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  2. // 3.Liga
  3. // Hansa Rostock/Energie Cottbus (0-1)

On était à un match du Hansa Rostock

Ancien club phare de l'ex-RDA, le Hansa Rostock erre depuis quelques saisons déjà dans les méandres de la 3e division allemande. Le week-end dernier face à Cottbus, le club de la mer Baltique jouait un match décisif pour sa survie, le tout devant plus de 20 000 spectateurs bouillants et bruyants.

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Rostock. La tonalité est dure, la réputation est tenace. Lorsqu'on évoque la plus grande ville du Land de Mecklembourg-Poméranie occidentale, les clichés pleuvent. Grisaille, RDA, port industriel, taux de chômage sont souvent associés à la cité millénaire. Pourtant, c'est un tout autre visage qu'offre la ville si on ose s'y aventurer. De larges baraques colorées et de grands édifices en briques rouges néo-gothiques (dont l'université, deuxième plus vieille du pays) se succèdent pour former un centre ville à l'architecture hanséatique typique. Plus au nord, en remontant le fleuve se trouve même une station balnéaire au charme suranné prisée des habitants de l'Est de l'Allemagne : Warnemünde. Son phare éclaire depuis des centaines d'années les navires arrivant du Danemark voisin. Et tout autour de la ville, de la forêt. Et c'est dans une de ces forêts, à l'ouest de la ville, caché derrière les arbres, que l'on trouve l'antre du Hansa Rostock.

« Unser Rostock »


Le Hansa, c'est l'institution de la région. Un club qui a vu passer des joueurs comme Carsten Jancker, Jari Litmanen ou encore Oliver Neuville. Un club qui a formé Toni Kroos, seul champion du monde originaire de l'Est. Un club qui a réalisé le doublé en 1991, pour les dernières éditions des compétitions d'ex-RDA. Mais tout cela semble bien loin désormais. Aujourd'hui, le navire Rostock tangue, et lutte pour ne pas chavirer en 4e division. Alors, en ces temps difficiles, tout est fait pour conserver une certaine unité. Pour le dernier match à domicile de la saison, ce sont 21 600 supporters qui ont fait le déplacement (au lieu des 9000 habituels). Signe fort : parmi les fans se trouve Marteria, rappeur très populaire en Allemagne, originaire de la ville (et passé par les équipes de jeunes du club), et dont le clip « Unser Rostock » , est diffusé en préambule de la rencontre.

Autre événement marquant : après des années à jouer dans un stade renommé « DKB-Arena » , le Hansa a réussi à récupérer le vrai nom de son enceinte, à savoir « Ostseestadion » , le stade de la mer Baltique. Ce retour aux sources est célébré en grande pompe, aussi bien par le public que par les joueurs, qui portent des maillots avec le nom de leur stade en lieu et place du sponsor habituel. Pour couronner le tout, les ultras de la « Südtribüne » , dont la ferveur est légendaire, déploient un superbe tifo en trois temps : des feuilles de papier aux couleurs du club, une banderole « Hansa Zone » et, pour finir, un bouledogue qui mord à pleines dents une écharpe sur laquelle on retrouve tous les clubs affrontés par le passé. Ce à quoi il faut ajouter de la fumée bleu, blanc et rouge qui s'échappe de la tribune. Ici, c'est Rostock.

Youtube

Navire chancelant


Les premières minutes de la rencontre sont essentiellement consacrées à célébrer le club ainsi que le retour aux racines. Dans l'ensemble, le match est équilibré : mal classé, le Hansa est dans l'obligation d'attaquer. Mais les locaux sont maladroits dans les dernières passes, quand ils ne se heurtent pas à la défense de l'Energie Cottbus, qui n'a plus rien à jouer cette saison. Néanmoins, le premier frisson intervient à la 14e minute, quand Halil Savran touche le poteau pour Rostock. Le public pousse, conscient que ça va se jouer à rien. Surtout que dans les autres rencontres de 3. Liga qui se jouent en même temps, la concurrence dans la lutte contre la relégation (BvB II, Mayence II et Unterhaching) ne semble pas flancher.

Les minutes passent, une pluie fine s'invite et vient donner une dimension un peu plus tragique à la rencontre. Peu à peu, la tension monte. Exemple à la 26e minute avec Fabian Schuhen, le gardien du Hansa, qui se prend un jaune pour avoir balancé de manière véhémente le ballon en direction de l'arbitre de touche en guise de protestation. Naturellement, la génitrice du directeur de jeu est verbalement prise à partie. À la mi-temps, le Hansa est toujours 16es, étant donné que les réserves de Dortmund et Mayence ne font pas la différence face au Dynamo Dresde et au Hallescher SC. Seul Unterhaching mène face au Preußen Münster, et relance l'Abstiegskampf.

À Dresde pour le maintien


Au retour des vestiaires, l'Ostseestadion pousse ses joueurs, qui se montrent plus entreprenants, mais toujours aussi maladroits, à l'image de Savran, qui rate un face-à-face. Mais à la 70e minute, c'est le drame. Ou plutôt la punition : dépassé sur le côté gauche de la surface, Maximilian Ahlschwede colle un tampon à son vis-à-vis. Pénalty pour Cottbus, sentence transformée par Makarenko. L'ambiance devient houleuse. Les sifflets pleuvent depuis les tribunes, tandis que sur le terrain, les esprits s'échauffent. Dans les derniers instants de la rencontre, le gardien Fabian Schuhen monte aider ses camarades. Mais lui non plus n'a pas de chance : sur un ultime corner, la balle lui passe entre les jambes alors qu'il est dans les six mètres. Cottbus finit par s'imposer 1-0. De son côté, Unterhaching a tenu face à Münster, et Mayence II est allé gagner 2-1 sur la pelouse du Hallescher SC. Seul Dortmund II a perdu, 3-2 à domicile face au Dynamo Dresde. Le Dynamo qui reçoit justement Rostock le week-end prochain. Une rencontre que le Hansa doit absolument remporter pour s'éviter une mauvaise surprise. Bref, une rencontre qui s'annonce explosive. Comme à l'ancienne, du temps de l'ex-RDA.



Par Ali Farhat et Sophie Serbini, à Rostock
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"Club phare" de l'ex-RDA, vous y allez un peu vite, messieurs-dames ! Les vrais sont pour la plupart à l'étage en-dessous, en Regionalliga Nordost : Magdebourg (vainqueur de la C2 1973-74 et bien parti pour monter en 3. Liga), Carl Zeiss Iéna (finaliste de C2 1980-81)... et aussi le sulfureux Dynamo Berlin, ex-émanation de la Stasi et qui remonte (proprement, cette fois-ci) les échelons depuis son dépôt de bilan en 2002. Manquent à l'appel le Dynamo Dresde, descendu en 3. Liga l'année dernière et qui a raté la remontée, et surtout le Lok Leipzig, englué en Oberliga (5ème division) après être reparti de zéro, en 3. Kreisklasse (11ème division, tout de même) en 2004. Union Berlin (bien installé en 2. Bundesliga) et le FSV Zwickau ex-Sachsenring, eux, n'ont été "phares" que par la bande, le premier pour son symbolisme politique d'opposition au régime communiste, le second pour une unique demie de C2 1975-76 autour du plus méconnu des grands gardiens du XXème siècle, Jürgen Croy.
j'y suis giresse Niveau : Ligue 1
Le rap allemand ça a l'air ennuyeux quand même.

En attendant, le foot montre bien qu'il reste un fossé entre l'Ouest et l'Est encore aujourd'hui. C'est dommage pour ces clubs historiques remplacés par des Hoffenheim ou des horreurs genre Red Bull Leipzig
Huntelaar Niveau : CFA2
D'ailleurs, bien dégueulasse ce match Rostock/Cottbus... Juste sur le terrain, en tribune c'était vraiment bien, évidemment c'est parti en couille comme d'hab avec ce match.
Ce serait bien que des historiques remontent dans des divisions supérieurs, celles cités par g-g-g.
@Huntelaar : Beaucoup d'"historiques" paient encore aujourd'hui les erreurs de gestion, souvent empreintes de folie des grandeurs, de la réunification. Tous ceux que j'ai cités sont passés par la case redressement judiciaire ou pire. Le fossé, il est plus là qu'ailleurs parce que ce n'est ni l'engouement populaire, ni la qualité de la formation qui manque (Dynamo Dresde, par exemple, a toujours été renommé pour ça). Encore 5-10 ans et on a de bonnes chances d'en revoir deux ou trois en 2. Bundesliga ou mieux. Personnellement, en tant que nostalgique du grand Bordeaux des années 80, j'attends la renaissance du Lok Leipzig et une revanche (en Ligue Europa, faut pas pousser) de la demie de C2 1986-87 perdue aux tirs au but !
Huntelaar Niveau : CFA2
Et c'est pas terminé, Bochum va certainement payer de leur gestion catastrophique, ils ont déjà commencés à supprimer leur équipe jeune.
Dortmund aurait pu être dans ce cas là aussi y'a quelques années.
Le M1860 en a fait parti aussi.
Ce sont à cause de mauvaises personnes qui ont de mauvaises idées pour le club qu'on se retrouve dans des situations comme ça.
Huntelaar Niveau : CFA2
Moi j'aimerais surtout des retours en 2.Bundesliga ( au minimum ), des Rostock, Cottbus etc, des clubs de l'Est quoi.
La plupart des clubs de Bundesliga sont +/- concentrés au même endroit.
Et puis ça ferait de nouvelles ambiances, parce que c'est pas à Hoffenheim, Wolfsburg ou encore Leverkusen qu'on s'éclate le plus en tribune...
Et puis ces clubs là, répresente parfaitement le football allemand, j'espère en revoir certains d'ici 5-6 ans... Mais ça risque de prendre énormement de temps, certains sont plus proche d'être relégué que promu, hélas...
Rostock, sans doute. Cottbus... aire urbaine de petite taille, plutôt taillé pour la 3. Liga. Dresde et Magdebourg, oui franc et massif, surtout pour Dresde avec ses 500000 habitants et sa longue tradition mais qui aura besoin d'un méga-plan Leproux pour virer les skins. Dynamo Berlin... ce serait l'ironie du sport mais il n'y a pas la place pour une troisième équipe pro dans une capitale qui n'est pas vraiment une ville de foot. Lok Leipzig, ce serait grandiose de les voir passer devant le RB ! Ceci dit, Leverkusen fait partie du paysage depuis 40 ans maintenant, il va bien falloir arrêter un jour de les traiter de club en plastique...
Le Dynamo Dresde et Berlin n'était pas les plus populaires, Dynamo c'est le nom des clubs de la Police Politique en l'occurrence la Stazi en RDA, le FC Union c'était le club des syndicats.
En revanche c'était les plus puissants et ayant gagné le plus de titre, car ils récupéraient les meilleurs joueurs, du FC Union notamment.
Huntelaar Niveau : CFA2
Le Lok ne passera pas de si tôt devant le RB, sauf si les investisseurs se barrent du jour au lendemain, ce qui est improbable.
J'ai toujours du mal avec Leverkusen, mais c'est surtout par rapport à l'ambiance. Ce qui m'a fait aimer la Bundesliga, c'est les tribunes en premier, pas les équipes. Et voir des clubs comme ceux que j'ai cité dans le post d'avant en Bundesliga, alors que des "historiques" se morfondent plus bas ( pas immérité, attention ), avec des gens qui sont à fond derrière leur équipe ( un peu trop des fois ), à laquelle ils s'identifient, voilà quoi...
Huntelaar Niveau : CFA2
Autre exemple, Bielefeld qui remonde en 2.Bundesliga, ça fait plaisir. Superbe saison pour eux, gros parcours en Pokal en prime. Et vraiment des supporteurs géniaux. En 2.Bundesliga l'année prochaine y'aura vraiment de belles affiches, avec les Nürnberg, Union Berlin, Fürth, Düsseldorf, Braunschweig et RB Leipzig. J'ai pas cité K'Lautern exprès, j'ai toujours espoir pour leur montée en Bundesliga, ce que j'espère vraiment, tout comme j'espère que les Sankt Pauli, M1860 ou Aau ne descendent pas en 3.Liga.
Sans oublier le retour de Duisburg en 2.Bundesliga.
Tusche mon pote Niveau : District
Oui oui oui, mille fois oui !

Merci pour cet article. Dieu que j'aime la 2. et la 3. Liga en Allemagne. Et puis les clubs de l'Est ca a une de ces gueules. Avec Aue qui proche de la descente, Union risque d'être bien seul en 2. Bundesliga...

g-g-g, je pense par par "Club phare" de l'ex RDA, l'article fait référence au fait que longtemps Rostock a été le seul représentant du football de l'Est en Bundesliga. Il y a eu (par période) Dresde à la réunification, puis Rostock et enfin Cottbus. Depuis...

Punaise c'est triste quand même. Dire que mon tout premier match au stade c'était un Munich 1860 - Energie Cottbus au Stade Olympique de Munich en 2001. Et c'était un match de Bundesliga.
Mon premier match en Allemagne, c'était Blau-Weiss Berlin - Fortuna Köln en 2. Bundesliga en novembre 1984... 3500 spectateurs dans le Stade Olympique de 80000 places pas encore rénové, on était très, très loin du Gelbe Wand de Dortmund.
Ce qui est étonnant sur ce site, c'est que d'un article à un autre, on passe d'abrutis qui comprennent pas grand chose à ce sport et qui savent pas écrire à des experts des divisions inférieures du foot allemand.

Je me sens revivre quand je vous lis. Mais je sais très bien que ça changera dès que je lirai des articles concernant la Juve ou le Barça (aka les deux clubs qui ont enregistré le plus de neo-supporters sur ce site depuis deux semaines)
Sinon, Rostock était pas un peu connu pour ses supp fachos ?

J'avais lu ça dans un article sur sankt pauli, un supporter qui aimait bien aller à Rostock pour se fritter avec les supp facho du Hansa...
Huntelaar Niveau : CFA2
C'est ça, à Rostock c'est néo nazi à l'extrême, d'une rare violence. C'est pour ça que c'est très chaud face à Sankt Pauli, club anti fasciste/rasciste.
Ceux de Rostock sont peut être les pire d'Allemagne.
Les clubs de l'Est sont réputés pour avoir des supporters présent derrière leur club mais également très violent.
Dresden c'est +/- pareil niveau supporterisme aussi.
Tout le contraire des clubs du Sud et de l'Ouest beaucoup plus mesuré, même si certains sont vraiment bruyants. Et puis, les "gros" clubs, de Bundesliga surtout, ont fait virer pas mal de supporters violent, pas plus mal dans le fond même si on en perd en ambiance. Et puis risque d'amende + éventuellement retrait de points.
Comme d'autres, je suis assez impressionné et content de voir de vrais spécialistes du foot allemande des divisions inférieurs!! ma compagne étant allemande, je suis un suiveur ascendant fan du Preussen Münster!
J'ai donc 2 questions qui me turlupinent sur ces niveaux:
- Quelqu'un sait-il d'où vient l'amitié entre les Ultramarines bordelais et les Deviants de Münster?
- Quelqu'un ('autre ou le même) saurait-il en quoi le SV Babelsberg est "spécial"? J'ai rencontré un fan, qui m'a fait comprendre que ce club avait une place particulière dans le foot allemand sans en être un historique. Bon c'était un fan et mon allemand étant très très limité, je n'ai pas compris si il y avait une raison particulière, où si il était particulier pour lui!
Merci d'avance...
Manu, Séoul
francis_kuntz Niveau : Loisir
Ça y est, les gauchos sont de sortie avec leur phobie des skins... Les skins font partie intégrante de la culture footballistique allemande et vouloir les retirer revient à supprimer tout le sel des joutes fussballistique d'outre-Rhin! Voir 50.000 skins est-allemands de 130kg armés jusqu'aux dents dézinguer du supporteur gaucho de Sankt Pauli, je ne sais pas pour vous, mais moi ça me fout la trique! Si vous n'aimez pas les skins, allez voir le championnat d'Afrique avec des Fatou de 160kg et des Mamadou de 55kg dans les tribunes.

Francis Kuntz, en direct de Rostock avec les sympathiques supporteurs du Hansa
@Huntelaar : Les ultras de Dresde sont quand même assez graves. Ils ont réussi à faire exclure leur équipe de la Coupe d'Allemagne cette saison pour cause de bagarres et fusées à répétition.

@francis_kuntz (et pas Stefan ?) : Que les skins fassent partie intégrante de la culture foot en Allemagne ne fait aucun doute. Les plus anciens dont je suis se rappelleront que ce sont eux, par exemple, qui ont causé l'unique fait de hooliganisme à l'Euro 84 en France, avant RFA-Portugal à Strasbourg. Ceci dit, si les clubs de l'ex-RDA veulent passer la vitesse supérieure, il leur faudra de meilleures finances, donc une meilleure image de marque. Ceci les conduira à assainir leur public, comme Dortmund ou Schalke l'ont à peu près fait sans vraiment casser leurs ambiances. En attendant, pour les voir casser du gaucho hambourgeois, il faudra que Sankt Pauli descende en 3. Liga... réponse ce week-end.
Huntelaar Niveau : CFA2
@chenmawon : Je ne savais même pas pour Münster et Bordeaux, merci de me l'apprendre. Sankt Pauli et Marseille sont liés par contre, on entend le "aux armes" à quelques rencontres allemandes.
Pour Babelsberg, tu vas loin là dans les divisions haha.. De ce que j'en sais, c'est un club qui a surtout connu des promotions/relegations. Seul fait d'arme accession à la 2.Bundesliga y'a plus de 20 ans, pour y rester qu'une saison. C'est un club qui a souvent changer de noms aussi, celui la est récent, début 90 je crois.
Herberger, légendaire, a entrainer ce club dans les années 30 il me semble.
M'enfin désolé je pense pas t'avoir bien répondu, mais là c'est au dessus de mes connaissances en terme de foot allemand...
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