1. // France – National – 10e journée – Orléans/Red Star

Orléans, le prétendant

L’US Orléans est actuellement en tête du National et postule déjà comme un beau candidat à la montée en fin de saison. Avec à sa disposition un effectif de sans-grades habitués aux dures joutes de ce championnat de transition, l’entraîneur Olivier Frapolli aimerait remettre en lumière un club à l’histoire mouvementée, qui a longtemps évolué en deuxième division avant de quasiment disparaître. Découverte.

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On ne le dira jamais assez : le National est un championnat sacrément casse-gueule : plus vraiment professionnel (c’est la FFF et non la LFP qui s’en charge), plus vraiment amateur non plus. Il est rarement question de plaisir quand on en discute avec un de ses acteurs, et l’entraîneur de l’USO, l’actuel leader, ne déroge pas à la règle. « Disons que c’est un championnat de transition, nuance-t-il habilement. C’est économiquement surtout que c’est compliqué, car on n’a aucune recette en droits TV alors qu’on a pourtant les mêmes contraintes qu’un pensionnaire de Ligue 2 : des déplacements dans toute la France, une saison longue, des matchs à préparer avec des garçons qui ne touchent pas des mille et des cents… » Les conditions de vie d’un club évoluant en National s’apparentent à un ménage avec bas salaires et lourdes charges : les fins de mois sont souvent difficiles et les perspectives d’avenir pas forcément réjouissantes. En fait, il n’y a que deux alternatives : viser la montée à l’échelon au-dessus ou attendre fatalement de redescendre en CFA. Jamais aucun club ne vise sur le long terme de s’installer dans cette fichue troisième division où « la durée de vie est courte » , de l’aveu d’Olivier Frapolli. L’US Orléans dispute pourtant déjà sa quatrième saison consécutive à cet échelon, si bien qu’il finit par y avoir urgence à se poser la seule question qui vaille : quel avenir, à terme ?

Budget en baisse, mais groupe qui n’en veut

Les dirigeants du club ont apporté un début de réponse à l’intersaison, en étant contraints de diminuer le budget, le faisant passer de 3,3 millions d’euros annuel à 2,6 millions. L’équipe n’ayant pu faire mieux que de terminer dans le ventre mou du championnat lors des trois précédentes saisons, la crainte était réelle avant celle-ci de devoir plus regarder dans le rétro que devant. « Mais moins de budget ne signifie pas forcément une perte de qualité, corrige Frapolli. Comme il a fallu diminuer la masse salariale pour cette saison, l’idée a été de composer un effectif avec moins de joueurs sous contrat et de miser sur un groupe plus modeste mais stable, auquel on a seulement apporté quelques retouches avec des gars de caractère, qui connaissent le National. » C’est notamment le cas de l’attaquant Wilfried Louisy-Daniel, transfuge de Colmar, 4 buts depuis le début de saison, ou encore d’Antoine Ponroy, arrivé de Vannes. Un gars qui connaît bien son affaire et n’a pas peur d’aller au charbon face à des équipes qui jouent toutes leur survie à plus ou moins long terme. « Il arrive parfois que des joueurs venus du dessus soient surpris par l’intensité des duels dans ce championnat, poursuit le coach de l’USO. La dimension athlétique est primordiale et les matchs sont souvent tendus, car il y a beaucoup d’homogénéité. »

La finale 1980 au Parc des Princes

Après une défaite inaugurale à domicile face à Luzenac, Orléans enchaîne depuis les bons résultats avec une série actuelle de quatre victoires consécutives et une défense hermétique qui n’a encaissé que deux buts en neuf rencontres. « Le système de jeu mis en place est pourtant plutôt offensif avec deux pointes, mais cette solidité défensive symbolise bien la force de mon groupe : un collectif sans aucune star, mais où tout le monde travaille dur, y compris les attaquants dans le repli défensif. » Il y a de la fierté dans les propos d’Olivier Frapolli, ancien joueur pro à la grosse carrière de D2, qui a débuté comme entraîneur à cet échelon pour un court intérim à Créteil. « Quand on a connu le haut niveau, on a envie d’y goûter de nouveau, dit-il. D’autant que la Ligue 2 est aujourd’hui un championnat particulièrement relevé et intéressant. » L’US Orléans aussi aimerait retrouver un peu de lumière, le club ayant disputé 14 saisons consécutives en deuxième division entre 1978 et 1992, avant une liquidation judiciaire et un redémarrage en DH. « Étant donné les conditions dans lesquelles s’était terminé l’épisode D2, il n’y a pas trop de nostalgie, constate Olivier Frapolli, arrivé dans la région en 2010 en qualité d’adjoint de Yann Lachuer, auquel il a succédé l’été dernier. En revanche, on parle encore souvent de l’épopée en Coupe de France. » Elle date de 1980, quand l’équipe s’était hissée jusqu’en finale avant de s’incliner au Parc des Princes face à l’AS Monaco (1-3). C’était l’époque du jeune Bruno Germain, de l’éternel Jacky Lemée (qui était alors entraîneur-joueur), d’André Bodji et Michel Albaladéjo. Au vieux stade de La Source, on n’a pas oublié les belles affiches d’antan, époque Giscard et Mitterrand. L’excellent début de saison actuel permet d’imaginer y regoûter prochainement.

Par Régis Delanoë
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Allez l'USO, pour pouvoir avoir trois " RégionCentrico " l'an prochain, avec Tours, la Berri qui semble avoir pour objectif de dépasser les 50 ans consécutifs en L2, et donc Orléans !
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