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On était au FIFA World Cup Trophy Tour

Dans un cadre idyllique pour attaquer le début de semaine, la Coupe du monde a posé son socle à Paris les 9 et 10 mars. Pas bien loin, Coca-Cola a offert aux visiteurs et aux fans de photos souvenirs une opportunité inespérée d'approcher le Graal. Hélas, le doux rêve n'aura duré que deux jours. Nostalgie de 1998, quand tu nous tiens...

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Après de longs mois à se coltiner écharpes et bonnets, les Parisiens retrouvent le sourire. Sur la rue de Rivoli, certains vont même jusqu'à flâner en T-shirt en ce lundi. Afin de faire le plein de vitamine D, chacun cherche un coin pour prendre ses premières couleurs de l'année. Les parcs sont pris d'assaut, les places aussi. D'ailleurs, celle de l'hôtel de ville abrite une drôle de baraque rouge, entourée par des gardes du corps baraqués et des hôtesses callipyges. « Nous travaillons ici pour Coca-Cola, pendant deux jours, répond l'une d'elles. C'est un événement ponctuel. Toutes les personnes sont payées directement ou indirectement par l'entreprise. L'édifice derrière moi abrite le trophée de la Coupe du monde. » Rien que ça. Et pour que la fête soit plus belle encore, des shows sont assurés sur le parvis : concours de jongles, musiciens avec tambourin, caixa et danseuses du carnaval pour la samba, pandeiro et pantalon blanc pour la capoeira... Bref, on a peut-être trouvé la raison de ce beau soleil. Côté visite, la file d'attente pour voir le trophée pique les yeux. En fin d'après-midi, elle prend la forme d'un serpent de mer géant. Dans la cohue, une mère de famille refait le monde. « Et c'est Coca qui organise ça ? Ça doit leur coûter une fortune... Le pire dans toute cette histoire, c'est qu'on fait tourner le business d'une boisson gazeuse de merde ! » Au total, au moins 2 200 personnes ont pris la pose devant l'héritière du trophée Jules Rimet. Pas mal pour une première journée.

Coke, cachaça et Pelé

La place et les longues heures à poiroter pour voir un bibelot doré, c'est pour les petites gens. Chez Coca-Cola, on sait accueillir ses partenaires les plus fidèles. Au 5 rue Lobau, un rendez-vous pour une conférence est fixé à onze heures lundi matin. Selon toute vraisemblance, Pelé devrait faire une intervention devant la presse, accompagné de l'ambassadeur FIFA Christian Karembeu. Deal.

Dans les salons de l'hôtel de ville, les gosses qui crient et les périmètres de sécurité sont tout de suite moins pressants. Passé l'étape du vestiaire, l'accueil prend la forme d'un petit-déjeuner version B&B. Choix dans les jus de fruit, des gâteaux secs et l'hymne du Mondial 2014 qui passe en boucle. Ça ne fait plus aucun doute, Coca va nous réciter sa leçon. Florence Paris, directrice de la communication et des affaires publiques, explique le programme qui sera mis en place en France au cours du Mondial : « Nous souhaitons agir pour un mode de vie plus actif et équilibré. Notre engagement aujourd'hui, c'est de faire bouger la France. D'ici à 2020, on compte faire bouger 5 millions de jeunes à travers le pays. » Un objectif ambitieux, même pour la seule firme au monde à vendre ses produits dans tous les pays non touchés par l'embargo commercial.

En attendant, Coca s'apprête à envahir l'Hexagone pendant la compétition : pas moins de 300 millions de produits porteront la marque de la bouteille créée en 1886. Pour pallier les chiffres indiquant que 80% des 12-18 ans ne sont pas assez actifs, 85 000 ballons vont être offerts. La lutte contre l'obésité ne passerait pas par arrêter les boissons gazeuses donc, mais par le sport : football, street tennis, tir à l'arc, kinball, ultimate, hockey sur gazon. Autant d'activités qui seront proposées dans les zones de la firme américaine grâce à la campagne Le Sport, ça me dit !, érigée depuis 2008 par l'ancien basketteur du CSP Limoges Richard Dacoury, désormais consultant corporate & communication chez Coca-Cola France. Oui, on peut légitimement parler du plus gros plan de communication de l'année en France.

« Madame, est-ce que le Coca ça fait grossir ? »

Partenaire officiel de la FIFA depuis 1974, Coca-Cola a profité de son passage en France pour faire venir deux personnalités du football. La première à se présenter devant les caméras, c'est Christian Karembeu donc. L'ancien champion du monde 98 n'hésite pas à brosser ses Coqs dans le sens des plumes. « Après les deux derniers matchs, je crois qu'on peut rêver. Il y a une lueur d'espoir qui se crée dans cette équipe et dans le cœur des Français. » Et Coca dans tout ça ? Jamais très loin. « La Coca-Cola's Cup nous accompagne régulièrement et permet aux jeunes de bouger, notamment d'où je viens, explique le Kanak. Grâce au sport, le fléau de l'obésité tend à être éradiqué. » Alors que le speaker cherche tant bien que mal à faire attendre son auditoire en énumérant les titres honorifiques, l'arrivée par la porte latérale du Roi Pelé chamboule tout. Déplacement massif des photographes pour choper l'oiseau rare, débordement des attachés de presse. Y a pas à dire, O Rei a toujours du cachet.

Cravate rouge sous col blanc, l'ambassadeur d'honneur de Coca-Cola répond comme à son habitude en balançant des banalités et en remerciant Dieu. On contourne tranquillement les questions sur les mouvements sociaux au Brésil. La seule initiative sympa, ce sera un maillot dédicacé et cette photo prise avec Dylan, un jeune du collège Gustave Courbet situé en Seine Saint-Denis, qui aura la chance de partir au Brésil cet été. Face aux journalistes, Pelé donne des nouvelles du numéro 9 le plus gâché de l'histoire : « Adriano a un statut particulier. Il ne joue plus régulièrement au football depuis deux ans... Nous sommes heureux qu'il souhaite revenir, mais pour le Mondial c'est déjà trop tard. Tous les athlètes aiment faire la fête, c'est évident. Mais le plus important, c'est de savoir faire la part des choses. » Le Roi, accompagné de quelques colosses, s'en va comme un prince et rentre au pays. La Coupe du monde, elle, poursuit son voyage de 267 jours pour se diriger vers Londres.

Au buffet, la table s'est indéniablement garnie : hors d'œuvres, sodas et un saladier de caipirinha suffisamment dosée pour passer un après-midi le sourire aux lèvres. Les serveurs donnent à manger du Moqueca, une bouffe traditionnelle brésilienne. Posé avec son maillot du PSG dédicacé par Karembeu, Dylan est dubitatif devant le discours prononcé par Florence Paris : « Madame, est-ce que le Coca ça fait grossir ? » La vérité sort toujours de la bouche des enfants.

Par Antoine Donnarieix
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Arthur-FAFI Niveau : DHR
l'article laisse planer un doute. Est-ce du Publi reportage pour Coca ? Est-ce une façon de "chambrer" Coca ? Est-ce le décryptage d'un événement qu'il ne fallait pas manquer ?
Disons que c'est une production hybride...
Mais il a fait quoi ce petit con de Dylan pour qu'on lui paye son voyage au brésil et un buffet avec Karembeu ?
L'article est simplement objectif et c'est que j'aime, après si tu doutes que les Kanacs aient attendu coca pour faire du sport...
Le discours bien rodé de Karembeu arrive à associer coca au sport donc à la lutte contre l'obésité, mais coca=obésité avant que
Coca = Sport = lutte contre l'obésité donc il ne fait illusion à personne
Cette rubrique ont était à me plait beaucoup, merci so foot
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