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Onyewu, conçu pour résister

Oguchi Onyewu est américain, mesure 1,93m, et manie parfaitement la langue de Molière. Un extrait de CV qui a donné la migraine aux attaquants anglais lors de la première journée de ce groupe C, et qui oblige à découvrir un peu plus la bête du Maryland, garante des forces défensives l'US Army.

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À l'origine, un problème pourtant simple : si l'on soustrait Robert Green au match nul concédé contre l'Oncle Sam, que reste-t-il pour comprendre ce mauvais départ des Anglais ? La faible prestation de Wayne Rooney ? Certes. Mais si à ce non match du “Roo”, on retranche cette fois-ci les remises tout en guimauve d'Emile Heskey, après le but de Gerrard, que reste-t-il pour expliquer ce faible rendement du bourreau de United ? Au final, si l'équation s'est quelque peu compliquée, la réponse, elle, s'avère désormais limpide : x = Oguchi Onyewu.

Face à Wayne le boxeur, il a d'abord encaissé. Puis progressivement, il a pris le rythme de son adversaire pour finir par l'étouffer dans les derniers rounds, se permettant même quelques interventions pleines de "métier" dans le money time. Preuve que son année au Milan AC ne fut pas totalement vaine. Un seul match disputé au sein de l'écurie rossonera pour cause de ligaments du genou totalement en vrac, mais quelques ficelles accumulées sur les tableaux noirs de Milanello qui portent aujourd'hui leurs fruits. Le savoir-faire transalpin semble avoir enfin canalisé les chevaux fous de son moteur. “Gooch” est devenu “Gucci”, et c'est toute l'écurie américaine qui en profite. « Sans maîtrise, la puissance n'est rien » , rabâchait Pirelli.

Cris de singe, bagarre, et pare-chocs de Chrysler 300

Né à DC de parents d'origine nigériane, élevé dans le pays du free fight et du foot US, Oguchi apprend très vite à jouer de son physique de guerrier Yoruba (1,93m pour 91kg). Trop sans doute. Tant qu'il évolue au sein de la Clemson University, cela ne pose aucun problème, mais une fois franchie l'Atlantique, c'est un tout autre business. D'ailleurs, qui se souvient de sa première escale à Metz ? Personne. Trois petits bouts de match et puis s'en va en prêt vers la Belgique. Une nouvelle frontière qui le mène à la Louvière, où son impact physique devient très vite la seule et unique raison de poser ses fesses au Stade du Tivoli. C'est ensuite au tour de Sclessin, l'antre des Rouches du Standard de Liège, de tomber sous le charme rugueux du stoppeur US. À grand renfort de tacles tranchants et autres sorties musclées, Onyewu s'y forge un nom, mais laisse également quelques cartes de visites dans tous les travées de Jupiler League.

Dès sa seconde campagne au plat pays, il devient la cible prioritaire de la fine fleur du hooliganisme belge. Comme ce soir de mars 2006. Alors qu'il s'apprête à sortir du parking jouxtant le stade du FC Bruges, “Gooch” se rend vite compte que la bande d'excités encore présente ne l'attend pas pour signer des autographes. Une mandale plus tard, il remonte vite le carreau de son Chrysler 300 et assiste impuissant à l'étendue de la bêtise humaine. « Ils frappaient et secouaient la voiture dans tous les sens, crachaient sur les vitres, hurlaient des cris de singe, balançaient de la bouffe... Ils m'ont même arraché mon pare-choc ! » , témoigne-t-il, avant de se justifier pour la forme : « J'étais trop furieux pour avoir peur, mais mes amis m'ont empêché de sortir de la voiture parce qu'ils pensaient que j'allais me faire lyncher » . D'un bout à l'autre de l'échiquier du football national, on le retrouve un mois plus tard sur la modeste pelouse du KSV Roulers. Alors aligné sur le flanc droit, il s'apprête à jouer une touche près d'un supporter un peu trop porté sur les singeries. Un petit geste méprisant plus tard, impuissant, Onyewu assiste cette fois-ci à la puissance de l'alcool. « Je lui ai sorti un truc du genre "Whatever...", et le type s'est rué sur moi pour m'en mettre une dans la mâchoire » , confesse-t-il, avant de se justifier pour la forme : « Le truc, c'est que si tu réagis, tu l'encourages à en remettre une couche... » .

Un an de bénévolat

Amouraché de Salomé Khorasanchi, un ancien mannequin iranien reconverti en organisatrice de grosses soirées sur Bruxelles, le Yankee énerve autant qu'il séduit. Tous deux se sont d'ailleurs illustrés récemment dans une série de clichés dénudés qui font dorer la frite. Petit scandale dans les médias, franche rigolade dans le milieu, et un statut de sex-symbol dans le cœur des jeunes Wallonnes en fleur. Mais le défenseur n'en reste pas moins capable de gestes de classe. Comme cette dernière décision, prise quelques semaines avant de s'envoler pour la World Cup. Malgré sa saison blanche, “Gucci” tient absolument à prolonger son bail au Milan. Pas chien, il va jusqu'à proposer de renoncer à sa dernière année de salaire, et s'en explique sans en faire trop : « Toute la saison, j'ai été payé à ne rien faire, et quelque part, je me devais de renvoyer l'ascenseur » .

Puissance et glamour, force et efficacité, Wayne Rooney a vu tout ça de ses propres mirettes le week-end dernier, et il ne devrait pas être le dernier : ses futurs adversaires sont prévenus.

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