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« On se trompe lorsqu’on pense qu’Ibra est sûr de lui »

Psychologue du sport, Hubert Ripoll est l’auteur de nombreux livres comme Le mental des champions, Comprendre la réussite sportive. Entrons dans la tête du sportif : comment gère-t-il la pression, ses émotions, la concurrence, sans oublier le rôle crucial de l’entraîneur.

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Beaucoup de supporters ont du mal à imaginer qu’un joueur multimillionnaire puisse entrer en dépression...
On peut faire une dépression parce qu’on va mal tout au fond de notre personne, mais aussi pour des raisons sportives, par rapport aux résultats. J’ai même connu des champions olympiques qui ont été en profonde dépression après avoir gagné une médaille d’or. Ils n’arrivaient pas à s’en remettre. Qu’un joueur de football puisse avoir des moments de doute qui, à un moment donné, vont se transformer en véritable dépression, ce n’est pas surprenant du tout. Ils sont comme tout le monde.

Comment est-ce possible de gagner et de tomber en dépression ?
Très souvent, ce qui se passe dans leur tête, c’est qu’un enjeu, à un moment donné, va devenir démesuré parce que la pression sociale est extrêmement forte.
« Quelqu’un a eu une médaille d’or aux Jeux, on va attendre durant quatre ans qu’il réédite. Quelquefois, le poids est trop important et fait chuter l’individu. »
Le sportif ne pratique plus pour lui-même, mais pour une raison qui lui échappe et qui va le jeter à terre. C’est la raison principale. Quelqu’un a eu une médaille d’or aux Jeux, on va attendre durant quatre ans qu’il réédite. Quelquefois, le poids est trop important et fait chuter l’individu. Lorsque vous avez gagné, vous êtes sur un nuage, le tout sera de pouvoir redescendre et remettre les deux pieds dans la réalité. C’est très compliqué et il faut être suffisamment fort.

Faut-il être un surhomme pour supporter la pression ? Dans vos livres, vous parlez d’un état second lorsque le sportif est en compétition.
Ce sont deux choses différentes. Pour dépasser cette pression, il faut être un homme ou une femme équilibré. Les champions ne sont pas fondamentalement différents de nous, si ce n’est qu’ils sont capables de gérer une pression extrême à laquelle nous ne sommes pas habitués. C’est une question d’équilibre. Il y a une stratégie pour gérer les temps morts dans certains sports collectifs. Après, lorsque la pression est trop importante, le sportif a des routines pour lui permettre de faire face à la situation. Ce sont des choses qui s’apprennent. Avant, c’était sur le tas, sans s’en rendre compte et puis maintenant, les entraînements associant coachs et psychologues mettent en place toute une ingénierie qui permet à l’individu de faire face à la pression lorsqu’il est en difficulté. Concernant l’état de grâce, c’est un état modifié de conscience. De la même façon que les adeptes de méditation atteignent des états de conscience, les champions sont capables de se mettre dans cet état en cas de pression extrême. Mais ça ne se produit que chez quelqu’un qui est en parfait équilibre.


Comment un sportif de haut niveau peut-il gérer la pression de l’opinion publique, parfois très exigeante, très sévère ?
C’est le gros problème. Une finale de Coupe du monde de foot, vous avez 3 ou 4 milliards de personnes qui vous regarde. Pour la France, 30 ou 40 millions de téléspectateurs. Il y a une pression extrême, sans parler de tout ce qu’il se passe avant. Comment peut-on gérer cela ?
« L’environnement de l’équipe de France du temps de Domenech était absolument épouvantable et il n’a jamais été en mesure d’apporter à son équipe la sérénité qu’elle aurait dû avoir. C’est même pire, il était responsable d’un environnement qui était extrêmement défavorable. »
Il y a plusieurs facteurs : certains tiennent à l’individu lui-même et d’autres à l’environnement. Pour ce qui concerne l’individu lui-même, c’est ce qui constitue son équilibre. Les sportifs qui tiennent le mieux la pression sont ceux qui pratiquent une activité pour s’accomplir, pour prendre du plaisir, progresser. Ceux qui pratiquent une activité pour plaire, satisfaire l’ego, obtenir des biens matériels, financiers ou autres, ont du mal à tenir la pression. Il faut toujours trouver un bon mix. L'histoire personnelle de chacun joue également un rôle, toute comme la façon dont il a été élevé, éduqué. L’environnement va être d’une importance considérable. L’environnement de l’équipe de France du temps de Domenech était absolument épouvantable et il n’a jamais été en mesure d’apporter à son équipe la sérénité qu’elle aurait dû avoir. C’est même pire, il était responsable d’un environnement qui était extrêmement défavorable. Il déroutait tout le monde, les journalistes, le public et surtout les joueurs. À partir de là, on a vu une équipe en état de stress permanent, incapable de se serrer les coudes. Cela nous amène jusqu’à Knysna et l’histoire du bus, ce qui ne s’est jamais vu. Aucun joueur n’est en équilibre dans cette situation.

L’entraîneur est donc logiquement garant de l’équilibre mental et de la sérénité qui règnent au sein du groupe.
Absolument. Pour l’équipe de 98, Aimé Jacquet se met toute la pression sur le dos en sortant des sélections deux joueurs, certainement les plus brillants. Avant la Coupe du monde, Cantona a une image supérieure à celle de Zidane. Ginola est aussi très, très haut, mais il va les virer parce qu’il sait très bien que, eux étant dans l’équipe, ça va nuire à la cohésion du groupe. Ça, et l’allure d’Aimé Jacquet qui ne faisait pas très pro football au départ, font que tout le monde lui tombe sur le dos. Notamment L’Équipe, et puis toute la presse. À ce moment-là, le coach fait front, il soude ses joueurs autour de lui. Ils ne sont jamais aussi forts que lorsqu’ils sont attaqués de partout. Lorsqu’on est attaqué de partout, on peut soit exploser, soit faire front et devenir plus fort encore. Là, c’est ce qu’il s’est produit. Domenech, lui, est le premier responsable de l’éclatement, quel que soit le niveau des joueurs. Le responsable de la victoire de 98, c’est Jacquet. Si Jacquet n’avait pas géré la situation comme ça, il ne gagnait pas la Coupe du monde.

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Revenons sur Domenech. Beaucoup pensaient, peut-être à tort, qu’en 2006, l’équipe était en auto-gestion. Ce beau parcours, jusqu’en finale, c’est donc aussi grâce à lui ?
C’est aussi le principal responsable. C’est comme 2x2 font 4. Par la suite, c’était évident que l’équipe exploserait de la même façon qu’il était évident que Deschamps serait capable d’apporter la cohésion à l’équipe de France de 2016.


Pourquoi ?
« L’excellent résultat de l’Euro, c’est le résultat de Deschamps. Il a parfaitement géré et a entretenu la cohésion. »
Il faut voir comment il a su gérer toutes les crises. On ne s’en est peut-être pas rendu compte, mais il y en a eu beaucoup. Des joueurs blessés, ceux qu’il faut virer, Benzema, etc. Si c’est mal géré, ça devient une autre crise. Deschamps a géré parfaitement et il a entretenu la cohésion. L’excellent résultat de l’Euro, c’est le résultat de Deschamps. Des joueurs aussi, mais avant tout d’une équipe où le coach a joué son rôle.

Comment Domenech a-t-il pu réussir en 2006, puisqu’il faut apparemment lui reconnaître ça et passer à l’épisode Knysna ?
En 2006, il y a encore des cadres qui étaient présents en 1998. Il y en avait un qui tenait la baraque, un joueur d’exception : Zidane. À partir de 2006, Domenech n’a pas arrêté de brouiller les pistes. Et là, l’équipe qu’il a eue à Knysna, c’est vraiment celle qu’il a construite. Il n’avait plus ses cadres précédents.

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Dans quel cas la pression peut être un boost pour un footballeur ?
Aucun des champions arrivés sur la plus haute marche ne peut produire ce qu’il produit s’il n’y a pas une pression extrême. Ça veut donc dire qu’elle est nécessaire et s’ils ne l’ont pas, ça les inquiète et ils vont s’organiser pour se mettre une pression maximale. Tant qu’elle est gérée, la pression est un boost, mais lorsqu’elle vous dépasse, elle vous anéantit.

Que pensez-vous des joueurs qui s’attachent les services de marabouts ?
Le marabout joue le rôle d’un placebo. C’est quelque chose qui a un effet thérapeutique et il suffit d’y croire pour aller mieux. Il n’empêche que lorsque vous avez une maladie autre que psychologique, le marabout ne sert plus à rien. De toute façon, le marabout va tôt ou tard montrer ses limites. Tant qu’il est capable de vous faire croire, ça pourra fonctionner, mais dès le moment où vous allez vraiment être en difficulté, il ne pourra rien changer. Parce que s’il fonde son métier sur des croyances et non pas sur une analyse du pourquoi le joueur fonctionne mal, comment je dois m’y prendre, comment je dois le faire évoluer à l’entraînement, qu’est-ce que je dois lui dire, comme le font un coach mental ou un psychologue, il atteint très, très vite ses limites.


Pourquoi certains joueurs ont-ils besoin à ce point d’exprimer leurs croyances religieuses ?
Un joueur qui entre sur le terrain et se signe met en place un rituel. La pratique sportive de haut niveau implique d’entrer dans un état particulier au moment de la compétition, des grandes compétitions, et pour produire cet état, les sportifs de haut niveau font appel à des rituels. Ce sont des rituels mystiques, religieux, qu’ils ont pris l’habitude de mettre en œuvre parce que ça se passe bien. Bolt, par exemple, lève la tête, il a l’air de dire quelque chose dans le ciel, à Dieu. C’est à la fois de la religion, mais aussi du rituel.

Lorsqu’on est footballeur et plus généralement sportif, comment tenir le coup face à la concurrence interne au groupe, puis face à l’adversaire ?
Pour qu’une équipe gagne, il faut deux choses. Une cohésion opératoire, comment coopère-t-on dans notre système de jeu et en fonction de celui de l’adversaire.
« Il y a des moments où la cohésion sociale ne suffit plus parce que l’équipe est dépassée par l’adversaire. »
Ça, c’est de l’aspect technique. Et puis, il y a ce qu’on appelle la cohésion sociale : quel lien entretient-on en dehors du football avec les autres joueurs. Le haut niveau est atteint lorsque les deux cohésions sont au maximum. Il y a des moments où la cohésion sociale ne suffit plus parce que l’équipe est dépassée par l’adversaire. Et on a des équipes qui ont du tempérament, qui sont capables de se ressourcer, se mobiliser, se dépasser. Ces deux cohésions sont mises en place par le coach. Un coach qui construit une équipe sur des rivalités, et il y en a qui font ça, risque une explosion de l’équipe.

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Il ne faut donc pas trop de concurrence au sein d’une équipe ?
Il faut amener le joueur à donner le maximum de lui-même en lui disant : « Si tu vas à ton maximum, tu peux être le meilleur. »

Oui, mais il faut aussi s’adapter au joueur, composer avec sa personnalité. Certains doivent être mis en concurrence de manière permanente pour tirer le maximum de leur possibilité quand d’autres ont besoin d’être chouchoutés, rassurés.
« L’entraîneur peut jouer sur des rivalités, mais c’est extrêmement compliqué. J’ai connu des entraîneurs qui le faisaient, l’entraîneur vivait d’ailleurs un véritable calvaire et les joueurs en question étaient en très, très grande difficulté. »
Vous avez totalement raison, il faut prendre la température de son équipe. Après on peut, à certains moments, faire jouer la concurrence entre deux joueurs, mais il faut faire très attention. Ça peut vraiment les atteindre et les empêcher de s’exprimer. Ce qui est vraiment important, c’est que le joueur sache, quel que soit son niveau, qu’il a l’estime de son entraîneur. Il faut que l’estime soit réciproque. Il faut que le joueur croit en son entraîneur et vice versa. S’il y a cette double croyance, les décisions de l’entraîneur paraissent justes et justifiées. Si je suis sur la touche et que je crois en lui, je sais qu’il n’est pas en train d’essayer me mettre à l’écart, il travaille pour le bien de l’équipe, alors je l’accepte. Ce sont des nuances. L’entraîneur peut jouer sur des rivalités, mais c’est extrêmement compliqué. J’ai connu des entraîneurs qui le faisaient, l’entraîneur vivait d’ailleurs un véritable calvaire et les joueurs en question étaient en très, très grande difficulté.


Dans les clubs, les entraîneurs se renouvellent souvent. Le nouvel arrivant veut amener ses joueurs, donc il y en a toujours, issus de son prédécesseur, qui ne se sentent pas désirés et cela crée des conflits.
Comme je vous l’ai dit, Jacquet a viré des joueurs comme Cantona et Ginola qui étaient deux joueurs qui, au niveau du football, avaient complètement leur place. Il ne les a pas virés pour des questions de football. Ben Arfa et Benzema n’ont pas été virés pour des questions de football. Donc lorsqu’on repart avec une équipe, il faut tenir compte du mode de leadership du coach, car tous les entraîneurs ne dirigent pas de la même façon. Chacun a sa façon de coacher. En fonction du coaching et du système de jeu qu’il veut mettre en œuvre, il construit son équipe avec certains, tandis qu’il doit en mettre d’autres de côté.

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En parlant de comportement, votre avis sur celui de Zlatan Ibrahimović. Est-ce une façon pour lui de se protéger de la pression. Qu’en pensez-vous et est-ce efficace ?
Deux choses concernant Zlatan Ibrahimović. La première : d’une façon générale, les frimeurs comme ça, j’en ai connu, y compris des champions olympiques, même s’ils sont rares. Certains, au moment d’entrer dans le stade ont besoin de ça, c’est une forme de rituel. C’est toujours dans un besoin de se rassurer. De là à dire qu’Ibrahimović est quelqu’un qui n’est pas sûr de lui… je serais le premier à le dire. Je pense que s’il l’était vraiment, il ne se comporterait pas ainsi. La deuxième chose : j’avais dit la veille de l’Euro qu’il m’étonnerait qu’il soit performant dans cette compétition.

Pourquoi ?
De toute sa carrière, Ibrahimović n’a jamais brillé dans une grande compétition. Je pense que c’est essentiellement dû à des questions qui tiennent de sa personnalité.

Plus précisément, quels éléments de sa personnalité ?
À mon sens, le rapport qu’il a son sport, à son ego, au fait que ce qui le motive probablement le plus, c’est la culture de l’ego, plus que le plaisir de jouer au football et de s’accomplir.
« Pour moi, on se trompe lorsqu’on pense qu’Ibrahimović est quelqu’un de sûr de lui. Il n’a jamais brillé là où on l’attendait. »
C’est dans les grandes compétitions que tout le monde attend qu’il fasse son job. Parce que si on le paye ce prix-là, ce n’est pas pour gagner la Coupe de France, mais la Ligue des champions, l’Euro, la Coupe du monde… Sinon on n’a pas besoin de lui, on en a d’autres qui peuvent gagner le championnat de France. Cela dit, je ne le connais pas, mais vous me demandez mon avis. Pour moi, on se trompe lorsqu’on pense qu’Ibrahimović est quelqu’un de sûr de lui. Il n’a jamais brillé là où on l’attendait.


À sa décharge, son équipe nationale est d’un niveau moyen, et en club, il a gagné des trophées partout où il est passé en inscrivant beaucoup de buts…
C’est certainement un joueur de niveau exceptionnel, mais il n’a jamais été capable de se sublimer dans les moments décisifs. Prenez quelques instants pour comparer avec un joueur comme Zidane : il ne marquait quasiment jamais de la tête. Un des rares qu’il ait inscrits de cette façon en équipe de France, c’était lors de son premier match à Bordeaux. Voilà un homme qui ne marque jamais de la tête et qui, en finale de Coupe du monde, en marque deux. Pourquoi ? Parce qu’il est capable de se sublimer à ce moment-là. Chose que personne n’a remarqué, c’est qu’à la Coupe du monde suivante, le Zidane qui n’a plus mis de but de la tête en match international, va faire une tête extraordinaire repoussée d’une manière incroyable par Buffon. Zidane et Ibrahimović ont des qualités bien différentes, mais l’un était capable de se sublimer et l’autre n’a jamais été capable de le faire, jusqu’à présent.

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En parlant de Zidane, comment un joueur si brillant et donc capable de se sublimer, peut-il péter un câble dans un moment pareil, comme face à Materazzi ?
Je pense que Zidane, pendant toute cette finale de Coupe du monde 2006, était dans un état second, un état modifié de conscience. Je n’en ai jamais discuté avec lui, mais je vous donne mon avis. D’ailleurs, il fait une Panenka extraordinaire. Il faut être gonflé pour faire ça devant 4 milliards de personnes, devant un adversaire qui s’appelle Buffon. Ça veut dire que tout est possible. Derrière cela, il y a le match qu’il fait. Je pense que Zidane n’est pas sorti de cet état second et la pression était telle à ce moment-là, qu’il était dans l’impossibilité d’agir et puis il a explosé. Ceci dit, Zidane est quelqu’un qui a explosé plusieurs fois, mais à ce point-là, je dirais que c’est un acte manqué. Mais là, c’est le psychologue qui parle. Il vaut mieux s’arrêter là, puisqu’on irait trop loin.


Que pensez-vous de l’attitude de Jean-Michel Aulas, le président de L’Olympique lyonnais. On peut penser que ses multiples sorties sont là pour protéger ses joueurs, leur retirer de la pression, mais est-ce que ça n’a pas l’effet inverse finalement ?
Globalement, Lyon est une équipe qui réussit envers et contre tout, compte tenu de ses moyens, de ses joueurs et de certains débuts de saison difficiles. Finalement Lyon, contrairement à l’OM, ne passe pas son temps à faire le yo-yo. Ce qu’il produit ne semble pas déstabiliser l’équipe. Il joue un jeu qui, il me semble, convient à tout le monde : son staff et ses joueurs. Sinon on aurait eu d’autres résultats.

Benzema, Ribéry, Nasri, le climat sociétal, le contexte politique, leur relation houleuse avec la presse, leurs affaires avec la justice… ça ne doit pas être facile pour eux de gérer les pressions sportive et médiatique.
« Un joueur qui fait un bras d’honneur ou un pseudo bras d’honneur à des journalistes qui sont en tribunes parce qu’ils l’ont attaqué, il ne connaît pas les usages sociaux. »
Manifestement dans le football, un certain nombre de joueurs n’ont pas les usages sociaux ou la culture qui leur permettraient d’être à aussi haut niveau en tant qu’hommes qu’en tant que joueurs. Un joueur qui fait un bras d’honneur ou un pseudo bras d’honneur à des journalistes qui sont en tribunes parce qu’ils l’ont attaqué, il ne connaît pas les usages sociaux. C’est une question d’éducation. Mais c’est vrai que ces joueurs le payent au prix fort. Entre Benzema haï par la moitié des Français et adoré par l’autre et Teddy Riner porté par 70 millions de Français…

Oui, mais Riner n’est pas exposé médiatiquement comme un joueur de foot.
Ça fait longtemps qu’il est au plus haut niveau, c’est le gars qui ne peut pas déraper. Il s’est construit une image comme Tony Parker. Ils nous renvoient des valeurs extrêmes positives.

Donc la sur-médiatisation du foot n’est pas une excuse ?
Que la pression soit extrême, c’est une chose, mais que le footballeur dérape plus qu’un autre parce qu’il ne maîtrise pas les usages sociaux élémentaires, c’est ça la réalité. Bien sûr, il faudrait qu’il soit plus fort que les autres pour résister, mais objectivement je pense qu’ils sont moins bien préparés à ces joutes sociales. Ce ne sont pas des mauvais bougres, mais ils n’ont pas les codes.


Pour conclure, la retraite peut déclencher la dépression chez un footeux ?
Très certainement. C’est quelque chose de très difficile à gérer. Là encore, ceux qui gèrent le mieux cette après-retraite sont ceux qui sont dans une recherche d’accomplissement d’eux-mêmes plus que dans une recherche de profit symbolique ou de satisfaction de l’ego. Ceux-là payent la taxe très cher.

Pour aller plus loin :
- Le mental des coachs, Payot, 2012
- Mémoire de là-bas - Une psychanalyse de l'exil, L'Aube, 2012
- Le mental en or des champions, Payot, 2008
- Manuel de psychologie du sport, Éditions Revue E.P.S, 2004


Propos recueillis par Flavien Bories
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