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On était sur le tournage de « M.F.C »

« M.F.C. » , le dernier morceau de Pone (Sarh, ex-Birdy Nam Nam) issu de Radiant, son premier opus solo, vient de sortir. Au printemps dernier, So Foot était présent lors du tournage du clip. Derrière la caméra, deux jeunes réalisateurs : Jo Vuk et Léo Ks. Et devant, l'équipe un peu particulière du Ménilmontant Football Club et ses nombreux supporters...

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En ce soir de mai 2016, dans la ville des Lilas (Seine-Saint-Denis), des habitants assistent à une scène presque banale en banlieue parisienne : deux jeunes en scooter roulant sans casque sont stoppés par une voiture de police gyrophares allumés. Pour autant, aucune arrestation ou contrôle d'identité aujourd’hui puisque les deux jeunes tournent actuellement une scène du clip de « M.F.C. » , le dernier morceau de Pone sorti il y a quelques jours. «  Les flics avaient été appelés pour un groupe de personnes armées et étaient assez stressés  » , explique Minh, le conducteur, amusé. « En réalité, c’étaient juste des supporters qui jouent aussi dans le clip... La production est direct allée les voir et ils sont vite repartis. »


Écrit et réalisé par Léo KS et Jo Vuk, ce clip retrace en effet le périple d'un jeune homme poursuivi par la police et finalement aidé par des joueurs et supporters d'une équipe de football... « Dj Pone est un ami de longue date » , raconte Léo entre deux prises, « je l’ai souvent accompagné en tournée comme photographe et ça faisait un moment que l’idée de réaliser un clip pour lui me travaillait. Il m’a fait écouter son album pendant le mixage et j’ai tout de suite bloqué sur ce morceau. » Comme Pone, les deux réalisateurs sont également proches du milieu des ultras. « On a donc élaboré une histoire à partir de l’envie de filmer du vrai football et des supporters  » , indique Jo.

Joueurs et supporters ensemble


Pour cela, le duo s’est tourné vers le Ménilmontant Football Club (MFC). Club de football amateur de l'Est parisien créé en 2014 en « opposition aux réalités actuelles du football moderne telles que l’omniprésence de l’argent, l’hyper-sécurisation des stades ou la répression des supporters  » , détaille Pauline, l'une de ses membres, ce dernier possède un mode de fonctionnement horizontal. « Toutes les décisions sont votées par les joueurs et les supporters » , précise-t-elle. Et le concept semble fonctionner, puisque le club affilié à la Fédération française de football vient de monter en 3e division de district de Seine-Saint-Denis, compte une trentaine de licenciés et une cinquantaine de supporters particulièrement actifs à domicile comme à l'extérieur. «  À sa création, on souhaitait vraiment que notre club soit constitué de joueurs, mais aussi des supporters » , poursuit Pauline tout en s’allumant une cigarette. « Au début, c’étaient les potes qui venaient et au fur et à mesure des gens de tous les horizons se sont greffés. On ne s’attendait pas à un tel engouement. »


Hétéroclite, le public réunit des habitants (ou des habitués) du quartier de Ménilmontant, d’anciens ultras et des personnes venues d’un peu partout, tous se retrouvant dans l’esprit populaire de ce club. « Le MFC a un truc presque décalé avec les équipes qu'il affronte » , soutient Pone. « Ils arrivent à 40/50, sur-motivés pour le match, alors que leurs adversaires ont juste leurs potes ou leurs cousins pour les encourager... »


Pour Jo Vuk, qui a assisté à plusieurs rencontres du MFC, la « rythmique des tifos et la colorimétrie engendrée par la pyrotechnie utilisée par les supporters tapent dans l’œil. En tant que réalisateur, tu te dis direct qu’il faut que tu fasses un truc avec ça ! En plus, avec le Ménil FC, on a un côté surréaliste entre la division du club et le nombre de supporters. Bien souvent il n’y a même pas de tribunes, et on voit pourtant des drapeaux de partout et des fumigènes. C’est vraiment filmique. » « Ce clip possède avant tout un propos artistique  » , rappelle Pone. « Et les ultras apportent quelque chose de vraiment très esthétique. »

Les codes du supporterisme


Aux Lilas, le jour se couche doucement. Sous un ciel devenu rosé, une nouvelle scène débute. Le silence est demandé. « Moteur, ça tourne, action ! » , puis plusieurs dizaines de supporters du MFC, spécialement mobilisés pour l’occasion, s’approchent de membres de la Brigade anti-criminalité. Certains allument des fumigènes, tandis que d’autres les lancent. Les gestes sont précis et le groupe est soudé. Les (faux) policiers esquivent tant bien que mal sous les hurlements des (vrais) ultras. Un grand « Coupé ! » résonne et la pression retombe enfin. Sur le trottoir, Nicolas Duvauchelle, jouant le rôle d’un des flics dans le clip, mime la scène qui vient d’être jouée. Intrigué par le bruit, un voisin descend de chez lui et offre des bières à l’équipe.


Pendant de longues minutes, les réalisateurs alternent les plans et enchaînent les prises, ça commence à râler du côté des supporters... « On n’est pas vraiment habitués à ce genre de choses, avoue l’un d’eux entre deux prises, les gens s’impatientent, car ils ne comprennent pas qu’il faut répéter la même scène plusieurs fois. » Pour Pikloo en revanche, la concentration est maximale. Joueur du MFC ( « milieu défensif ou relayeur » ), il incarne le jeune homme poursuivi par la police dans le clip et assure s’être « préparé pendant des heures à jouer des émotions  » . Si certaines scènes ont été difficiles, d’autres sont en revanche plus naturelles pour lui : « Les scènes de cortège notamment ont été plus faciles à tourner puisqu'on en fait de temps en temps. C'est un univers dans lequel on baigne. »


Arrivé au stade pour jouer les scènes de tribunes, l'attention revient enfin grâce à l’impulsion de plusieurs membres du club. Les dizaines de supporters grimpent dans les gradins et enjambent les sièges avec aisance pendant que les bâches sont déroulées avec rapidité. Au signal, quelques visages se masquent et les chants commencent à être entonnés. Derrière les caméras, les scènes paraissent très réalistes, les supporters répétant simplement les gestes et les chants qu’ils font tous les week-ends... Voire même en mieux ! « Je crois qu’on n’a jamais tenu certains chants aussi longtemps » , avoue Pauline en riant. Léo Ks paraît satisfait en visionnant les premières images : « On a de la chance de tourner avec un vrai club et ses supporters. Ça n’aurait pas été pareil avec des figurants, ils savaient exactement ce qu’ils avaient à faire et nous ce qu’on avait à tourner. Ça s’est fait naturellement, et tout le monde a joué le jeu. » Quant à Pone, il est visiblement ravi. « Au début, j'étais un peu stressé » , concède-t-il. « C'est un clip avec très peu de moyens, mais réalisé grâce à la détermination des réalisateurs et la générosité des acteurs. J'ai été très touché, et à la fois très gêné, de voir tous ces gens prendre sur leur temps pour venir... »

« Moderne, cosmopolite et solidaire »


Présent sur de nombreux terrains (lutte contre les discriminations, soutien aux réfugiés...), le MFC a également accepté de participer à ce projet afin de rendre visibles certaines de ses valeurs. Lors des scènes de match par exemple, c'est une jeune femme qui a été choisie pour jouer le rôle de l’arbitre. Un choix justifié par les deux réalisateurs : « Quand on a élaboré le scénario, on s’est dit que ça allait faire beaucoup de mecs. Même si le MFC se distingue des autres clubs par ses valeurs d’anti-sexisme et par une présence féminine dans ses tribunes, elles restent minoritaires. Du coup, on a trouvé cool que la personne qui fasse la pluie et le beau temps sur le terrain, c'est-à-dire l'arbitre, soit une femme. »


Un rôle fort, mais stressant pour Lisa, supportrice du Ménilmontant Football Club et actrice d'un soir. « J'appréhendais un peu, c'est technique l'arbitrage » , explique-t-elle juste après le tournage. « Mais dès les premiers plans, les joueurs m'ont bien aidée. Ça a été un tout petit peu plus mouvementé au moment de la faute, où je devais sortir le carton rouge. Être la fille qui doit calmer vingt-deux mecs énervés sur un terrain de foot, ce n'est pas évident... Ils étaient tellement sérieux, tellement dans le truc que ça en devenait hyper drôle. Parfois, je leur disais : "Hey les gars, tranquille, ça tourne plus là." »


Autre combat cher au club : les abus policiers. « Il s’agit d’un sujet important pour nous » , souligne Pauline. « Nous essayons d'être présents au maximum sur les actions menées par des collectifs luttant contre les violences policières et leur impunité, et nous affichons régulièrement notre soutien aux victimes par le biais de banderoles déployées pendant les matchs. Ça été le cas pour Lamine Dieng, tué près de Ménilmontant en 2007, ou pour Zyed et Bouna, deux collégiens électrocutés dans un transformateur EDF il y a dix ans après avoir été poursuivis par la police pour rien...  »

Un drame qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler les premières secondes du clip... « La violence est la méthode de maintien de l’ordre en tant que telle, c’est quelque chose qui est instauré dans l’institution Police, une pratique normative et pas une déviance de quelques individus  » , poursuit Jo Vuk accoudé à la main courante autour de la pelouse après cette longue soirée de tournage. « Donc oui forcément, c’est un point qu’on avait envie de mettre en scène. Et par opposition à cette froide institution, un groupe solidaire et uni envers et contre tout... C’est ça aussi l'ambition de ce clip : montrer une image résolument moderne, cosmopolite et solidaire du football amateur où les valeurs d'entraide prédominent.  »

Vidéo


Par Laura Kotelnikoff
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