On était au premier entraînement de Mario Balotelli à Nice

C'est le gros coup de la fin de mercato, il est pour Nice. Mais après la négociation est venue l'heure des premiers efforts pour Mario Balotelli. On y était.

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« Monsieur, si vous n'êtes pas satisfait, vous sortez, c'est comme ça ! » L'agent de sécurité, épaules larges et ventre proéminent, en impose avec sa voix rauque et ses lunettes. Mais le photographe en face de lui, beaucoup plus mince, cheveux poivre et sel, ne se démonte pas. « Je ne cherche qu'à faire mon travail monsieur, de belles photos, là vous nous placez à l'opposé de l'endroit où il s'entraîne, je fais quoi, moi ? » On n'est pas loin d'un combat de coqs, la tension est à son comble à cause de la présentation de Mario Balotelli. Pour l'événement, les quinze minutes du premier entraînement de l'enfant terrible du football italien ont été ouvertes à la presse. Dans les faits étirées à vingt-cinq. « Putain, ils sont lourds, si tu dépasses de deux centimètres de l'endroit qu'ils ont prévu, on a l'impression que tout le centre d'entraînement va s'écrouler... » Le photographe n'en démord pas, même si à la faveur d'un changement d'atelier, sa cible est enfin à portée de tir. Placé entre Dante et Valentin Eysseric, l'ancien de Liverpool, qui l'a libéré de son contrat, enchaîne les exercices de manière studieuse, mais sans forcer. Il faut dire que le thermomètre affiche pas loin de trente degrés alors qu'il n'est que 10h. Sur le bord du terrain, le personnel de communication de l'OGC Nice indique qu'il est l'heure de mettre les voiles. « C'est terminé messieurs. » La grosse dizaine de photographes tentent de négocier, la sécurité est inflexible. « Ouais ouais, une minute de plus, sauf que chacun de vous va demander une minute de plus. »

Nice people

Un trio Balotelli/Belhanda/Pléa en attaque


À l'extérieur du grillage, entre cinquante et cent supporters. Sans la rentrée des classes, on aurait pu exploser les records d'affluence. « En temps normal, il n'y a pas autant de monde, c'est sûr, Balo, c'est un phénomène médiatique » , précise Stéphane, un supporter habitué des lieux. Seule la présentation d'Hatem Ben Arfa, celle de janvier 2015, avait fait plus de remous. « C'est un gros coup médiatique, c'est déjà ça, après pour le sportif, on verra... Mais si on a réussi avec Ben Arfa, pourquoi pas avec Balotelli. » Son pote Eric prend de la hauteur : « On parle peu de Younès Belhanda, mais faut voir qu'en 24h, on passe d'Alassane Pléa tout seul en attaque à un trio Pléa/Belhanda/Balo. » Les deux trentenaires se prennent à rêver. Stéphane : « Avec le gros mois de septembre, on se sent un peu mieux, maintenant on peut espérer sortir de la poule en Ligue Europa. » Voire plus. « Franchement, si Balotelli nous met sa dizaine de buts et nous fait faire un gros parcours en Ligue Europa, il peut sortir autant qu'il veut en boîte. Il peut même serrer toutes les belles filles dans un périmètre de dix kilomètres, on lui pardonnera. »

Premiers applaudissements pour Super Mario


La fin de l'entraînement approche, Lucien Favre a visiblement choisi de faire plaisir aux supporters avec des oppositions sur terrain réduit. « Déjà, il arrive à mettre sa chasuble tout seul, je l'ai vu  » , assure Marc, taquin et venu avec son petit de trois ans. Quand on demande au bambin si Super Mario va planter beaucoup de but, il fait le signe « trois » avec ses petites mains. « La vérité sort de la bouche des enfants » , lance le retraité assis un rang devant. « Il faut que tu dises trente au monsieur » , insiste le papa... Sur le terrain, des applaudissements accueillent le premier ballon de la nouvelle recrue, un but d'une frappe au ras du poteau. Nonchalant mais pétri de qualités, Mario Balotelli réussit quelques coups d'éclat, dont un débordement suivi d'une offrande à Valentin Eysseric. « Je ne sais pas si cela réussira aussi bien qu'avec Hatem Ben Arfa, mais on peut faire confiance à Lucien Favre, c'est un coach qui a fait ses preuves » , estime Julien, un habitué des lieux. « Sa présence va peut-être libérer Pléa, qui était un peu tendre pour subir toute la pression du rôle de buteur. » Pour lui, l'Italien ne doit cependant pas être l'arbre qui cache la forêt. « Mais au-delà de Mario Balotelli, on a un vrai bel effectif, et je crois que les gens ne s'en rendent pas forcément compte, on est un club qui doit viser le top 8. » À la fin de l'entraînement, on est néanmoins loin de l'ambiance de Liverpool ou de l'Inter Milan. Le service d'ordre doit façonner une vraie haie d'honneur pour que Balotelli puisse rejoindre les vestiaires, assailli autant par les journalistes présents que par les supporters. « Le mec, il va croire qu'il est arrivé au tiers monde... » , lance l'un d'eux. Il aura tout le mois de septembre pour confirmer que ce n'est pas le cas, entre des chocs contre Marseille ou Schalke 04 comme mise en bouche.



Par Nicolas Jucha, à Nice Tous propos recueillis par Nicolas Jucha.
Les prénoms ont été modifiés.
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Dans cet article

Note : -1
Quand je pense qu'il y a pas si longtemps, on recrutait des mecs comme Guié Guié dans l'indifférence la plus totale (fort logiquement vu le niveau) et maintenant on fait la une de tous les médias avec l'arrivée de Balotelli.

Du chemin a été parcouru mais le plus important, c'est que l'on conserve notre identité.

AVANTI NISSA.
Note : 1
Bon! Faut voir comment ca ira mais j'aimerais bien que Balo se reveille! Si il est capable de marquer une quizaine de buts en championnat ca serait un bon coup de pouce pour Nice! Il a certainement les qualités pour le faire!

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