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On était à PSG-Real Madrid au Camp des Loges

Quelques heures avant les grands, à quelques dizaines de kilomètres du Parc, les U19 du PSG se sont coltiné leurs homologues du Real Madrid à St Germain en Laye. Pour un large succès parisien sur le terrain. En tribunes, un peu moins.

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« Tu comptes aller au match ? Je sais où il faut s'arrêter, tu peux me suivre. » À la sortie de la ligne RER A où le transport termine son itinéraire à Saint-Germain-en-Laye, plusieurs garçons attendent à l'arrêt de la ligne de bus CSO24 en direction de Poissy. Le troisième arrêt mène aux Loges, à une centaine de mètres du stade Georges-Lefèvre. Parmi eux, Tam connaît la voie à suivre, même si pour lui, venir aux Camp des Loges est une première. Accompagné, le jeune homme vient pour observer la pépinière du Paris Saint-Germain, à défaut d'avoir obtenu les précieux sésames pour la rencontre de ce mercredi soir. Au fond du bus, un habitué des performances des jeunes du PSG a connu meilleure fortune. « Tu sais où on peut encore trouver des billets ? » « C'est mort, tu peux oublier pour ce soir ! » Dans son survêtement Adidas à capuche, Charlestone vient pour voir ses potes jouer sous les couleurs franciliennes. Les deux jeunes hommes ne sont pas encore entrés dans l'arène, mais la ferveur d'une rencontre entre les deux équipes peut déjà se sentir. Même dans le cœur des Yvelines.

« Cristian, parle à ton coéquipier ! »


Hélas, les deux larrons vont vite déchanter au moment d'arriver devant l'entrée du stade. La queue fait une cinquantaine de mètres, les gens sont tous amassés devant l'unique portail vert ouvert au public. « Je connais une autre entrée cachée derrière, assure Charlestone. T'inquiète, ça va le faire ! » Un plan B difficile à réaliser, tant la sécurité est anormalement présente pour cette deuxième rencontre de l'UEFA Youth League. Dans la queue principale, Tiaki espère obtenir un billet d'entrée. Car oui, exceptionnellement, les entrées sont payantes. 10 euros pièce. « Cela fait à peine un mois que je suis sur Paris, mais quatre ans en France, explique l'étudiant en finance dans un français encore perfectible. Je suivais déjà le football en Chine, mais c'est vrai que là-bas, le football est moins fort… Il y a bien Guangzhou et ses supporters… Tu sais, le club avec l'Italien entraîneur… » Il est coupé dans son explication par une personne chargée de la sécurité qui vient annoncer la mauvaise nouvelle : « Il n'y plus de place à vendre, désolé ! » Tête des mauvais jours, les personnes, venues en famille avec leurs enfants, se sentent logiquement lésées.

Dans l'enceinte, le speaker commence à chauffer les spectateurs. « Ici, c'est... » « PARIS ! » La réponse vient d'en face, où une centaine de jeunes issus du club de Bailly font leur show. Sur un son de techno à l'ancienne, les joueurs font leur entrée sur la pelouse. L'hymne de la Ligue des champions, ce sera peut-être dans une poignée d'années. Très vite, le numéro 7 madrilène fait son petit effet sur la pelouse. La raison ? Son nom : Cristian. Comme son aîné chez les pros, mais en moins costaud et surtout sans gel. « Cristian, parle à ton coéquipier, je ne t'entends pas ! » hurle l'entraîneur madrilène sur une grosse occase manquée par le petit Real. Les Madrilènes sont comme à leur habitude petits et agiles, les Parisiens davantage rapides et bien plus athlétiques. Un style de football qui pèsera sur le résultat final. Sur la rambarde, un fan du club observe la jeunesse des Blancos. « Regarde le numéro 16, on dirait Mikel Arteta ! » Preuve que dans les mémoires, l'histoire du PSG n'est pas encore morte.

Buvette sans fête, faibles recettes


La mi-temps est sifflée, tout le monde passe à la buvette. Enfin, tout le monde, c'est un bien grand mot. « Nous avons connu une affluence normale, témoigne Annick, bénévole au sein de l'association du Paris Saint-Germain. Mais vous savez quoi ? Je trouve cela honteux de voir des gens rester dehors derrière la barrière. Pour un match comme celui-là, il devrait y avoir beaucoup plus de monde ! Là, l'affluence est ridicule. Même pour nous, c'est dommageable, parce que les recettes ne sont pas énormes. Certains sont venus avec leurs enfants prêts à regarder la rencontre. Au final, ils vont devoir regarder le match sur Canal +… Il faudrait rester simple. C'est dommage. » Présent lors de la création du club en 1970, Gérard poursuit : « C'est un problème de communication. Pour ce match, les gens ont voulu faire différemment. Certains jeunes comme ceux de Bailly ont pu entrer, mais ce sont les seuls. La situation empire. Je me souviens avoir vu un PSG-Juventus à la télévision il y a deux ans, ce n'était pas du tout la même ambiance, l'entrée était gratuite… Quand je vois l'ambiance aujourd'hui, c'est triste. Il fallait voir le premier match contre Malmö cette année, c'était un autre niveau. Là, la qualité du match est mauvaise. » Au loin, les hourras du public présagent un nouveau but. « Ah oui, il y a un petit décalage avec la télé ! » sourit Gérard. Paris vient de faire un gros pas vers son succès grâce à son habile numéro 7, Christopher Nkunku. Ils s'imposeront finalement 4-1. Mais ni Tam, ni Charlestone, ni Tiaki ne pouvaient profiter du spectacle depuis le bord de la pelouse… Ici, c'était Paris.

Par Antoine Donnarieix
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