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Où t’es Mata, où t’es ?

Indiscutable avant le retour en grande pompe de José Mourinho à Chelsea, Juan Manuel Mata ne jouit aujourd’hui plus du même statut. Relégué sur le banc, voire dans les tribunes en ce début de saison, le milieu de terrain ronge son frein. Un traitement qui a quelque peu fait jaser outre-Manche, tant l’Espagnol a porté les Blues depuis sa venue. Mais, à y regarder de plus près, cette décision notable du technicien portugais n’a peut-être finalement rien d’une lubie.

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Stromae peut s’octroyer le droit de jubiler. En plus d’avoir réussi à faire danser tout son petit monde sur Papaoutai, un titre évoquant l’absence de figure paternelle, l’artiste de vingt-huit ans a sans doute aussi délibérément glissé un subtil jeu de mot. Tout en finesse. Amoureux des lettres, il n’a pas pu passer à côté de la signification du terme « empapaouter » . De l’argot fréquemment utilisé dans le Sud-Ouest de la France, le terme revêt deux sens bien distincts : duper, tromper, escroquer ou… pénétrer analement, pour rester sobre. D’où l’usage courant de la formule « aller se faire empapaouter » . Si Juan Manuel Mata est davantage connu pour être un lecteur de Bukowski qu’un mélomane, force est de constater que la mélodie du fantasque belge coïncide bien avec sa situation à Chelsea.

Seule lueur dans le ciel brumeux des Blues

Talisman d’un Chelsea souvent moribond dès son arrivée à l’été 2011, l’international espagnol est porté disparu depuis le retour en grâce de José Mourinho au club. L’image, quelque peu déconcertante, de lui dans les tribunes lors de la troisième journée de Premier League face à Fulham a fait les choux gras de la presse anglaise. Sur les huit premières journées de Premier League, l’enfant de Burgos n’a disputé que quatre matchs en tant que titulaire et a toujours fini par être remplacé avant la fin de chaque rencontre. Même galère en Champions League où il alterne entre le rectangle vert et la banquette. Bien trop peu. Une misère, presque une hérésie quand on sait l’influence de Mata dans le jeu offensif des Londoniens. Et ce n’est pas son excellente entrée contre Tottenham le 28 septembre dernier (1-1), d’ailleurs décisive dans le point du match nul obtenu, qui lui servira de lot de consolation. Bien au contraire. De quoi avoir la fâcheuse impression de se faire empapaouter par le Happy One.

La gestion de l’international espagnol interpelle d’autant plus que celui-ci apparaît comme l’une des rares satisfactions des Blues ces deux dernières saisons. En dépit de la valse perpétuelle des entraîneurs au sein du club (Villas-Boas, Di Matteo et Benítez), Mata est constamment resté debout. Au point de devenir un titulaire en puissance, voire le principal animateur de l’activité offensive de Chelsea. Car l’évidence a rapidement sauté aux yeux. Dans une formation qui a souvent envoyé au charbon Drogba seul devant, le joueur de vingt-cinq ans dépareillait. Balle au pied, il a su éclairer, orienter et distribuer le jeu. « L’intelligence de jeu est le meilleur de ses atouts. C’est un joueur dévoué, brillant qui sait trouver les espaces grâce à son excellente vision de jeu » , louait à son sujet Rafael Benítez en mai dernier, alors entraîneur en poste. Des qualités qui viennent sublimer et s’ajouter à sa faculté de délivrer caviar sur caviar. En deux années à Londres, il facture 54 assists toutes compétitions confondues. Juste ébouriffant. Mourinho peut-il ainsi décemment – et éternellement – se passer du clutch player de sa formation ?

Victime du système de Mourinho ?


Pour justifier les non-titularisations de son milieu de terrain, The Special One n’a pas usé de circonlocutions et a clairement pointé du doigt son laxisme défensif. « Juan doit apprendre à jouer comme je souhaite jouer. Il doit se montrer plus solide et davantage concerné par la perte du ballon, lâchait-il fin septembre. Ce n’est pas de sa faute, c’est juste une conséquence de sa façon de jouer ces deux dernières années. » Le manque d’implication dans les tâches défensives, c’est donc là que le bât blesse. Une critique que beaucoup remettent en cause au regard de ce qu’il apporte sur le front de l’attaque. Mais le Mou’ a d’abord, et dans chacun des clubs par lesquels il est passé, fait du repli défensif l’un de ses leitmotivs. Samuel Eto’o en sait quelque chose. « Un joueur qui tourne à 50 assists en deux saisons et qui n’est pas titulaire en sélection, il y a anguille sous roche quelque part. Pour Mata, c'est ses difficultés dos au but, le fait qu'il s'échappe et se soucie peu du meneur adverse bas (Carrick, Arteta...). Mourinho veut que les joueurs soient tous concernés par la perte du ballon. C'est froid de logique, mais si un joueur ne fait rien défensivement, son coéquipier derrière devra faire deux fois plus. Luiz ou Ramires ont assez comblé de brèches depuis deux ans, on voit bien que ça ne marche pas. Mourinho ne demande même pas que Mata se transforme en Milner ni en chien fou au pressing, il lui demande simplement de se replier et bloquer des lignes de passes toutes simples » , précise Sébastien Chapuis, nouveau sociétaire de l’émission The Specialists sur Canal + Sport et connaisseur avisé de tactique.

Tout l’inverse d’Oscar qui harcèle le porteur, se replie intelligemment et récupère des ballons à foison. Le profil justement apprécié par l’entraîneur portugais qui a balayé toute éventualité de repositionner le Brésilien, lui qui s’est installé comme meneur de jeu aux dépens de Mata. « Oscar n'est pas moins créatif que Mata. Mata est un pur joueur de rupture, il va chercher à être décisif dès qu'il peut. Oscar est intelligent dans le sens où il alimente des coéquipiers mieux placés que lui qui se chargeront de finir l'action, poursuit Chapuis. Le problème de fond, c'est le nombre de milieux à opposer aux milieux renforcés adverses (4-5-1, etc.). Avec deux milieux et quatre offensifs, ça demande soit une justesse technique irréalisable, qui devient contre-productive si l'équipe ne prend pas de risques, soit un comportement collectif adapté pour récupérer le ballon haut. » Redonner un équilibre entre la défense et l’attaque est la première tâche dévolue à Mourinho pour son retour à Chelsea. Ce que Di Matteo, déchargeant les ailiers de leurs devoirs défensifs, et Benítez, remettant partiellement d’aplomb le bloc équipe, n’ont pas réussi à faire. Si le joyau de la Roja souhaite renouer avec sa lumière d’antan, il devra se plier aux exigences de l’ex-coach de Madrid qui ambitionne à terme de l’aligner sur le côté droit. À moins que l’infatigable Schürrle, capable de jouer sur les côtés et apprécié pour sa générosité dans l’effort, ne vienne lui mettre des bâtons dans les roues. Néanmoins, à force de secouer et de remettre en question l’Espagnol, Mourinho joue à un jeu dangereux. Celui de rendre son discours inaudible auprès de celui-ci et d’éveiller l’intérêt prononcé d’autres cadors (PSG, Arsenal). Aux deux hommes de marcher main dans la main afin de ramener les Blues à un statut digne de ce nom. Sous peine dans les mois à venir d’entendre, à nouveau, ce refrain déjà connu : mais où es-tu Mata ?

Par Romain Duchâteau
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