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Orgasmic : « Sur un terrain, le rôle du DJ serait celui d’un mec comme Thiago Motta »

Orgasmic derrière les platines et Fuzati au micro. Quinze ans après leur début avec le Klub des Loosers, les deux Versaillais se retrouvent pour Grand Siècle, album inspiré parfaitement ancré dans son temps. L’occasion de parler foot avec Orgasmic. Une interview agrémentée de quelques débordements bien sentis de Fuzati, malgré sa préférence pour le tennis.

Orgasmic, t’es branché ballon ?
Orgasmic : Ouais, depuis un an et demi, je m’y suis vachement intéressé. C’est juste parce que j’ai Canal + chez moi. Généralement les gens font la démarche inverse, ils s’intéressent au foot et vont s’abonner à Canal, moi c’est l’inverse. Fuzati et moi, on est de 78, donc on a connu le PSG époque Ginola, Weah, Roche, la grande équipe du PSG. J’étais fan du PSG quand j’avais 13, 14 ans. Après j’ai un peu lâché. Je m’intéressais au sport américain. Quand t’es ado et que tu découvres le rap américain à cette époque-là, tu t’intéresses au basket, tous ces trucs-là. J’étais plus dans le basket que dans le foot, je jouais au basket en sortant du collège. On était forcément touché par le foot, c’était aussi l’époque du grand OM, à cette époque-là, soit t’écoutais NTM et t’étais parisien, soit t’écoutais IAM et t’étais marseillais. Dans mon collège, il y avait plein de types avec le maillot de l’OM. Moi, le rap marseillais, j’ai toujours eu un rejet, ça me parlait pas, la prononciation j’aimais pas. Ça ne reflétait pas mon quotidien. Esthétiquement, ça ne me parlait pas. Dans le rap, il y avait cette rivalité Paris-province, et nous on était fiers de défendre les couleurs parisiennes, que ce soit dans le sport à travers le PSG, ou dans le rap avec NTM, La Cliqua, les trucs parisiens. Le basket, ça allait avec le rap. C’est un truc très nerd au fond, s’intéresser autant à la culture afro-américaine dans son ensemble. Le rap t’ouvrait à toute une culture dont le pendant sportif est le basket. À part le PSG, le foot ne me parlait pas.

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T’es allé au stade ?
O : Oui. La première fois, c’était à Istanbul, pour un Galatasaray-Spartak Moscou en Ligue des champions, parce que j’ai de la famille là-bas. Un cousin éloigné avait des places d’abonnement, et la personne qui l’accompagnait n’était pas là, donc j’y suis allé. Je me suis rendu compte que c’était autre chose de supporter une équipe et d’être au stade que de mater la télévision. Galatasaray avait été éliminé, j’ai pas vu le stade en ébullition. Pour moi, aller au stade est plus marquant que d’aller à un concert. La musique sur disque et la musique en live, c’est presque deux expériences différentes. Quand tu vois un artiste, il va avoir une conception du live qui ne va pas forcément être la tienne. Dans le rap ou le R’n’B, quand les artistes deviennent trop gros, pour occuper la scène ils vont avoir un groupe de live. Et pour moi, le rap, c’est de la musique électronique. Le sport, de manière générale, c’est aller vivre vraiment le truc. C’est le même match que tu regarderais à la télé, sauf que tu le vis. La première fois que tu vas au stade, tu te dis : « C’est ça. » Tu comprends la ferveur des supporters, le fait de suivre une équipe.

Dans votre disque, il est question de ballon un peu, sur une phase de Fuzati qui fait : « Fuzati seul type du stade qui ne se lève pas pour la ola » .
Fuzati : Je vais à Rolland Garros tous les ans et j’aime bien faire la ola.

En France, on associe souvent la ola au supporter un peu footix.
F : Ah ouais ? C’est marrant comme quoi dans n’importe quel truc il y aura toujours des connards d’élitistes. C’est fou, moi, je trouve ça plutôt bien, tu communiques avec ce qu’il se passe sur le terrain. Dans l’album, la phrase, c’était plus pour parler des handicapés, c’était assez drôle même si ça se moque d’eux. Après, faut dissocier le personnage de l’auteur. Moi, je kiffe bien la ola, Fuzati c’est pas un truc qu’il ferait. Je suis plus tennis que foot en tout cas.
O : Faut que tu ailles voir un match de foot un jour. Moi, la dernière fois que je suis allé au Parc, c’était la saison dernière, un PSG-Lille. Avant, j’avais 18 ans, donc ça remontait à loin. Effectivement, ça a changé. Cela dit, il y a toujours autant de CRS qu’à l’époque. C’est surtout le prix des billets qui a augmenté. On parle toujours de Paris, mais ce sera comme ça partout, au fur et à mesure. Si demain quelqu’un investit dans une équipe ce sera la même chose. J’imagine que le PSG reviendra bientôt aux joueurs français pour faire comme si. C’était une erreur de vendre Sakho, par exemple.

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Tu t’attaches plus aux joueurs ou au blason ?
O : Je suis Liverpool parce que j’ai du plaisir à voir jouer un mec comme Suárez, par exemple. J’adore le regarder se déplacer sur le terrain quand il n’a pas le ballon. C’est comme regarder une espèce de ballet. L’intelligence du jeu qu’il peut avoir, ses déplacements par rapport aux autres. C’est là que tu te rends compte qu’il y a une intelligence dans le foot, que tous les joueurs n’ont pas. Zlatan, ça fait partie des joueurs qui donnent du plaisir. Au PSG, j’adore Matuidi, il se sacrifie beaucoup, il est irréprochable, c’est impressionnant tous les ballons qu’il récupère, l’énergie qu’il déploie. Je trouve ça aussi admirable que certains gestes techniques.

Quand t’es derrière tes platines, avec TTC à l’époque ou maintenant avec Fuzati, ça pourrait correspondre à quel rôle sur le terrain ?
O : Bah, meneur de jeu. Enfin, numéro 6, tu vois. Le mec qui est derrière, sans être complètement derrière, et devant, sans être complètement devant. Sur un terrain, le rôle du DJ serait celui d’un mec comme Thiago Motta en fait.

Et le MC ?
F : Attaquant, forcément. Après, il y a différentes sortes de MC. Mais c’est l’avant-centre. Fuzati, c’est l’avant-centre.
O : Le MC, c’est celui qui prend les coups. Le DJ, il est toujours un peu en retrait. L’attaquant, c’est lui qu’on va saquer s’il marque pas. Moi, je suis pas que DJ, je suis aussi producteur, donc y a aussi une manière d’orienter.
F : Si on veut rebondir sur l’album, j’étais orienté à partir des prods sur Grand Siècle. J’écrivais directement sur les prods.

O : J’ai découvert les lyrics une fois que tout était enregistré. Après avoir filé les prods.
F : Mais personne n’a coaché personne. C’était un truc de construction et d’échange.
O : Entre nous, il y a aussi une osmose. Les joueurs de foot, il leur faut un certain temps avant de se connaître. Ils ne jouent pas instinctivement les yeux fermés. Il doivent prendre leur marque avant. Quand t’as une relation d’amitié, ça t’épargne ce truc-là.

Quand tu regardes un match, t’es quel type de mec ?
O : Je crie. J’aime pas parler, comme quand je regarde un film. J’aime bien regarder le foot à la télé pour avoir mon 1h30 avant et mon 1H30 après. Je préfère être seul. Je m’immerge vraiment dans le truc. J’ai trouvé que l’avant-match du retour entre le Bayern et le Real était hyper intéressant. Regarder dans quel état les gars du Bayern étaient, ces espèces de pitbulls enragés, Robben, Ribéry, c’était presque trop en fait, ça s’est avéré être trop, les joueurs du Real étaient sereins, ça s’est ressenti dans le match. L’avant-match était vachement significatif. J’aime bien les stats aussi. C’est con, mais j’aime bien le foot sur Canal, j’ai l’impression que c’est une bande de potes super expérimentés, c’est assez sincère, Dugarry est sincère, il n’hésite pas à casser. Quant à Pierre Ménès, il ne m’énerve pas, je suis souvent d’accord avec lui. Je le trouve assez juste, ces gens-là, on a l’impression qu’ils disent ce qu’on pense. C’est l’une des émissions à la télé française où il y a le plus de débat. C’est pas de la promotion, tout va pas dans le même sens, on a une vraie critique de ce qu’on est en train de regarder. Ce sont des gens assez libres dans leurs propos par rapport à un tas d’autres milieux. La musique n’en parlons pas, c’est que de la promotion, à part chez Ruquier où c’est très généraliste, donc ça a pas vraiment d’intérêt. Je ne prends aucun plaisir à regarder le foot sur beIn en revanche.

Écouter : Grand Siècle (les disques du manoir)
Voir : Fuzati et Orgasmic le 27 juin à la Gaîté Lyrique (Paris)
Klub des Loosers le 4 juin au Transbordeur (Lyon)


Propos recueillis par Lucas Duvernet-Coppola
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