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One night in Munich

Le 1er septembre 2001, l'Angleterre venait marcher sur Munich en écrasant l'Allemagne de Rudi Völler (5-1). Une baffe méritée moins d'un an après des adieux au vieux Wembley gâchés par la Mannschaft et qui reste encore à ce jour mythique.

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Goethe a toujours été clair : « Écrire l'histoire est une façon comme une autre de se libérer du passé. » L'Angleterre du foot est complexe. S'y attacher, c'est aimer souffrir, mais aussi accepter de plonger sa tête dans un bordel spatio-temporel qui ne cesse de s'étirer. Au fond, que retiendra-t-on d'elle au moment de faire les comptes ? Des larmes et un souvenir désormais lointain d'une étoile un peu crade décrochée à la maison il y a plus de cinquante piges. L'Angleterre, c'est de la passion et des scandales, des grandes gueules et du sang, mais du calme ? Jamais. Pour preuve, il suffit de se plonger dans les dernières notes de l'ancien Wembley. 7 octobre 2000, l'Angleterre de Kevin Keegan reçoit l'Allemagne avant la démolition de l'enceinte. Date maudite, nuit sanglante. D'un côté, une défaite qui fait tache (0-1) et un coup franc moisi inscrit par Dietmar Hamann entre les gants savonnés de David Seaman. De l'autre, la dernière douche à Wembley. Il suffit de se taire et de lire l'échange publié par le directeur exécutif de la FA de l'époque, David Davies, dans son journal intime FA Confidential : « Le vieux Wembley allait donc fermer ses portes sur une humiliation. (...) Mais aucun membre de la FA n'aurait pu prévoir ce qui allait se passer ensuite. Quand je suis entré dans le vestiaire, je n'ai pas pu croire la scène que j'avais face à moi. De la vapeur sortait des douches, ce qui rendait difficile la vision, mais j'ai entrevu Kevin (Keegan) dans un coin. Tony Adams, David Beckham et d'autres joueurs étaient assis autour de lui. "David, dis-lui de ne pas faire ça", m'a hurlé Tony, qui était en furie.(...) "Ne pars pas. Tu dois rester." "Non, non, non, a répondu Kevin. Je m'en vais. Je ne suis pas fait pour ça." » Voilà comment Kevin Keegan a décidé de quitter son poste de sélectionneur, le souvenir de l'élimination dès le premier tour de l'Euro 2000 encore vif. Une dernière discussion entre Davis et Keegan aura lieu dans les toilettes. Terminé.

La tragédie et le golfeur


Alors, quand l'Angleterre retrouve l'Allemagne un peu moins d'un an plus tard à Munich pour la revanche de Wembley, elle a changé, mais est surtout dos au mur. Sa qualification directe à la Coupe du monde 2002 est en jeu. Keegan a été remplacé par Sven-Göran Eriksson, mais la Mannschaft n'a surtout jamais perdu un match de qualification à domicile de son histoire ! Retraité de la sélection nationale depuis 1998, Stefan Effenberg balance alors qu'il ne « voit pas l'Angleterre venir faire le moindre résultat à Munich. (...) Ce match est plus important pour eux que pour nous. Ils viennent ici en sachant parfaitement que s'ils perdent, c'est mort. Cela peut avoir un impact sur leur jeu. L'Allemagne, elle, peut jouer tranquille. » Libérée, la bande de Rudi Völler va l'être dès les premières minutes avec un but rapide de Carsten Jancker. Derrière sa ligne, Eriksson se bouffe les doigts. « À cet instant, j'ai pensé que c'était plié » , avouera-t-il plus tard. Owen égalise rapidement, mais les Allemands cognent et marchent sur les Three Lions. Un match de foot, c'est des détails. Ce que va rater Sebastien Deisler peu après la première déflagration d'Owen, c'est un tournant.

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Car juste avant la pause, Steven Gerrard va lâcher une praline sous Oliver Kahn. Puis Owen claque un troisième but après l'entracte sur une remise parfaite d'Heskey. Et s'offre un triplé en contre. C'est tout ? Non, Scholes offre le cinquième but de la soirée à Emile Heskey qui s'en va célébrer en mimant le golfeur. Que s'est-il passé ? Le foot est un sport de vainqueurs et de perdants, mais il y a certains soirs pour achever un ennemi historique. Oui, le 1er septembre 2001 est entré dans l'histoire comme le jour où l'Allemagne s'est fait humilier chez elle. L'exploit d'Eriksson est simple : avoir planté les bons clous dans les bons trous. Garder Seaman, à cette époque, était un geste fort. Faire confiance à Gerrard aussi, dans un soir où l'ensemble des buts anglais furent inscrits par des joueurs de Liverpool. L'assistant de Völler, Michael Skibbe, n'hésite pas à parler de « tragédie » et la presse allemande hisse cette défaite à la même hauteur que celle lors de la finale de 66. Sur son siège, le père de Rudi Völler a fait un arrêt cardiaque, mais s'en sortira finalement. C'était il y a seize ans. C'était hier. L'Allemagne était alors une machine en reconstruction et on connaît la suite. L'Angleterre, elle, est restée fidèle à ses principes : une nuit de sourire pour une pluie de larmes. Classique et historique.





Par Maxime Brigand
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