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  1. // Les épopées de la Coupe de France
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« On était invités partout, dans les bars, les discothèques »

En 2006-2007, le club bourguignon du FC Montceau se paye notamment Bordeaux et Lens, avant de tomber en demi-finales sous les honneurs face à Sochaux. Mickaël Berger, le défenseur, se souvient.

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Quand tu repenses à ce parcours, quelle est la chose qui ressort en premier ?
C'est merveilleux de pouvoir se frotter au monde professionnel. Il devait y avoir 2-3 étudiants, 3-4 qui bossaient à côté, et le reste, c'étaient des contrats jeunes, fédéraux. Tout le monde avait des occupations. Mais dans l'équipe, sur un groupe de 16, il y en avait 10-12 qui étaient passés par des centres de formation et avaient tenté de devenir pro. C'était une petite revanche.

Au regard de votre parcours, tous les matchs semblent être faits de scénarios rocambolesques. Tu te souviens de toutes les difficultés ?
C'était chaotique au début. Au 3e ou 4e tour, on manque de se faire sortir contre une promotion de Ligue. On perd 2-1 à dix minutes de la fin et, finalement, on gagne 4-2. Et ensuite, on a eu un tirage assez défavorable, on a eu beaucoup de déplacements. Chez des CFA, CFA 2. Juste avant les 32, on était à Montluçon qui était en CFA, on fait 2-2 à la fin du temps réglementaire, 5-5 à la fin de la prolongation et 10 penalty à 9. On s'est dit qu'une fois passé ce match-là, on ne pouvait plus s'arrêter. Dans le vestiaire, un ancien nous disait que son rêve, c'était de monter à Paris et de voir le président de la République au Stade de France. Alors à tous les matchs, on se disait ça.

L'épopée proprement dite commence vraiment à Bordeaux. Comment as-tu appréhendé le fait de jouer une Ligue 1 ?
C'était la première fois. Il y avait quasiment 10 000 personnes dans le stade, c'est intimidant. Mais on est bien entrés dans le match, on domine les 15-20 premières minutes et on prend un but juste avant la mi-temps. On pousse, on pousse, et on marque un but un peu venu de nulle part à la 90e. On est menés à nouveau au score en prolongation, et ensuite, coup franc de 50 mètres dans la boîte, le défenseur bouscule Ramé et il relâche la balle. Elle est rentrée, pas rentrée, on ne sait pas. Mais l'arbitre de touche a indiqué au central que c'était validé. En plus, je venais de perdre ma maman une semaine avant. Donc c'est la première chose à laquelle j'ai pensé. Je crois que j'avais réservé 100 ou 150 places pour ma famille et mes amis. Et à la sortie, je les vois, ça fait bizarre. Et puis certains joueurs de Bordeaux étaient vraiment gentils. Mavuba et Chamack, ils nous ont dit qu'on avait mérité de passer et que si on répétait la même performance, on pouvait aller au bout. Et on sentait que c'était sincère.


L'engouement dans la ville augmente à ce moment-là ?
C'est monté crescendo. Au début, il y avait un emballement sans plus, et puis quand on a battu Bordeaux, c'est monté. Ça a été des écrans géants sur Montceau-les-Mines, on a été accueillis à la mairie, on a fait des séances de dédicaces, c'était impressionnant. C'étaient des gens qu'on côtoyait tous les jours. Ça a duré un petit moment. On en parle encore fréquemment encore aujourd'hui. Et c'est vrai qu'on aimait bien sortir vu qu'on était invités partout, dans les bars, les discothèques.

Arrive ensuite Lens en quarts…
Lens, ça montait en intensité, car on se disait que si on gagnait, on n'était plus qu'à deux matchs du stade de France. Et le stade était à guichets fermés, il y avait encore plus de monde, plus d'engouement. Paradoxalement, c'est le match qu'on a le plus maîtrisé, de la 1re à la 90e minute. Les coachs nous l'ont dit à la mi-temps, qu'on maîtrisait, qu'on devait pas lâcher, que les occasions qu'on avait eues allait finir par rentrer. Et puis, on marque sur penalty, et le public nous a énormément poussés pour tenir. Surtout après le penalty. On s'est dit que c'était hors de question qu'on lâche dans le dernier quart d'heure.

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Malheureusement pour toi, l'aventure s'arrête avant le Stade de France contre Sochaux. Tu penses que vous auriez pu faire mieux ce jour-là ?
C'était un match assez fermé, il y a une ou deux frappes cadrées durant la rencontre. Sochaux l'avait joué à fond, car ils n'avaient plus que ça à jouer. Donc ils étaient assez motivés et on prend un but au début de la prolongation, ça a déstabilisé l'équipe. Ensuite on pousse, on pousse, on tape le poteau, et on prend le but à la fin. On était vraiment déçus, car on était à une marche de la finale. Mais avec le recul, on regarde tout ce qu'on a fait et on est fiers. Quoi qu'il arrive, on sera liés par cette Coupe de France.


Justement, vous reparlez souvent de cette épopée avec tes anciens partenaires ?
Oui, ça revient tout le temps à table, j'ai gardé les DVD des matchs, donc de temps en temps, on regarde les matchs entre potes. Et l'année prochaine, ça fera dix ans, on va essayer de se refaire un match avec les anciens qui sont partis.


Propos recueillis par Raphaël Gaftarnik
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