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On était à PSG-Francfort

Si Qatar Sports Investments en rêve pour son onze débordant de testostérone, il doit se contenter cette année de vivre la Ligue des Champions aux côtés de son équipe féminine. Enfin, devait se contenter. Mercredi soir, Paris a battu Francfort 2-1, un score insuffisant pour atteindre les quarts de finale.

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« Impossible n’est pas français ! » hurle le speaker du stade Charléty aux 1350 spectateurs venus braver le froid dans l’espoir d’assister à un petit miracle dans ce 8e de finale retour de la Champions’. Difficile pourtant de maintenir le suspens après la branlée subie par les Parisiennes en Allemagne (3-0). Mais le résultat de l’aller n’entame pas le moral des benjamines du club, autant ravies par le match que par la présence d’un Grégory Coupet pas avare en photos et autographes. Dans un coin des tribunes, à l’abri des regards, Bruno Bini, le sélectionneur de l’équipe de France, se grille quelques clopes en se soumettant de bonne grâce aux questions de la poignée de journalistes - dont un superbe duo de quinquagénaires asiatiques bossant pour ESPN, sous le charme de Saki Kumagai, la défenseuse japonaise de Francfort.

A peine deux minutes de jeu et la géante Ana-Maria Crnogorcevic transperce, avec une déconcertante facilité, le back-four francilien (0-1). Prends ça le speaker. Si le PSG est complètement bouffé par une équipe de Francfort trop athlétique, le spectacle est à chercher en tribunes. Car une cinquantaine de membres d’Auteuil s’est regroupée un peu à l’écart pour faire entendre ses revendications. Aucun slogan en faveur du foot féminin, à l’inverse du reste du public qui entonne joyeusement des « Allez Paris, les filles sont magiques ! » Les doléances concernent évidemment les conséquences du plan Leproux. Pêle-mêle, les 22 joueuses ont donc pu entendre des « Rendez-nous nos abos ! » , « Et il est mort le Parc des Princes ! » , sans oublier le très croustillant « Jean-Philippe est une salope ! » . Le responsable de la sécurité du club, Jean Philippe d'Hallivillée certainement au chaud sur son canapé devant Direct 8, a dû apprécier…

Le long doublé

Mais revenons au pré de Charléty. Les Parisiennes font preuve de persévérance et compensent leur déficit physique par leur esprit de solidarité. Si les Allemandes touchent les montants par deux fois durant la première période, la milieu parisienne Kenza Dali fait admirer à deux reprises sa qualité de frappe. C’est finalement dans les arrêts de jeu que la longiligne Alexandra Long égalise à bout portant (1-1). Le speaker profite de la pause pour chauffer - à défaut de réchauffer – les tribunes en se dandinant sur la piste d’athlé.

Les filles de Camillo Vaz continuent sur leur lancée à la reprise, bien aidées il est vrai par le manque d’entrain de leurs adversaires. Si Ella Masar a beaucoup de mal à se remuer sur le front de l’attaque du PSG, Alexandra Long offre, elle, une toute autre performance. Après un cafouillage de la défense de Frankfurt, elle permet à Paris de prendre l’avantage à la 74e minute, d’une tête à la trajectoire étrange (2-1). Pour la forme, les triples championnes d’Allemagne vont encore toucher la transversale mais vont devoir admettre qu’elles se qualifient sans passer par la grande porte.


Au coup de sifflet final, la cinquantaine d’Auteuil craque un fumi en guise de bouquet final, insulte une dernière fois ce pauvre Jean-Philippe et réaffirme (au cas où les personnes présentes auraient loupé un de leurs 58 slogans scandés dans la soirée…) qu’ils veulent le retour des abonnements au Parc. Avant la douche salvatrice, les filles prennent un bon bain de foule, certaines étant même de corvée de décrassage. En quittant le stade, on tombe sur le bus qui transporte certaines filles de l’effectif ou les familles des joueuses. Sur le devant de l’engin, floqué en bleu est inscrit : « Bus officiel de l’équipe de France de handball masculin » . Oui, le foot féminin n’en est encore qu’à ses balbutiements à Paris. Aux Qataris de passer la vitesse supérieure ?


Par Pierre Nigay
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