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On était au retour de Landon Donovan

Deux ans après avoir pris sa retraite, Landon Donovan, 34 ans, a annoncé la semaine dernière son retour dans l'effectif du Los Angeles Galaxy, le club qui lui a accordé le statut de légende. Ce dimanche après-midi, sous le soleil californien, les supporters du plus gros palmarès de MLS lui ont réservé une standing ovation et leurs plus beaux tee-shirts à message, pour les premières minutes du reste de sa vie, face à Orlando.

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Un dimanche après-midi presque normal dans la ville la plus cool du monde. Comme tous les dimanches après-midi, les habitants de Los Angeles ont le choix : engloutir un brunch hors de prix à Venice avec des amis ; promener leur chien le long de la plage de Santa Monica ; faire vrombir le moteur de leur lowrider sur Crenshaw Boulevard. Au milieu de cette multitude d’options, 27 167 d’entre eux ont décidé de grimper dans leur voiture, d’emprunter l’Interstate 110, puis la Garden Freeway, et de sortir à Carson pour payer entre 5 et 15 dollars pour se garer sur l’un des parkings de la California State University Domínguez Hills. Le Los Angeles Galaxy doit affronter Orlando City à 16h au Stubhub Center voisin, mais, à ce prix-là, la plupart des spectateurs ont préféré arriver tôt. Ils ont déplié leur table en plastique et leur siège en toile, allumé le barbecue, décapsulé les Budweiser et les Miller’s Lite. Certains s’affrontent au Beer Pong. À se demander pourquoi le site internet du Galaxy avait cru bon de conseiller aux fans d’arriver plus d’une heure avant le coup d’envoi. La réponse est inscrite au dos du tee-shirt de Kevin, qui sirote sa bière dans l’espace réservé à l’Angel City Brigade, le principal groupe de supporters du club : « 19 octobre 2014. Dernier match à domicile de Landon Donovan en saison régulière. Merci Landon ! » Kevin, enthousiaste : «  Avec un peu de chance, aujourd’hui, ce tee-shirt sera obsolète !  »

« Beckham, take me with you »


Trois jours plus tôt, Landon Donovan a en effet créé la surprise en annonçant son retour au LA Galaxy sur son compte Facebook. Donovan, le grand espoir de la Coupe du monde 2002, l’un des frissons de l’édition 2010, qui n’est jamais parvenu à percer en Europe, a passé presque toute sa carrière dans le club californien, inscrivant 112 buts en 247 matchs, participant à quatre de ses cinq titres en MLS. Peut-être la meilleure preuve que l’Amérique commence à comprendre ce sport qu’elle appelle de moins en moins soccer et de plus en plus football : malgré les débardeurs féminins « Beckham, take me with you » créés lors du départ du Spice Boy et encore vendus dans la boutique du stade, Landon Donovan est ici considéré comme la Légende. Ce qui n’a pas empêché la surprise des fans à l’annonce de son retour. Donovan ne s’est en effet pas entraîné depuis son départ en retraite, il y a deux ans, et son come-back risque fort de faire pschitt. Sur les réseaux sociaux, Landon a dû s’expliquer. Il y a deux semaines, il était consultant pour le match du Galaxy face aux Vancouver Whitecaps, lors duquel il a vu Jelle Van Damme, Steven Gerrard et Gyasi Zardes se blesser, avant que Nigel de Jong, arrivé en janvier dernier, ne reparte déjà donner des coups de crampons de l’autre côté de l’Atlantique, à Galatasaray. Lancée comme une blague lors d’une discussion avec le staff du club, l’idée de son retour a fait son chemin jusqu’à devenir une évidence. « Je suis tellement attaché à l’institution du Galaxy, et je crois que je peux aider à mon petit niveau l’équipe dans sa quête d’un sixième titre MLS » , écrit-il alors. Avec un petit supplément de bons sentiments à l’américaine en bonus : le premier enfant de Donovan, Talon, est né en janvier dernier, et « rien ne pourrait me rendre plus heureux que de me tenir sur le terrain avec Talon et le reste de ma famille pour fêter le sixième titre, le 10 décembre prochain » .

Burritos, clapping et One Direction


Trois jours après l’annonce, Landon est donc là, pieds nus et le regard pointé vers l’horizon, assis sur une balustrade au bord d’une plage californienne, probablement celle de Manhattan Beach, où il réside. La photo dédicacée fait office de poster central au programme de la rencontre face à Orlando City. Avec sa dégaine de boy next door, Landon Donovan est partout au Stubhub Center. Dans la boutique, évidemment, où son maillot floqué du numéro 26 s’arrache déjà. Sur les tee-shirts des fans, qui annoncent que « the king is back » . Dans leurs conversations, au milieu des infinies files d’attente du Rock and Brews (qui vend de la bière et affiche des photos de John Lennon ou Jimi Hendrix), du My Father’s Barbecue ou des autres innombrables stands proposant des pintes ou des margaritas à dix dollars, des jus de fruits exotiques, des burritos, des hot-dogs ou encore des abonnements au Los Angeles Times. Il est aussi sur le grand écran qui surplombe une vaste étendue d’herbe, derrière l’un des buts, où les enfants jouent au... football américain. Le seul endroit où n’est pas Landon Donovan, pour le moment, c’est sur le terrain. «  On savait qu’il ne serait pas titulaire, mais on espère qu’il va entrer en jeu et qu’il ne sera pas trop cramé  » , souffle un membre de la LA Riot Squad, le deuxième groupe de supporters du Galaxy, entre deux clappings. Avant le coup d’envoi et après un moment de silence, Jeff Smith, un pompier de Los Angeles, entonne l’hymne national a cappella pour commémorer les quinze ans du 11 septembre. Des feux d’artifice sont tirés. Puis « This is LA » , l’hymne très punk-rock du Galaxy, retentit dans les tribunes. Le suspense est à son comble.


Et le scénario de la rencontre ne joue d’abord pas en la faveur du retour de la Légende. À la 20e minute, Kevin Molino ouvre le score pour Orlando et court se jeter dans les bras de Kaká, venu se faire oublier en Floride il y a deux ans. Chouchou des supporters, c’est le Mexicain Giovani dos Santos qui va se charger de renverser la vapeur en inscrivant deux buts (dont un penalty) et en étant à l’origine de l’action amenant celui de son coéquipier chevelu Alan Gordon. En deuxième période, Gio offre aussi le quatrième but de son équipe à Robbie Keane, entré à l’heure de jeu. Les dés sont jetés. L’écran du stade n’avait jusque-là servi qu’à diffuser les ralentis des buts sponsorisés par les stations service 76, à faire applaudir Colin Hanks (fils de Tom et acteur lui-même) et à faire siffler Niall Horan, membre de feu One Direction. De plus en plus, il oublie la rencontre et les stars de seconde zone pour se focaliser sur Landon Donovan, parti à l’échauffement. Chaque foulée provoque une ovation. À la 83e minute, Bruce Arena fait sortir Raúl Mendiola et la Légende fait son entrée. Standing ovation, applaudissements, cris de joie, la déglingue est totale. Dans une série américaine, Landon marquerait et irait célébrer son but en se jetant dans la foule avant d’aller embrasser son fils. Mais le football n’est pas une série américaine, et la réalité rattrape le Stubhub Center. Donovan se traîne, ne touche pas un ballon et Orlando réduit le score à 4-2 dans le temps additionnel. La star salue brièvement et va répondre aux interviews de la télé, pendant qu’Alan Gordon s’offre un bain de foule avec la LA Riot Squad et s’enfile cul sec une canette de bière qu’on vient de lui tendre. Sur l’écran, une séquence montre Steven Gerrard et Robbie Keane jouer un match contre une trentaine d’enfants. Puis un message annonce que la boutique fait 50% sur tous ses produits pendant 24h après la victoire du LA Galaxy. Un dimanche après-midi normal, dans la ville la plus cool du monde.

Par Thomas Pitrel, à Los Angeles
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Monsieur POPO Niveau : District
ca fait un peu retour de Michael Landon dans les routes du paradis. ou pas
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