés pour les luttes de pouvoir c'est la même!
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