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« On savait qu'on allait les fumer ! »

Ancien meneur de jeu d'Auxerre et de l'équipe du Sénégal quart-de-finaliste de la Coupe du monde 2002, Khalilou Fadiga avait tout pour faire une très grande carrière. En 2003, le gaucher signe à l'Inter Milan, club prestigieux dans lequel il ne disputera pas le moindre match officiel, la faute à une arythmie cardiaque. Si beaucoup auraient sombré, lui n'a rien lâché. Son après-carrière en témoigne.

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Bonjour Khalilou. Qu'est-ce que tu deviens ?
Je me porte super bien. J'ai été nommé ambassadeur itinérant du président de la République il y a maintenant 4 ans. Je travaille pour la CAF en tant que membre du comité de développement de la confédération africaine de football. Je suis aussi consultant pour beIN Sports à Doha, Proximus TV et la RTBF en Belgique. Je possède également deux sociétés de trading basées sur les matières premières. Enfin, je viens d'être nommé conseiller du président de la Fédération sénégalaise de football.

Eh bien ! Pensais-tu avoir une après-carrière aussi riche ?
Je m'y suis préparé. Après, travailler pour le président de la République et devenir membre de la CAF, je ne l'avais pas planifié.

« Le Red Star a refusé de me faire signer professionnel. Mon père était encore éboueur, ma mère femme de ménage à Barbès. J'avais besoin d'avoir un peu d'argent. Pas pour faire la java, mais pour aider mes parents »

Comment as-tu organisé ton après-carrière ?
J'avais un bac L et je n'ai pas attendu la fin de ma carrière pour préparer la suite. D'ailleurs, j'y ai pensé toute ma vie, ça se traduisait dans mon comportement et mon état d'esprit.

C'est-à-dire ?
Je suis quelqu'un de vrai, qui dit ce qu'il pense. J'ai toujours été respecté par les coéquipiers et dirigeants avec qui je travaillais. Je viens d'un quartier populaire : la Goutte d'or (dans le 18e arrondissement de Paris, ndlr) où on n'a pas l'habitude de se cacher. Tu me respectes, je te respecte. Même avec les gens avec qui je m'entends moins, il y a toujours ce respect. Mon père me disait : « Qu'on ait peur de toi ou non, tôt au tard, tu rencontreras quelqu'un qui te fera du mal. Mais quand les gens te donnent le respect, ils hésiteront toujours à te faire du mal. »

Quelle relation as-tu entretenue avec ton père ?
Il a fait de moi un homme. Il n'était pas du genre à lever la main sur moi ou à crier. Mes parents sont tous les deux décédés aujourd'hui, mais je ne pense pas que j'aurais pu avoir meilleure éducation.

Tu es né à Dakar, c'est ça ?
Oui, et j'en suis parti à l'âge de 7 ans. Je suis arrivé en France pour entrer à l'école primaire. Mon père était un ancien tirailleur sénégalais. Ensuite, il a été dans la gendarmerie, puis il est reparti en France à la fin des années 70. Moi, je suis né au Sénégal, alors que mes frères et sœurs étaient déjà en France.

Tu es passé par le PSG ?
Oui, chez les jeunes. D'ailleurs, Paris est toujours mon équipe préférée ! J'y ai obtenu mes premières vraies chaussures de foot, des Le coq sportif, sponsor de l'époque. Ensuite, je suis retourné à la Goutte d'or avant d'aller au Red Star.

Pourquoi es-tu parti en Belgique à la fin de saison 1994 ?
Le Red Star a refusé de me faire signer professionnel. Mon père était encore éboueur, ma mère femme de ménage à Barbès. J'avais besoin d'avoir un peu d'argent. Pas pour faire la java, mais pour aider mes parents qui avaient du mal à joindre les deux bouts. La Belgique est venue à moi par Éric Gerets. Il m'a demandé de passer. Je suis venu, il m'a fait jouer et après 45 minutes, je signais pro à 18 ans au RFC Liège.

Après plus de 7 ans passé là-bas, tu n'as jamais pensé à jouer pour les Diables rouges ?
J'ai eu une proposition à l'époque où Georges Leekens était sélectionneur. Le Premier ministre de Dehaene et Gerets m'avaient aussi encouragé, mais ça ne m'a jamais effleuré l'esprit. J'ai toujours été marqué « Sénégal » . Je voulais jouer pour la terre de mes parents, de mes grands-parents, de mes ancêtres. En fait, la question ne s'est jamais posée pour moi.

« J'ai parlé avec ma femme en lui disant : "Mais où c'est Auxerre ?" On a vérifié sur la carte, on s'est rendus là-bas. »

Comprends-tu par exemple que des Français, choisissent de jouer pour le pays de leurs parents ?
Bien sûr. La nationalité, ce n'est pas les papiers, mais une affaire de cœur. Bruno Metsu était français, il est devenu sénégalais. Chacun son cœur, chacun son envie ou ses principes. On n'a pas le droit de juger. Après, ce qui m'agace, c'est ceux qui le choisissent par défaut. Je n'ai pas été sélectionné par la France, du coup j'ai choisi le Sénégal. Ça me met hors de moi.

Comment s'est déroulé ton transfert à Auxerre en 2000 ?
Guy Roux m'a mis la main dessus et m'a dit : « Tu viens ! » C'est comme ça, grossièrement, que ça s'est passé. Il est venu avec Gerard Bourgoin (le président, ndlr) en Belgique. J'étais encore à Bruges à l'époque. J'avais d'autres propositions, mais Guy Roux et Pape Diouf, mon agent, ont su me convaincre. J'ai donc donné ma parole. Mais par la suite, j'ai parlé avec ma femme en lui disant : « Mais où c'est Auxerre ? » On a vérifié sur la carte, on s'est rendus là-bas. J'étais un peu réticent, mais Pape m'a rappelé quelque chose d'important que m'avait dit mon père : « Il faut toujours tenir sa parole. » Donc j'y suis allé. Je ne reviens jamais sur ma parole !

Ton retour dans l'Hexagone, était-ce une revanche vis-à-vis du foot français ?
Non, du tout. Le pied de nez s'est produit lorsque j'ai su que des dirigeants du Red Star étaient présents lors de la finale qu'on a gagnée face au PSG (2-1 en 2003). À la fin du match ils m'ont demandé mon maillot. J'ai gentiment refusé.


Dans une vidéo, Djibril Cissé a salué ta faculté d'adaptation lors de ton arrivée en Bourgogne.
C'est peut-être grâce à Guy Roux. Il a su voir mes points faibles et mes points forts. Il ne m'a jamais fait jouer contre nature, ni empêché de dribbler ou de prendre mes responsabilités. Et puis on est de l'école française. Elle aime le beau jeu, pas les bourrins. On aime ceux qui jouent au ballon, et je pense que ça a facilité mon intégration. Guy Roux a réussi à réunir des joueurs qui aimaient être ensemble.

Vidéo

Selon lui, tu étais parmi les cinq meilleurs du monde à ton poste.
J'ai toujours essayé de bonifier les équipes dans lesquelles je jouais. J'étais apprécié et respecté. C'est ce qui a fait ma carrière. Jusqu'à présent, des anciens coéquipiers m'appellent toujours. Lors de son dernier match (en 2005), Fernando Hierro m'a donné son maillot. Je lui ai demandé pourquoi. Il m'a répondu : « Parce que je t'apprécie. » Les gars de mon quartier sont plus fiers de ce que j'ai fait que moi-même. Ils se déplaçaient, pas pour le joueur, mais pour l'homme parce qu'on a vécu plein de choses ensemble. Tu donnes du respect, de l'affection aux gens, ils te le rendent. En revanche, parfois, tu dois aussi te comporter en homme et ne pas te laisser marcher dessus.

« J'étais un passeur, un meneur de jeu, un dribbleur, un "bonificateur" »

Tu dégages de la sérénité.
Je dégage de la sérénité, car tout ce qui arrive, c'est Dieu qui te le donne. Étant donné qu'il n'est pas mauvais, c'est forcément quelque chose qui te sera bénéfique. Par exemple, lorsque j'ai signé à l'Inter, j'étais heureux, pour moi c'était le Graal. Et là, on m'annonce que j'ai un problème au cœur. J'avais déjà signé mon contrat, j'avais déjà tout fait. Mais qui dit que s'il n'avait pas vu ça, je serais encore vivant aujourd'hui ? Donc c'est comme ça que je vois les choses. C'est ma ligne de conduite. J'ai 41 ans aujourd'hui, et il n'est pas question que je change. Et je sais que mon père et ma mère me regardent.

Elle te vient d'où, cette force ?
Mon père était éboueur. Il se levait à 4 heures du matin pour aller ramasser les poubelles. Ma mère était femme de ménage. Elle nettoyait, et les gens repassaient pour salir son travail. Quand tu as vu ça, plus rien ne te fait peur. Tu ne peux pas t’apitoyer sur ton sort. Je fais ce que des milliards de personnes rêveraient de faire. Je fais partie de ces millions de personnes qui réussissent, de ces milliers de personnes connues, de cette minorité de personnes respectées qui ont eu la chance de jouer la Coupe du monde. Comment veux-tu que je me plaigne ?

Comment peut-on définir ton style de jeu ?
Comment me vois-tu, toi ?

Comme un meneur de jeu.
Oui voilà. J'étais un passeur, un meneur de jeu, un dribbleur, un « bonificateur » .

À quel poste préférais-tu évoluer ?
Dans l'axe. C'est là où je me sens le mieux.

Mais à Auxerre, tu jouais sur un côté.
Oui. Guy disait que j'avais plus de faculté à défendre qu'Olivier Kapo. Mais quand il ne jouait pas, c'est moi qu'on balançait dans l'axe.


Le 22 octobre 2002, dans un match de Ligue des champions face à Arsenal (victoire 2-1), tu marques un but superbe. Tu me le racontes ?
Wow ! Je pense que c'est Jean Alain qui fait une sortie de la défense. Il tente un une-deux, mais il est contré. Le ballon rebondit quelques mètres devant moi, je sprinte pour lober Seaman du plat du pied. En fait, avec la vitesse, je ne tape pas le ballon, je le dépose. Car si je frappe, ça passe au-dessus, donc je mets juste un plat du pied !

Vidéo

Un grand moment pour le foot français...
Oui, c'était aussi un grand moment pour nous. Nous étions face à cette équipe d'Arsenal qui n'avait pas été battue depuis je ne sais combien de temps, à Highbury. Et puis c'était l'équipe de Patoche (Vieira), Thierry (Henry)... Que des Français, c'était chouette !


Parle-moi de Guy Roux.
À chaque match, il avait une anecdote à raconter. Tu jouais contre une 4e division, il te mettait tellement dans la position de l'outsider que tu étais obligé de te donner à fond. Tu te dis, le mec finalement est plombier, mais c'est peut-être juste un manque de chance. Guy Roux te faisait croire qu'il aurait pu devenir pro, s'il avait eu un peu plus de réussite. Ça te donne envie de te dépasser, de faire l'exploit.

« Moratti a tout fait pour que je joue, mais le médecin ne voulait prendre aucun risque, donc le président a décidé : si ça ne s'arrangeait pas, il me me payait deux ans de contrat. C'est ce qu'il a fait. »

C'est le meilleur entraîneur que tu aies eu ?
Psychologiquement, Guy Roux est très fin, très subtil. Après, tactiquement, Éric Gerets et Bruno Metsu, c'est très très haut.

Tu as commencé à l'évoquer plus haut, comment s'est passé ton transfert à l'Inter Milan ?
Ça s'est passé avant la Coupe du monde. Lors d'une interview en live avec Guy Roux, El-Hadji Diouf a vendu la mèche en lui disant « Vous savez Monsieur Roux, Khalilou a déjà signé à l'Inter ! » J'avais promis au président Moratti que j'irai à l'Inter, j'y suis allé. Même si après avoir donné ma parole, plusieurs autres équipes me demandaient.

Qu'est-ce que ça représentait pour toi ?
J'ai pensé au chemin parcouru. J'avais dit que grâce à Dieu et à mes parents, j'y arriverai. Grâce à eux, j'y suis arrivé. J'ai signé à l'Inter. Ils sont venus me chercher avec un contrat de 4 ans.

Malheureusement, ton problème cardiaque t'a empêché d'y jouer.
Oui, j'ai été interdit de jeu par le comité olympique, non pas par le médecin du club. C’était la fin de tout. J'ai rarement l'habitude de pleurer, mais là j'ai pleuré même devant des inconnus, Massimo Moratti et Marco Branca.

Quelle a été leur réaction ?
Monsieur Moratti, très digne, Pape Diouf, très classe. Moratti a tout fait pour que je joue, mais le médecin ne voulait prendre aucun risque, donc le président a décidé : si ça ne s'arrangeait pas, il me payait deux ans de contrat. C'est ce qu'il a fait.

Classe...
Moratti, tout le monde le sait, Ronaldo l'a dit, c'est un grand, un très grand monsieur, il a un cœur énorme.

Malgré ce revers, tu rebondis à Bolton en Angleterre, mais là-bas, tu es victime d'une attaque cardiaque.
À l'échauffement d'un match de coupe contre Tottenham, j'ai eu un malaise. Mon docteur a préféré prendre les devants en me posant un défibrillateur derrière les côtes. Après qu'on m'a implanté ça, j'ai pu continuer à jouer. Aujourd'hui, la chance que j'ai, sauf rappel du Tout-Puissant, c'est de ne pas pouvoir subir d'arrêt cardiaque parce que j'ai un défibrillateur à l'intérieur de moi.

Ta façon d’appréhender le football a-t-elle changé avant et après l'opération ?
Non, j'ai toujours gardé cet amusement et cette volonté de montrer aux sceptiques que Khali est là, faire plaisir à mes proches, mes supporters et à moi-même. Certaines personnes ont prié pour moi, alors que je ne les connaissais pas, je me devais d'être noble sur le terrain.

« Marcel Desailly parlait d'un match folklorique. Même le sélectionneur (Roger Lemerre, ndlr) nous a manqué de respect. Il ne connaissait que Diouf, Toni Sylva et moi »

Comment as-tu vécu, à titre personnel, la Coupe du monde 2002 ?
Pour moi c'était l'apothéose. Pas seulement par le fait de battre la France (1-0), mais Dieu a fait qu'on tombait face aux gars qu'on connaissait, des mecs issus d'un pays dans lequel nous évoluions. Nous sommes tous franco-sénégalais. Ces gars, on les côtoyait dans les centres de formation, et puis la France, c'était l'ancienne colonie. On se devait de les battre.

Vidéo

Pendant l'hymne face à la France, tu souris, à quoi penses-tu ?
J'ai eu un flashback de tout ce que j'ai vécu. J'ai pensé à ma famille et à mes potes de quartier, les gars de la Goutte d'or. Je me suis dit : « Ces imbéciles-là (rire)avec l'hymne, ils vont tous être devant la télé et au moment où on va me voir ils crieront "Popopo, il est là. Ils vont se foutre de ma gueule (rires)". » Petits, je leur avais dit que je jouerais la Coupe du monde.

Certains Français ne comprennent pas l'importance d'une telle victoire face à la France.
C'est difficile pour eux de comprendre parce que l'histoire a été écrite à leur avantage. La France, le pays dominant, champion du monde, le colonisateur et toutes ces choses-là. C'était comme si le Brésil tapait le Portugal. Pour le Sénégal, c'est la même chose. Sur le continent africain, nous sommes considérés comme les petits Français. C'est jouer contre les gens auxquels on a envie d'expliquer : « On a le total respect, mais nous avons un détachement. Le Sénégal, c'est chez nous. Nous ne sommes plus les colonisés. » Tout ça est entré en jeu. On jouait pour nous, nos parents, nos ancêtres, on jouait pour l'histoire du Sénégal, mais sans aucun esprit de revanche.

Avant la rencontre, on ne vous a pas pris au sérieux.
Oui, ça nous a galvanisés dans le combat psychologique qu'on a eu avec les Français. Ce manque de reconnaissance, ce manque de respect, d'humilité de leur part, nous a agacés.

On repense à la phrase de Michel Platini : « On ne boxe pas dans la même catégorie » ...
Des phrases assassines, y en a eu. Platini qui dit ça, Pelé qui déclare que nous serons les Jamaïcains de cette Coupe du monde. Marcel Desailly parlait d'un match folklorique. Même le sélectionneur (Roger Lemerre, ndlr) nous a manqué de respect. Il ne connaissait que Diouf, Toni Sylva et moi, alors que beaucoup d'entre nous jouaient en France. Les Danois et les Uruguayens, il les connaissait tous. Selon leurs dires, ils allaient nous enjamber, même pas nous écraser, nous « em-jam-ber » ! C'est encore pire ! On s'est dit : « Eux, faut qu'on les mette bien » et on les a mis bien. Les seuls qui nous ont respecté, mais je pense que c'était dû à l'amitié qui nous liait, c'était Henry, Cissé, Wiltord et Pirès.

Vous saviez que vous alliez gagner ?
On savait qu'on allait les fumer ! C'était clair et net. On est venus avec le couteau entre les dents. Tu n'imagines pas si on avait perdu, l'humiliation pour nous, nos parents, nos ancêtres et le pays. Tu imagines ! On ne pouvait pas perdre ! Avec le recul, certains diront que c'est facile de parler maintenant ! Pourtant on l'avait dit dans le DVD La Tanière des Lions. Et puis le président Wade l'avait dit : « Comment un coq peut-il venir terrasser un lion ? »

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Qu'est-ce que tu retiens le plus, accéder aux quarts ou le match face à la France ?
Franchement, je n’enlève rien, je prends tout. Chaque moment a son importance. On ne pourra jamais m'enlever ces moments-là.

Est-ce qu'il ne manque pas à ta génération un titre en Coupe d'Afrique pour être à la hauteur de la légende ?
Oui, sans doute.

Si je te dis que tu étais meilleur qu'El-Hadji Diouf ?
Non, on est différents. Même si lorsqu'il a reçu le deuxième Ballon d'or africain, il m'a dit qu'il pensait que j'allais l'obtenir. Certains diront que je suis plus technique, qu'il est un petit peu individualiste, mais c'est son rôle. Dans son domaine, c'était le meilleur et dans le mien, j'étais l'un des meilleurs.

Que penses-tu de son comportement « reew » (impoli en wollof, ndlr) ?
Ce sont les gens qui le voient comme ça, donc c'est compliqué de dire qu'il l'est, parce qu'avec moi, il ne l'est pas. Après, on a un comportement différent l'un de l'autre. Il reste mon ami et, avec moi, il ne peut pas le faire. Je pense qu'il dit la vérité à sa manière. On n'est pas pareils, mais je ne peux pas expliquer pourquoi les gens le voient comme ça. Je pense que c'est ça qu'il leur montre. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il a donné beaucoup de bonheur au Sénégal. On ne peut pas demander à un humain d'être parfait. Il ne faut pas regarder Diouf qu'à travers les crachats, ce serait très réducteur.

Les supporters sénégalais ne sont-ils pas trop exigeants avec la génération actuelle ?
Notre génération était exceptionnelle, les gens sont nostalgiques. Pour leur retirer ça, il faut leur donner quelque chose d'encore mieux, ce qui n'a pas encore été le cas. On ne perdait presque jamais. Tous les joueurs qui composaient cette équipe étaient à leur sommet.

Propos recueillis par Flavien Bories
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