1. //
  2. // Infiltré

On était place Beauvau pour la réunion sur l'Euro 2016

Bernard Cazeneuve, Patrick Kanner, Thierry Braillard, Alain Juppé et Jacques Lambert. Mardi matin, le casting était de qualité, place Beauvau. Mais le blockbuster annoncé s'est rapidement transformée en nanard, au grand dam des dizaines de journalistes présents au ministère de l'Intérieur.

Modififié
87 2
Il est 10h30, ce mardi matin, lorsque la vingtaine de journalistes présents dans la cour de l'hôtel de Beauvau est invitée à pénétrer à l'intérieur du ministère du même nom. L'annonce sonne comme une libération, pour la bande qui patiente dans un froid glacial depuis une bonne heure, parquée derrière un cordon, dans l'attente d'une déclaration commune de Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Thierry Braillard, secrétaire d’État aux Sports, Alain Juppé, président du club des sites hôtes de l'Euro 2016, et Jacques Lambert, président de la société Euro 2016, en conclusion de leur réunion sur la sécurité de l’Euro 2016.

« Qu'est-ce qu'il fait là, Alain Juppé ? »


Convoqués à 9h30, un horaire souligné sur l'invitation reçue la veille par l'ensemble des rédactions, les représentants de la presse, une fois leurs cartes de presse consignées, leurs sacs scannés, leur blousons ouverts devant les forces de l'ordre et leurs badges accrochés autour du cou, ont eu tout le loisir de vérifier que oui, l'hiver s'était bien invité dans la capitale. Pour patienter, les journalistes de la presse écrite fument en répondant à leurs mails via leurs smartphones, tandis que les JRI et photographes cherchent le meilleur spot pour immortaliser l'arrivée des stars du jour. Vers 10h15, le ballet des berlines Peugeot démarre. C'est Jacques Lambert qui débarque le premier, suivi de près par Alain Juppé. Les « clic-clacs » des déclencheurs d'appareils photo résonnent, sous les yeux de Nathalie Iannetta, la conseillère sur les dossiers liés au sport et à la vie associative de François Hollande, sortie s'en griller une et prendre des nouvelles de ses anciens collègues journalistes. C'est ensuite au tour de Thierry Braillard, de passer sous les objectifs, puis de Patrick Kanner, qui provoque un « c'est qui, lui ? » , de la part d'une journaliste de la presse généraliste, qui s'interroge également sur la présence d'Alain Juppé. « C'est parce que c'est le président des sites hôtes » , lui apprend le responsable de l'accueil, provoquant un « Aaaah » de surprise chez la quarantenaire. Une fois tout ce beau monde au chaud, ce même responsable annonce que « c'est bon, on n'attend plus personne, Benzema et Valbuena ne viendront pas » . La vanne est faible, les sourires polis, les mains frigorifiées. Le temps de fumer une dernière clope, et il est enfin temps de s'installer au chaud.

Les fan-zones maintenues


Une fois le pas de la porte franchie, la presse est dirigée vers la salle Érignac, dans laquelle est accroché un portrait de l'ancien préfet de la Corse-du-Sud, assassiné en 1998. Les envoyés des chaînes de télévision installent leur caméra au son d'un technicien – son pantalon treillis ne trompe personne – qui raconte sa vie au micro, afin que les preneurs de son règlent leurs appareils. C'est l'homme que l'on entendra le plus, ce matin. Ce petit monde installé, et requinqué par un café de qualité très moyenne, dont l'unique intérêt est de réchauffer, la déclaration commune peut enfin démarrer. Il est 11h02. Réuni autour du pupitre, le club des cinq a l'air grave. C'est Bernard Cazeneuve qui s'exprime en premier, en démarrant par un « Nous devions nous réunir pour nous adapter au contexte » , avant d'enchaîner sur la nécessité que « les fan-zones puissent être organisées » pendant l'Euro. Patrick Kanner enchaîne en répétant que « les fan-zones restent la priorité » en matière de sécurité, Alain Juppé se réjouit de la bonne entente entre les cinq larrons, et Jacques Lambert conclut en disant que les fan-zones étant obligatoires, comme stipulé dans le cahier des charges, « elles ne sont pas remises en cause » . Quant au dispositif de sécurité, Bernard Cazeneuve indique simplement qu'il faudra « l'adapter suivant l'évolution de la situation » . Les enseignements des « incidents » au Stade de France seront tirés, des caméras supplémentaires seront installées, et les fameuses fan-zones devront être installées dans des lieux fermés. Le tout en restant très vague quant aux moyens mis en place, et leur coût. Le tout est plié en dix minutes, et peut se résumer par : « On est en novembre, l'Euro aura lieu en juin, on ne sait pas ce qu'il peut se passer d'ici là, mais on se devait de vous le faire savoir. » Les journalistes, en quête de chiffres, sont ensuite autorisés à poser quatre questions, qui recevront des réponses aussi précises qu'un centre de Bacary Sagna. À 11h23, la séance est déjà terminée. Personne n'a eu le temps d'enlever son blouson.



Par Mathias Edwards, place Beauvau
Modifié

Roland Gland Niveau : DHR
Moi j'ai bien aimé la vanne Benzema-Valbuena.

Sinon il faut quand même souligner que l'organisation des fans zone est un peu ambitieuse, à 7 mois de la compétition alors qu'on ne connait pas encore les effets de la réforme sur le renseignement et que les services anti terroristes semblent en sous effectif.

Aucune information sur le filtrage-préfiltrage. Ils ne donnent non plus aucune indication sur un controle des billets nominatifs avec CI pour le/les filtrages. Aucune information sur d'éventuels detecteurs de métaux ou sur les palpations. C'est un peu léger comme réunion d'information.
Greenbashing Niveau : District
Non mais, euh...je, vraiment?

Les gars, s'il n y avait rien à dire sur cette réunion, passez-le en brève et épargnez nous le storytelling bancal. Svp.

Le Kiosque SO PRESS

Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
87 2