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  1. // Coupe du monde 1982
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On était au faux cauchemar de Séville

Le théâtre de Colombes, l’Avant Seine, proposait une représentation unique ce samedi soir au stade Yves-du-Manoir. Quatorze volontaires rejouaient la mythique demi-finale France-RFA de 1982, accompagnés par les voix de Stéphane Guy et Hervé Mathoux. Le tout dans une mise en scène quelque peu originale de Massimo Furlan. Une tragédie en deux actes, et avec prolongation.

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Le stade Yves-du-Manoir est encore paré de ciel et blanc. Les couleurs du Racing Metro 92, ancien hôte des lieux. Mais pour voir du rugby ce samedi soir, il fallait se rendre du côté du Stade de France où se jouait la finale du Top 14. Les spectateurs présents à Colombes, eux, viennent voir du football. Même si tout le monde connaît déjà la fin du match, tragique. Car ce samedi soir, les quelque 850 spectateurs viennent se replonger dans le cauchemar de Séville 82.

Un peu d’imagination


Le principe est simple : quatorze bénévoles endossent le rôle des Bleus et redonnent vie à ce mythique France-RFA. Face à eux ? Personne. Pas de ballon non plus. Seulement une grande armoire en bois placée dans la surface de réparation. « L’armoire a ce côté imposant et austère, explique Massimo Furlan, le metteur en scène. Elle représente bien Schumacher. » Les déplacements des joueurs sur la pelouse sont en revanche très précis. Chacun dispose d’une oreillette qui lui dicte où il doit aller. La « chorégraphie  » est parfaite. Comment faire pour que ce match prenne alors vie ? L’écran géant de Colombes donne la réponse : « N’oubliez pas de vous brancher : 107.9 FM » . Chaque spectateur s’est vu remettre un transistor à l’entrée du stade pour suivre les commentaires de la partie. Exit le tandem Roland/Larqué, place à Stéphane Guy/Hervé Mathoux.


Installés à leur poste de commentateurs au milieu de la tribune, ils sont les seuls à avoir le vrai match de 82 sur un écran. « Le rapport à l’image était beaucoup plus rare à l’époque, explique Massimo Furlan. Ça nous obligeait à inventer notre football. » L’expérience qu’il veut donner aux spectateurs, c’est celle qu’il a vécue étant jeune, où foot et imaginaire se mêlaient. « Mon oncle m’avait offert une radio, se remémore-t-il. C’est comme ça que j’ai découvert le foot italien. Parfois, je perdais le signal. Alors, j’imaginais la suite du match et je transformais ma chambre en stade. J’incarnais le joueur que je rêvais d’être. »


Le traumatisme d’une génération


Ce match, beaucoup n’ont pas eu à l’imaginer : ils l’ont vu. Plus de 35 ans après, les souvenirs sont toujours aussi forts. Tous n’ont qu’un nom à la bouche : Battiston. « Schumacher, c’était LE méchant ! » , rigole Philippe. Devant la buvette, Jean-Yves et Jean-François évoquent « leur plus gros traumatisme » . « Après le match, on a fait le tour du village, raconte Jean-Yves, maillot de l’Allemagne sur les épaules. On a marché pendant cinq kilomètres. On hurlait pour se défouler tellement on était énervés. »


De la colère, il y en a aussi eu du côté de la famille de Nathalie : « Mes parents venaient d’acheter une nouvelle chaise longue parce que c’était l’été. Dans la soirée, elle était cassée. » Elle a amené son fils, Nicolas, voir la performance. Il a onze ans, l’âge de sa mère en 1982. « Maman m’a parlé de ce match, confie-t-il. La France et l’Allemagne se sont battues, et à la fin, c’est l’Allemagne qui a gagné. » C’est un peu ça, oui.

« Monsieur Corver, vous êtes un salaud ! »


L’ambiance est tout de suite bon enfant. « J’y crois moi ! Allez les Bleus !  » , rigole-t-on en tribunes. Hervé Mathoux prononce à peine le nom de l’arbitre de la rencontre, Charles Corver, que le premier « Enculé ! » s’échappe des tribunes. Sur la pelouse, les joueurs courent dans le vide, tombent pour simuler les fautes tandis qu’un faux Michel Hidalgo distribue les consignes. Les enceintes distillent des bruits de foule et d’ambiance du Sánchez Pizjuán de l’époque. Certains s’y croient. « Olé ! » , crie la tribune quand le gardien français fend l’air de son pied pour mimer un dégagement. On espère à chaque contre-attaque, on soupire à chaque tir à côté et on acclame Jean-Luc Ettori à chaque parade... avant de huer l’ouverture du score allemande. Quelques minutes plus tard, Rocheteau est accroché et s’effondre. Penalty indiscutable. Frédéric Bonvoisin, aka Michel Platini, s’avance et feint d’embrasser le ballon. Le plat du pied est parfait et le stade Yves-du-Manoir explose.

Egalisation de Platini - Cauchemar de Séville

L’action tant attendue approche. Le soleil est tombé sur Colombes et Marie-Claire Hanimyan – ou plutôt Patrick Battiston – part à l’échauffement. « Me donner ce rôle ? C’est un choix qui s’est fait en connaissance de mes capacités physiques » , rigole-t-elle. Elle est acclamée à son entrée, notamment par Vincent, complètement pris par ce qui se déroule devant ses yeux. « On y croit évidemment ! Et je m’attends à une sacrée perf’ de Battiston » , parie le quarantenaire. Il se coupe.



La fausse Battiston vient de s’encastrer dans l’armoire. « Oh la vache !, gueule-t-il. Et le gars siffle rien ! Mais carton, là ! » Toute la tribune siffle. Stéphane Guy se prête au jeu. « Je n’ai pas peur de le dire, Monsieur Corver, vous êtes un salaud !  » , s’emporte le commentateur, tout de suite applaudi par tous les supporters. Porté par Massimo Furlan et Grégoire Lefebvre, directeur du théâtre l’Avant Seine, qui s’improvisent brancardiers, Battiston sort du terrain.


La fin de match est plus tendue. Les chants se font rares. On entendrait presque résonner la barre transversale que vient de fracasser Amoros dans la dernière minute du temps réglementaire. La libération vient en prolongation, Marius Trésor redonnant l’avantage à l’équipe de France. « La finale de la Coupe du monde n’est plus un rêve, c’est une réalité palpable pour les Bleus ! » , s’exclame Stéphane Guy. Attention Stéphane, en face c’est la RFA, ce n’est pas Saint-Marin, ce n’est pas le Liechtenstein. Présent en tribunes, Alain Giresse – le vrai – peut admirer le troisième but inscrit par son alter ego comédien. Certains connaisseurs célèbrent même avant que ce dernier ne déclenche la frappe. La France mène 3-1. « On est en finale » , chante le public qui rêve déjà de sacre mondial.

Retour à la réalité


Arrive alors le cauchemar. La réduction du score de Rummenigge, puis l’égalisation de Fischer viennent éteindre le stade de Colombes. Pour réveiller tout le monde, Stéphane Guy évoque la finale de la Ligue des champions, Liverpool-AS Roma, qui a eu lieu peu avant la Coupe du monde. Loupé. « Ah non Stéphane, ça, c’est dans deux ans » , le reprend Hervé Mathoux. Pendant ce temps-là, la séance de penalty approche. Six et Bossis ratent leur tentative. Le parcours des Bleus est terminé, tout comme la pièce.


Retour au monde réel pour tout le monde. Même pour les commentateurs. Le mot de la fin est pour Stéphane Guy : « C’est un fantasme de commentateur de pouvoir revisiter des grands moments de sport dans les conditions du direct. » Du côté des comédiens, le buteur du soir, Frédéric Bonvoisin, kiffe d'avoir pu interpréter le rôle de Platini, « (son) dieu » . « Hey Platoche ! On va boire un coup ?, l’interpelle un ami. T’inquiète pas, dans deux ans, tu gagnes l’Euro et tu finiras même meilleur buteur ! » Massimo Furlan savoure lui aussi la réussite de son pari. S’il devait choisir une nouvelle mise en scène, l’Italien « aimerai(t) bien jouer Materazzi contre Zidane » . Une autre tragédie à la française.

Par Robin Richardot, à Colombes
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