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On se lève tous pour Danny

Il y a du Benoît Cheyrou chez Danny Murphy. Irréprochable, indispensable, parfois brillant, jamais mauvais. De ces joueurs que l'on nomme pudiquement "joueurs de club" pour signifier qu'ils n'ont pas la carrure internationale. Sauf que Danny a été international et que ce soit à Liverpool, Charlton ou maintenant Fulham, il s'est toujours rendu indispensable !

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Quand on parle de Fulham, on évoque Bobby Zamora, le buteur qui foulera peut-être les pelouses sud-africaines, Roy Hogdson, intronisé manager de l'année par Ferguson himself, Damien Duff ex-star de Chelsea, voire même Schwarkoff, le gardien australien, parfois décisif mais souvent pathétique. Et pourtant, le chaînon manquant, le métronome de l'équipe, le régulateur indispensable, c'est Danny Murphy. On en parle peu, on l'oublie, mais ce n'est pas surprenant, car rien n'a jamais été facile pour Danny Murphy.

Encore apprenti, son manger l'envoie étudier le jeu de l'adversaire


Avec sa tête de monsieur tout le monde, son physique quelconque (sa femme, une actrice, Joanna Taylor, est quand même canon) et une formation à Crewe Alexandra, un modeste club de troisième division où il débute à 16 ans, il va devenir l'un des nombreux jeunes formés par Dario Gradi (manager du club pendant 24 ans) à réussir en Premier League à l'instar de David Platt, Rob Jones, Dean Ashton, Neil Lennon.... Gradi, séduit par l'intelligence de Murphy, l'enverra même espionner les adversaires et repérer des joueurs alors qu'il est toujours simple apprenti. Après 166 matchs avec Crewe, une montée en deuxième division et 34 buts, il rejoint Liverpool à l'âge de 20 ans seulement en 1997, un an avant l'arrivée de Gérard Houllier. C'est peu dire que les débuts sont difficiles. Comble de l'humiliation, Houllier décide de le prêter à... Crewe durant la deuxième partie de la saison 98/99 pour qu'il joue un peu. Le manager français envisage même un transfert rapidement. Mais Murphy s'accroche, va voir l' entraîneur pour lui expliquer qu'il veut gagner sa place et qu'il reste à Liverpool même s'il doit ne pas jouer. Cette place, il va la conquérir façon Valbuena face à Didier Deschamps. Houllier sera bien obligé de s'incliner et de reconnaître les vertus du bonhomme. Il commence à faire parler de lui en marquant un but mémorable contre Leeds durant la saison 1999/2000.

Trois fois décisif contre United


C'est pendant la glorieuse saison 2000/2001 (Liverpool remporte la League Cup, la Cup et la Coupe de l'UEFA) que Danny devient un rouage indispensable et décisif de l'équipe au milieu aux côtés de Gerrard, Smicer et Mc Allister. Infatigable, il joue toujours dans le bon tempo, travaille pour l'équipe sans relâche, marque aussi car sa frappe de balle fait souvent mouche. Murphy n'est pas un buteur prolifique, mais ses buts sont décisifs. Et ce qui va lui donner un statut culte à Anfield, ce sont les trois buts marqués à Old Trafford qui donnent trois fois la victoire (1-0) aux Reds chez leur vieil ennemi (2000/2001, 2001/2002, 2003/2004). Le premier d'un coup-franc au millimètre qui mystifiera Barthès, le second d'une pichenette, le troisième d'un nouveau coup-franc imparable. En cinq saisons, Danny a conquis Liverpool. Sans esbroufe, sa volonté et son abnégation ont peut-être même caché un talent qui ne cherchait qu'à s'affirmer.

L'erreur de Benitez


Il devient international et joue 9 fois pour l'Equipe d'Angleterre. Sélectionné pour le Mondial 2002 en Asie, il se blesse pendant la préparation et doit déclarer forfait. Il aurait pourtant fait un bien fou à l'équipe d'Eriksson, où les vertus et le jeu simple typiquement anglais étaient souvent absents. A Liverpool, il est le garant avec Owen, Gerrard et Carragher d'une épine dorsale anglaise à l'arrivée de Benitez. Malheureusement, celui-ci ne le garde pas, et l'on peut sans peine y voir l'une des raisons d'une première saison complètement ratée en championnat.

Après 249 matchs et 44 buts, Danny s'en va la mort dans l'âme (et au grand regret de pas mal de ses coéquipiers dont Carragher) vers Charlton, équipe de seconde zone de la Premier League. Cette déception explique certainement sa première année quelconque à Londres, mais comme à chaque fois, Murphy devient indispensable, rayon de lumière et d'intelligence de jeu dans une équipe un peu frustre. Avec 18 passes décisives et 10 buts, ses deux saisons à Charlton sont statistiquement plutôt bonnes. Après une année blanche à Tottenham, Danny se dit qu'il ne peut pas passer son temps à batailler pour conquérir sa place dans tous les clubs où il passe.

Assuré d'être titulaire à Fulham, il est prêté au club de l'ouest de Londres pour son plus grand bonheur. C'est à Murphy que les Cottagers doivent d'être encore en Premier League aujourd'hui. Son but de la tête à Portsmouth le 11 mai 2008 sauve Fulham de la relégation. Titulaire indiscutable, devenu capitaine, il emmène dans son sillage l'équipe d'Hogdson vers une qualification en Europa League un an plus tard. Et cette saison, s'il semble un peu moins présent (25 matchs en championnat quand même), il reste une valeur sûre et n'est pas étranger aux qualités morales démontrées par les Cottagers. Ce soir, il sera à la tête de l'équipe surprise de l'année en Europe. L'Atletico a sorti Liverpool, mais devra se méfier d'un 10ème de Premier League capable de balayer la Juve ou de retourner la situation contre Hambourg. Car comme son capitaine, cette équipe ne renonce jamais sur un terrain. Respecté et regretté à Liverpool, Murphy est considéré comme une légende à Crewe où les supporters le verraient bien un jour devenir manager de son club formateur. Là aussi rien ne sera facile pour Danny : Crewe est redescendu en quatrième division.

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