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Pancaro : « Qui n’est pas en bons termes avec Ancelotti ? »

Aujourd’hui reconverti entraîneur, Giuseppe Pancaro était un excellent porteur d’eau de la Lazio d’Eriksson et du Milan d’Ancelotti. Un bon vieux joueur à l’ancienne qui revient sur sa jolie carrière.

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Vous avez beaucoup gagné, dix trophées en huit années entre la Lazio et le Milan, si vous deviez en retenir un ?
Arf, c’est très compliqué, mais je dirais le Scudetto remporté avec la Lazio, parce que c’était le premier et le couronnement d’un de mes rêves de gamin. J’aurais pu citer aussi celui gagné avec le Milan en 2004, mais le premier offre toujours des émotions plus intenses.

Vous avez gagné énormément, mais vous avez aussi beaucoup perdu...
Je suis très content de ce que j’ai fait et je ne rumine pas, de toute façon, je pense que c’est naturel car, pour gagner beaucoup, il faut forcément perdre énormément. Disons que l’unique regret que je pourrais avoir est la finale de Ligue des champions 2005, le fameux Milan-Liverpool. En fait, c’est le seul trophée de club qui manque à mon palmarès.

Vous étiez en tribunes ce soir-là, comment l’aviez-vous vécu ?
Une énorme déception après le score de 3-0 à la mi-temps, on jouait en plus nettement mieux que notre adversaire et je pensais que c’était dans la poche. Mais quand Liverpool est revenu au score, honnêtement, je me suis dit qu’on ne gagnerait plus ce match, la peur nous avait envahis, ça se ressentait.


Vous avez toujours eu un rôle de porteur d’eau au sein d’équipes fantasmagoriques, comment faut-il l’interpréter ?
Oui, je reconnais ce rôle que j’avais, mais que l’on soit un gregario ou un grand champion, j’estime que l’approche du métier, d’un match doit être absolument identique. Il n’y a pas de différence.

C’est Eriksson qui vous a voulu à la Lazio en 1997.
Et c’était vraiment un précurseur, il avait vingt ans d’avance dans sa façon d’appréhender le foot, de vouloir dominer la rencontre, mais aussi les instruments qu’il utilisait, les exercices. C’était un bon mix, une personne intelligente, équilibrée qui savait gérer le vestiaire et très au point tactiquement. Un coach à 360 degrés, un des meilleurs qui soient passés en Italie.

« J’aurais aimé participer au moins à une grande compétition, mais j’ai loupé le Mondial 2002 et l’Euro 2004 sur blessures, tandis que Zoff a préféré d’autres gars en 2000. »

Et vos deux années au Milan avec Ancelotti ?
J’avais un super rapport avec lui, mais, sincèrement, qui n’est pas en bons termes avec lui ? C’est impossible de ne pas être sur la même longueur d’onde que Carlo. C’est une personne naturelle, sincère, bien élevée, qui vous met à l’aise et vous fait confiance.

Qui gagnerait dans un match virtuel entre la Lazio d’Eriksson et le Milan d’Ancelotti ?
Oula ! Sincèrement je ne sais pas, et je ne veux même pas choisir, car j’ai été très bien à la Lazio et au Milan, ça aurait été assurément un beau match entre deux grandes équipes.

D’aucuns disent que la Lazio d’Eriksson était la meilleure équipe du monde en son temps ?
Ce n’est pas impossible, il y avait vraiment des grands joueurs à tous les postes.

Peut-être trop ?
Non, je ne pense pas que c’était un problème, il y avait le bon effectif, on n’était pas non plus 35. Tous les postes étaient doublés, avec des gars excellents qui devaient se contenter de peu de temps de jeu, mais ça c’est normal quand vos objectifs sont très élevés.


Et le niveau durant les entraînements dans ces deux équipes, les oppositions en semaine étaient plus relevés que les matchs du dimanche ?
Ce n’est pas faux. Cela servait à hausser le niveau de tout le monde. Quotidiennement, et dans n’importe quel exercice, vous vous confrontiez à de grands champions. Il fallait avoir une attention maximale, car sinon, vous risquiez de faire pâle figure.

Vous comptez également 19 apparitions avec l’équipe d’Italie, la plupart en entrant en jeu, seriez-vous titulaire en sélection aujourd’hui ?
Je ne crois pas en ce genre de discours, on ne peut pas faire ce type de comparaisons, chaque joueur doit être jugé par rapport à ce qu’il a réalisé à son époque. Disons que j’aurais aimé participer au moins à une grande compétition, mais j’ai loupé le Mondial 2002 et l’Euro 2004 sur blessures, tandis que Zoff a préféré d’autres gars en 2000.

Quand on pense à vous, on a du mal à vous dissocier de votre pendant sur l’autre flanc de la défense.

Giuseppe Favalli ! C’est vrai qu’on nous confondait souvent. Un joueur qui a fait l’histoire de la Lazio (le plus capé de l’histoire du club, ndlr), mais aussi dans les autres équipes où il est passé. Un « gregario-fuoriclasse » .

« Vincenzo est un coach affirmé depuis des années, tandis que Simone en est à sa première expérience à la tête d'une équipe une et il est en train de montrer ses qualités. »

En parlant d’arrières latéraux, est-ce un poste qui a énormément évolué depuis votre époque ?
Je ne crois pas. Avant que je joue, oui, car ce qu’on appelle « l’arrière latéral fluidifiant » était rare, ou alors il y en avait un, tandis que l’autre se concentrait sur le marquage individuel. Ensuite, dans les années 90, les latéraux ont appris à maîtriser les phases défensive et offensive en même temps. Après, il y a « l’arrière playmaker » , comme le voulait Guardiola avec Dani Alves, mais disons que c’est une requête précise d’un coach, il s’agit d’un cas à part.

La Lazio et le Milan sont aujourd’hui coachés par Inzaghi et Montella que tu as fréquentés en club et en sélection, vous attendiez-vous à un tel succès ?
C’est toujours difficile de déceler ce genre de choses, ce qui est certain, c’est qu’ils font du très bon boulot. Vincenzo est un coach affirmé depuis des années, tandis que Simone en est à sa première expérience à la tête d'une équipe une et il est en train de montrer ses qualités. Puis je suis content pour mes deux potes, deux gars bien et intelligents.


Vous vous êtes également reconverti entraîneur, où en êtes-vous ?
Travaux en cours ! J’ai commencé en étant adjoint et ensuite entraîneur principal à la Juve Stabia et Catania. Je prends autant de plaisir à entraîner qu’à jouer. Je n’ai pas trouvé d’équipe, donc j’en profite pour étudier et me mettre à jour, et j’espère reprendre mon taf le plus vite possible.

Pourquoi « Pippo Pancaro  » , alors que votre prénom est Giuseppe et non Filippo ?
(Rires) C’est une longue histoire, c’est né à Cagliari où Lulu Oliveira m’appelait comme ça. Puis, quand je suis arrivé à la Lazio, il y avait Beppe Favalli, Beppe Signori, et le premier jour, Eriksson a dit : « Il y a trop de Beppe ici ! » , je lui ai répondu qu’il pouvait m’appeler Pippo s’il le voulait et c’est resté.

Et le chant des ultras du Milan ? « Eran quasi le tre, era in giro con me ! Pippo Pancaro alé... » (Il était presque 3 heures du mat, il rôdait avec moi, Pippo Pancaro allez... ndlr)
J’ai toujours été quelqu’un qui a respecté les règles, mais j’étais aussi jeune, donc je n’hésitais à m’amuser, à « vivre » . C’était super ce chant, vraiment sympathique. Je ne suis resté que deux ans au Milan, mais les tifosi m’ont vraiment fait sentir important, je m’y suis senti apprécié.

Propos recueillis par Valentin Pauluzzi
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