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  2. // Real/Atletico (3-2)

On était au derby de Madrid

Le derby madrilène, c'est comme un vieux western : quand les deux héros s'affrontent, la ville s'arrête, on entend les balles siffler et les cartouches rouler sur le sol. Sauf que si le Real symbolise la gagne à tout prix, l'Atletico est l‘incarnation de la lose a l'espagnole. De fait, les Matelassiers n'ont pas gagné au Bernabeu depuis plus de 10 ans. Ce ne sera pas encore pour cette année. Compte-rendu.

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Pour arriver à la fin de la Liga, il y a ceux qui prennent l'autoroute (Real, Barça, régulateur de vitesse bloqué à 130), ceux qui optent pour les nationales (Mallorca, qui mine de rien tient la route) et ceux qui prennent les chemins boueux (l'Atletico qui fait le GR20). L'autre club de Madrid, pourtant favori en septembre pour une place sur le podium, a fait le clown toute la saison et n'est que huitième avant ce match (son meilleur classement en 2010). A peine 1500 Colchoneros ont fait le déplacement dans les quartiers nords. Mauvais présage.

Car hier soir tout le monde avait déjà lu le scénario. Les Colchoneros allaient faire illusion 30 minutes pour honorer leur réputation de génies incompris. C'est que cette saison, la lose façon Atletico, c'est à la fois sublime et grotesque : perfs impressionnantes contre les cadors (4-1 contre Valence, 2-1 contre Sevilla et surtout 2-1 contre le grand Barça), et autres prestations franchement pitoyables contre les tocards (0-1 contre Almeria, 0-2 contre Malaga et 1-1 contre Saragosse).

En attendant le Blitzkrieg

En première mi-temps, les Rouge et Blanc ne touchent pas une bille mais, à lui tout seul, Tiago fait déjouer le Real. CR9 s'énerve contre tout le monde et compte bien gagner le match tout seul également. Résultat à la mi-temps : Granero se fait conspuer, Ronaldo boude et l'Atletico mène 1-0 la faveur d'un mouvement Tiago-Agüero-Reyes franchement pas dégueulasse. Le Real n'a cadré qu'une seule frappe et Higuain a (encore) raté l'immanquable (sauvetage sur la ligne de Tiago). Le Blitzkrieg se fait attendre.

Au retour sur le gazon madridiste, le Real passe la vitesse supérieure et, comme d'habitude, plie l'affaire en 16 minutes : Xabi Alonso sur corner à la 48ème, Arbeloa sur une ouverture bionique du même Alonso à la 54ème et l'inévitable Higuain (sur un cadeau d'Assunçao) à la 61ème. Alors, à partir de la 62ème, le football est fini et le spectacle peut enfin commencer. Les Colchoneros jouent à cache-cache, Sergio Ramos et Xabi Alonso cherchent le carton jaune (pour éviter une suspension pour le clasico) et CR9 veut mettre son but.

Cartons, galactiques et music-hall

Question acting, Alonso est le plus inspiré. Il va jusqu'à mettre un dunk en pleine surface pour provoquer le carton. Résultat : pénalty pour l'Atletico et même pas de jaune pour Barbe-Rousse, malgré ses contestations un peu trop surjouées. Pendant ce temps, CR9 continue à faire la gueule. Comme Ronaldo est quand même la tête d'affiche, tout le monde y met du sien. Un festival de plongeons est alors orchestré à 20 mètres des buts sudistes. Rien à faire, la Portugaise n'est pas dans un grand soir et met tout au-dessus. Pour le music hall hier soir, valait mieux se rabattre sur Alonso et Ramos.

76ème minute, Ramos pose le ballon au sol. Il regarde les tribunes, s'élance, puis se ravise, puis s'élance à nouveau puis se ravise encore. Coup de sifflet : jaune pour Ramos. Le stade applaudit l'arbitre et le Sévillan est content de lui. 80ème : Alonso laisse tomber les grands airs et se rabat sur un classique : tacle par-derrière sur Salvio. Jaune, ovation de Bernabeu. Les deux clowns seront donc suspendus contre Santander le week-end prochain. Le public de Bernabeu est soulagé. Ses deux acteurs fétiches seront bien sur scène pour défier la Pep Team le 11 avril. Avant, c'est Santander. Mais franchement, ici, tout le monde s'en fout.

Thibaud Leplat, à Madrid

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