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Oyarzabal, Eibar par la voie royale

Buteur victorieux face au FC Barcelone, Mikel Oyarzabal est la nouvelle pépite de la Real Sociedad. Un minot atypique, toujours étudiant et sans agent, qui retrouve en ce samedi son Eibar natal. Retour sur les traces de l’enfant prodige, et aux grands pieds.

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L’agitation qui tourne autour de lui ne trouble en rien sa quiétude. Et pourtant, du haut de sa toute fraîche majorité, et de son presque mètre quatre-vingt, Mikel Oyarzabal vient de relancer une Liga jusqu’ici promise au FC Barcelone. D’un coup de casque en pleine lucarne de Claudio Bravo, le Canterano de la Real Sociedad rend à l’Atlético et au Real toutes leurs chances dans la course au titre. Une demi-surprise pour Eusébio Sacristan, nouveau mentor txuri-urdin de la révélation du championnat : « Je le vois grandir chaque jour. Tout ce qu’il apporte est positif. Ses actions, son travail, son intensité et son intelligence sont autant de qualités énormes pour un si jeune joueur. »

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Pour sûr, avec ses seules dix-huit apparitions en pro, la jeune promesse basque étonne autant qu’il détonne. Son profil, si atypique dans un monde du ballon rond toujours plus mercantile, découle d’une enfance campagnarde et « d’une structure familiale extraordinaire » , dixit Mikel Martija, l’un de ses anciens éducateurs d’Eibar. Justement, ce fanion armero reste le premier qu’il a supporté, lui le local de l’étape, et défendu, à plusieurs reprises.

Le Tim Duncan du Pays basque


Pour ceux qui le côtoient depuis son plus jeune âge, Mikel Oyarzabal est un sportif depuis le berceau. Dès son enfance, il alterne ainsi entre trois sports : le football, le basket et la natation. Un dernier sport aquatique où il excelle notamment grâce à un physique hors norme.
« Il aurait pu faire un malheur dans l’équipe nationale de natation. »Mikel Martija
À l’instar de Tim Duncan, champion des bassins des îles Vierges, il peut compter sur des pieds en forme de palme. Aujourd’hui chaussant du 47 - soit un pied de trente centimètres de long -, « il aurait pu faire un malheur dans l’équipe nationale de natation » , rigole Mikel Martija. Mais, bien lui en prend, il privilégie le ballon rond. C’est donc au sein de la SD Eibar, le club du village, qu’il prend sa première licence et exécute ses premiers exploits. Couteau suisse du front de l’attaque, il attire les scouts de toute la région, ceux de l’Athletic Bilbao en tête. Alors qu’il ne souffle que sa onzième bougie, les dirigeants des Leones sont même prêts à faire une folie pour un si jeune joueur et proposent même, pour lui faciliter une future intégration, de recruter son meilleur ami de l’époque. Une proposition alléchante qui écope d’une fin de non-recevoir de la part de toute la famille.


La famille, justement, se veut en ciment de la carrière du jeune prodige d’Eibar. Conseillé tout au long de sa jeunesse par son paternel, qui officie toujours aujourd’hui comme son représentant officieux, il refuse toutes les offres venant de l’extérieur.
« Il avait un, voire deux ans de moins que tout le monde, mais il a complètement changer notre saison. De sept points à la mi-saison, nous nous sommes finalement sauvés grâce à lui. »Mikel Martija
Et ce, jusqu’à son quinzième anniversaire, lorsqu’il prend la direction de l’autre géant de la région, la Real Sociedad. Cette arrivée se fait ainsi dans le cadre du partenariat qui lie les deux entités de Guipuscoa, comme l’explique David Zurutuza, passé lui de San Sebastián à Eibar : « C’est du gagnant-gagnant. Quand la Real récupère les meilleurs jeunes d’Eibar, Eibar peut lui se construire sportivement dans l’orbite d’un club habitué au monde professionnel. » Cet accord permet ainsi au jeune Oyarzabal de revenir dans son club de cœur au beau milieu de sa première saison de U-17. Mikel Martija, alors entraîneur des jeunes des Armeros : « Il est revenu en janvier pour nous aider à nous maintenir en Division d’Honneur. Il avait un voire deux ans de moins que tout le monde, mais il a complètement changer notre saison. De sept points à la mi-saison, nous nous sommes finalement sauvés grâce à lui. »

« Des qualités sportives autant qu’humaines »


« Mikel jouait aux trois postes offensifs, rembobine son entraîneur d’alors. Nous avons tout gagné, sauf un nul face à la Real et une défaite face à l’Athletic. Forcément, le jour du maintien, il a inscrit le seul but de la rencontre. » Cet exploit de jeunesse n’est pas sans lendemain, puisque dès l’été suivant, il retrouve les installations de Zubieta. Alternant entre U-19 et seconde équipe, il rappelle, de par sa progression, un certain Griezmann.


Une comparaison qui fait sens, puisqu’il débute et inscrit sa première banderille avec la Real dès sa majorité.
« De tous les joueurs que j’ai eus, c’est celui qui est promis au plus grand avenir, car ses qualités ne se limitent pas au sportif, elles sont également humaines. »Mikel Martija
Idem, sa marge de progression paraît énorme : « Il est intelligent, autant dans la vie que dans le jeu. Il a franchi chaque obstacle sans le moindre problème. De tous les joueurs que j’ai eus, c’est celui qui est promis au plus grand avenir, car ses qualités ne se limitent pas au sportif, elles sont également humaines » , selon Martija. Signe d’une tête bien vissée, il décide de poursuivre ses études de commerce à la faculté malgré son explosion en équipe première. Une Real Sociedad qui a d’ailleurs prolongé son bail jusqu’en 2021 et fait grimper sa clause libératoire à 40 millions d’euros. Mis à part ses panards, Mikel Oyarzabal n’a pas fini de grandir.

Par Robin Delorme

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Il s'est vraiment donné dans la victoire sur le Barça... Lors de son remplacement, même l'arbitre a compris que le mec n'était même plus capable de mettre un pied devant l'autre tellement il était carbonisé.

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