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Palerme part chasser l'aigle

Exit Delio Rossi, Palerme est désormais entre les mains de Serse Cosmi. Premier test, et non des moindres, pour tourner la page du 0-7 face à l'Udinese, un bon déplacement chez la Lazio Rome.

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Prendre sept buts à la maison, face à un concurrent direct, ça fait mal. Plus que mal même. Tellement mal, que le président du club, Maurizio Zamparini, a pensé à démissionner. Finalement, après avoir retrouvé ses esprits, il a viré Delio Rossi, le coach. Trouver un bouc émissaire, c'est toujours plus simple. « Je lui avais pourtant dit de régler le problème de la défense » scandait le patron après la déroute. Comme si tout ne tenait qu'à ça. Comme si Delio Rossi, vingt années à écumer les bancs de toute la Péninsule, ne savait pas inculquer à ses joueurs certaines valeurs. Non. « Il a détruit mon Palermo » dixit Zamparini. « Il a cassé mon joujou » , aurait-il dit s'il avait laissé parler son cœur de môme. Peu importe. Sa solution, c'est d'avoir dit à celui qui avait pété son jouet de dégager. Comme un malpropre. En oubliant presque que Rossi, arrivé à Palerme en novembre 2009, avait pris le club à bout de bras et l'avait qualifié pour l'Europa League, en effleurant, à deux points près, le rêve Ligue des Champions. « Il a détruit mon Palermo » . Oui. Mais c'est aussi lui qui l'avait construit.

Delio Rossi déjà oublié, Zamparini lui a trouvé un remplaçant. Serse Cosmi. L'homme qui porte à merveille le costard et la casquette, association improbable, et s'exprime d'une voix cassée à la Macha Méril. Mythique entraîneur de Perugia au début des années 2000, il aura la dure tâche de remobiliser une équipe qui a le moral encore plus bas que dans les chaussettes. Trois défaites consécutives, douze buts encaissés lors de ces trois matches et une huitième place bien loin des ambitions de début d'année. De plus, le calendrier n'est pas clément. A commencer par ce soir. Les Siciliens rendent visite à la Lazio Rome, pas forcément dans une forme olympique, mais redoutable sur ses terres.

Depuis le début de la saison, les joueurs d'Edy Reja ont pris trente points sur quarante-deux à domicile. Personne n'a fait mieux en Serie A. Seule la Roma (qui était aussi à domicile, du coup) et Lecce ont réussi à repartir du stadio Olimpico avec les trois points en poche. Un obstacle de plus pour Cosmi, à peine intronisé, et qui a dû préparer cette rencontre dans une atmosphère bien pesante, en stage punitif. « Il y aura évidemment des difficultés à affronter, mais j'essaie de voir les qualités de l'équipe. Le 7-0 est un résultat très difficile à métaboliser, je pense qu'il faudra surtout faire un gros travail psychologique » , a-t-il annoncé lors de son arrivée, avant de se renfermer dans un silence synonyme de labeur intense. Il faut dire qu'à l'époque de Perugia, Cosmi a eu l'occasion de faire ses armes. Avec un président complètement taré comme Luciano Gaucci, qui avait comme brillante idée (entre autres) de vouloir faire jouer un ours dans son équipe, pas question pour lui de jouer les victimes. A Palerme, il compte appliquer les mêmes recettes. Pour ce, les clefs de l'équipe seront confiées dès ce soir à Fabio Liverani, son ancien poulain à Perugia, et qui n'a joué que 212 minutes en championnat cette saison. « Moins de jeunesse, et plus d'expérience » . Tel est le credo du nouvel entraîneur. Et tant pis pour les tifosi qui adorent voir leurs kids, Ilicic, Hernandez et Pastore, régaler l'assemblée. Cosmi veut du concret. Des résultats. Pas un cirque.

Ce soir, sous les projecteurs du stadio Olimpico, Palerme retrouvera donc la Lazio. Cette Lazio qui détient actuellement le sésame tant convoité par Zamparini : la quatrième place. « Je peux vous promettre que Palerme terminera devant la Lazio à la fin de l'année » , avait déclaré le président juste après la défaite du match aller (1-0). Les Romains n'ont pas oublié. Ils comptent aujourd'hui huit points d'avance sur les Rosaneri, mais restent néanmoins sur une défaite toute pourrie à Cagliari (0-1), avec un but contre son camp gag de Dias. Le défenseur brésilien ne risque d'ailleurs pas de se louper à nouveau, puisqu'il s'est blessé à l'entraînement vendredi. Mais Reja, général des armées biancoceleste, ne s'inquiète pas pour autant. Son équipe voyage à un rythme de 1,77 point par match, ce qui, sur l'ensemble de la saison, emmènerait largement en Ligue des Champions. Mais pas question de s'appuyer uniquement sur les statistiques. Reja, comme son homologue palermitain, veut du concret. Une réponse sur le terrain. Le coach va ainsi miser sur une équipe pointée vers l'offensive. Hernanes, Sculli, Zarate et Floccari ensemble, pour tenter un quatuor inédit, et surtout, pour mettre fin à la passivité des attaquants romains (quatre buts marqués lors des cinq derniers matches, dont trois par des milieux de terrain). Reja sait aussi que battre Palerme signifierait deux choses. D'une part, éliminer définitivement un concurrent direct à la Ligue des Champions. D'une autre, arriver au derby avec une marge de cinq points d'avance sur l'ennemi juré. L'enjeu et la pression sont donc à leur paroxysme des deux côtés. Reste à savoir qui les gèrera le mieux.

Eric Maggiori

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