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Paix à ton âme, Antoine Kombouaré

Antoine Kombouaré est mort. On le savait condamné depuis quelques temps, mais son courage et son titre de champion d'automne n'auront pas suffi si l'on en croit la dépêche AFP qui vient de tomber. Il a quitté le PSG par la petite porte. Crucifié sur l'autel de l'argent et du clinquant.

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On s'y attendait, et pourtant, au lendemain d'un titre honorifique de champion d'automne décroché par un PSG qui compte déjà 40 points, Antoine Kombouaré se serait éteint, à en croire les mots de l'AFP. Il ne serait donc plus l'entraîneur du Paris Saint-Germain, un club qu'il avait embrassé à de nombreuses reprises. Une première fois en tant que joueur, avec des moments idylliques comme ce soir de printemps 1993 où Antoine butta les Ibères du Real hors de Gaulle d'un coup de tête somptueux. Casque d'or qu'on l'appelait. C'était la belle époque. Celle d'une carrière commencée sous le sceau nantais avant de prendre le chemin de Toulon. Il est ensuite revenu à Paris en 1999, par la petite porte, pour s'occuper des jeunes. Histoire de se familiariser avec le métier d'entraîneur, son autre passion avec le golf. Ah, son swing... Pendant quatre belles années, il va façonner la réserve francilienne. Dans les couloirs du club, on prend conscience des prédispositions du Néo-Calédonien à ce métier. Il a en lui cette passion, cette rigueur et cette autorité naturelle, trois éléments incontournables du métier d'entraîneur. Les dirigeants parisiens décident de laisser Antoine voler de ses propres ailes.

Il file à l'Est. A Strasbourg. Pendant dix mois, il apprend les ficelles du job et passe la première année sans encombre. La seconde sera plus délicate. Fragilisé par le départ de Ljuboja au... PSG, Kombouaré sombre et le RC Strasbourg avec. Il est limogé. Premier accroc avec la fonction. Le Kanak est marqué. Il va vite rebondir, en Ligue 2, avec Valenciennes. Aux commandes d'une équipe fraichement promue, AK fait des miracles et devient champion de France de Ligue 2. Il devient à la mode. Durant trois ans, il va rayonner sur le Nord de la France. Il fait jouer son équipe, et même plutôt bien. Le mec est intransigeant, réfléchi, parfois ténébreux avec le corps arbitral, mais juste. En fait, il ne faut pas le chercher, Antoine. Sagement, il attend son tour. Il sait que son histoire avec le PSG n'est pas terminée. Il y reviendra, tranquillement. Mai 2009, le téléphone sonne. C'est Paris. La Capitale rapatrie son ange gardien. Le début de quelque chose espère-t-il. Le début de la fin. Dans la capitale, sa gouaille reste la même, mais la mayonnaise met du temps à prendre. La première soirée est ratée (13ème). Trop pressé de bien faire, sans doute. La seconde est mieux (4ème), mais reste inachevée. Antoine a manqué la conclusion.


La troisième, celle de la dernière chance, part sur un rythme effréné. Antoine a investi dans un joli costume trois pièces, il est élégant. Il manie même le tango argentin. D'aucuns parlent d'une résurrection. D'autres sentent le traquenard. Leonardo et Nasser Al-Khelaïfi, les parrains, sont vite déçus par les prémices d'un premier rendez-vous raté. En secret, ils rêvaient d'un bel étalon italien. Forcément, Antoine ne convainc pas. Le début de soirée prometteur ne suffit pas. Antoine n'est pas dans le rythme. Il ne trouve plus de réconfort auprès de son organisation. Il sait la fin proche mais se voile la face. Kombouaré n'a jamais voulu affronter la mort en face car il n'y croyait pas, lui, l'homme de parole. Trahi par ceux qui ont fomenté et orchestré sa chute, l'ancien produit du centre de formation nantais est mort sans rancoeur, sans haine ni violence. Malheureusement, il a passé l'arme à gauche seul. On se souviendra d'un homme droit et correct qui aurait mérité un peu plus de dignité dans les derniers moments. Toujours à la recherche du bon mot et de la bonne formule. Il a eu le tort de croire en ses bourreaux. Des tortionnaires qui ont préféré l'exécuter. Froidement. Et dans le dos. Comme des lâches. Au moment même où il embarquait à l'aéroport pour quelques jours de repos bien mérité. Antoine ne méritait pas ça.

Par Mathieu Faure
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