On était sur le vol AF 990...

Paris/Johannesbourg, 8626 km, 11 heures de vol et un avion qui déborde de partout. Des guests, des joueurs et des supporters un peu perdus, tous en direction d'un pays où l'on annonce surtout des viols, du sida et un peu de football...

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Mardi 8 juin 2010, aéroport Charles de Gaulle, terminal 2E, comptoir Air France. « Alors vous, on peut dire que vous en avez de la chance, c'est qu'il y a du beau monde ce soir sur le vol, ah si, y'a du Aimé Jacquet, du Christophe Josse, du Thierry Rolland quand même » . L'employé qui enregistre les bagages en a presque les larmes aux yeux, « et sinon vous, vous y allez pour quoi là-bas ? » , “pour faire la même chose qu'eux”, « ah bon ? On dirait pas... De toute façon pffff, la France, ils sont nuls, ils vont rien faire » . Manifestement chez Air France, on embauche des connaisseurs.
Porte E 54, un homme est assis seul sur la première rangée de sièges, il est en avance, n'a pas de journal, ne lit pas de livres, le regard est porté vers l'horizon quelque part entre l'ennui et le néant, cet homme s'appelle Raynald Denoueix. David Berger, spécialiste à ses heures perdues, arrive un peu plus tard et vole à son secours.

Dans le hall d'attente, on croise surtout des supporters mexicains surexcités mais pas que. Là-bas au fond, une femme bien trop blonde et un monsieur à l'allure menaçante encadrent un jeune homme Adidas de la tête aux pieds, ressemblant furieusement à André-Pierre Gignac. Et pour cause, c'est son frère. Un peu plus loin, on reconnaît le journaliste uruguayen Victor Hugo Morales, célèbre surtout pour avoir commenté en direct l'œuvre de Dieu, un commentaire désormais presque aussi culte que le but lui-même. Morales promet le sourire aux lèvres une interview qu'il n'accordera jamais.

A quelques minutes d'embarquer, se pointe l'air défiant et le cheveu court, une bande de types en costards. Notre connaissance manifeste de la chose footballistique nous permet d'identifier assez facilement parmi eux, Marek Hamsik, Robert Vittek et Martin Skrtel. Et de comprendre que la sélection de Slovaquie fait partie des 522 passagers qui composent l'Airbus A380, le plus gros avion civil en service affrété par Air France pour emmener tout ce beau monde en Afrique du Sud.

Dans l'appareil, la compagnie nationale a tenu à marquer l'événement par une sélection de films en liaison directe avec le football : le vomitif “3 Zéros” de Fabien Onteniente, le complètement raté “Maradona Par Kusturica” d'Emir Kusturica et le franchement drôle “Didier” d'Alain Chabat. Histoire d'être plus confort, l'un des membres de la délégation slovaque décide d'ôter son costume, offrant la vision de ses muscles nerveux au reste des passagers, pour le remplacer par un t-shirt noir floqué Fight Club en jaune pétant du meilleur goût.

Aux alentours de 3h37 et malgré l'heure tardive, le frère Gignac est comme absorbé par son écran personnel, aucune indication néanmoins sur le contenu du programme, mais une certitude chez les Gignac, il n'y a pas d'heure pour se cultiver.

Avec un peu de retard, l'avion se pose finalement à OR Tambo, Johannesbourg. Le personnel sud-africain de l'aéroport peut même se vanter d'un exploit : face à la caméra thermique qui détecte les fièvres dangereuses, ils ont réussi à faire enlever à Aimé Jacquet ses mauvais verres fumés, une véritable prouesse que même Canal + n'a jamais réalisée. Reste plus qu'à raser ce vilain bouc et la Coupe du Monde 2010 pourra enfin commencer.

Par AG et JPS, à Johannesbourg

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