1. // Coupe de France – 32ème

On était à Prix-lés-Mézières (DH) / Montpellier

Des verts sur le terrain, du vert dans les gradins. A Charleville-Mézières, au stade du Petit-Bois, l’équipe de Prix-lés-Mézières s’est inclinée 0-4 face à Montpellier. Si le score paraît logique, les Pirisiens n’ont pas démérité, et le public a suivi.

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« Merci Jerry  » . Au stade du Petit-Bois, en plein centre de Charleville-Mézières, une partie des 3000 spectateurs remercie Jerry Zuccari, président du club de Prix-lès-Mézières. Et pour cause, pour la première fois, l’équipe de cette petite commune d’un peu plus de 1000 habitants accédait au 32ème de finale de la Coupe de France. En Vert et contre tous, les supporters locaux n’étaient pas venus les mains vides. Face caméra (le match était retransmis sur Eurosport), il fallait faire honneur au club. Banderoles à l’effigie de l’équipe, mégaphone tonitruant pour mobiliser les foules, maillots blanc en guise de souvenir distribués à l’entrée… tout était prêt pour faire de ce rendez-vous l’inoubliable fête promise depuis plusieurs semaines. De polémiques (où accueillir le match ?) en discussions (sur le coût des frais de sécurité), la rencontre se tenait donc au Petit-Bois, illustre stade (vieux comme le monde) de Charleville-Mézières. Quelques grillages en guise de pourtours, deux tribunes face à face, un espace presse restreint et un coin VIP aux allures de fin de mercato, l'enceinte faisait appel à la mémoire des habitants de la ville qui, il fût un temps, avait une équipe en 2ème division et talonnait Sedan. Alors revoir des joueurs professionnels dans cette arène, même le temps d’une soirée, forcément, pour les Carolo-macériens passionnés de football mais un peu frustré de ne plus avoir d’équipe à supporter, c’est émouvant.

Valeureux Pirisiens (avec un i)

Face à Montpellier, la tâche semblait impossible. Trop fort sur le papier, les Héraultais devaient l’emporter facilement. Ce fut le cas, mais les Pirisiens se sont montrés offensifs, auteurs de quelques fulgurances qui auraient pu coûter un, voire deux buts au portier héraultais. L’équipe alignée hier soir était (presque) la même présentée lors des matchs de Ligue 1. D’ailleurs, il semble loin le temps où, à ce stade de la compétition, les pros alignaient leur réserve sur le terrain pour protéger l’équipe type… avant de se voir éliminer par des petits poucets. Ainsi, et malgré l’absence de quatre titulaires partis pour disputer la CAN (Belhanda, Saïhi, Camara et El Kaoutari), Loulou Nicollin et sa team auront décidé de laisser s’exprimer la foulée olympienne d’Olivier Giroud, la puissance du Nigérian John Utaka et, sans le savoir, de permettre à Rémy Cabella de réaliser un doublé.

Dès l’entame du match, le ton est donné. Si Prix-Lés-Mézières tient le coup, les Montpelliérains s’imposent dans les duels et, après un quart d’heure de jeu sous (petite) pression, inscrivent le premier but de la rencontre. A la 16ème minute, sur un centre de John Utaka, Cabella marque d’une tête que le poteau accompagne au fond des filets. Dès lors, les Montpelliérains prennent le jeu à leur compte et multiplient les offensives. Pour ne rien arranger, le marquage des joueurs de Pierre Dacre, entraîneur de l’AS Prix, un peu large, va leur permettre de se créer des espaces. Quand Giroud ne tente rien, c'est Cabella qui rapplique. Et c'est encore lui qui, sur un centre de Bedimo, parvient à battre Mercier, à 5 minutes de la pause.

Un retour de vestiaire tonitruant

Après la pause, les Montpelliérains vont subir cinq minutes difficiles. Le type de phases de jeu qui peut créer le doute, aussi infime soit-il. A la 47ème minute, Raulet frappe au but et oblige Pionnier à pousser le ballon en corner. Un corner qui lui offrira une seconde chance : il reprendra le ballon de volée mais le verra partir au-dessus des filets. Un moment d’euphorie que vient conclure ce même Raulet (décidément très inspiré) qui, deux minutes plus tard, d’une frappe appuyée bat Pionnier… mais pas son poteau droit. Vexé par ce sursaut d’orgueil, l’équipe adverse reprendra le pas et l’avantage sur le match. 57ème minute, d’une frappe lointaine qui touchera la barre, Estrada marque son seul but de la rencontre. Rejoint par Giroud 13 minutes plus tard qui, apparemment agacé de ne pas scorer, et après quelques déchets, inscrira le quatrième but de son équipe, parfaitement servi par Aït-Fana.

Pour autant, cela ne semble pas refroidir les ardeurs des supporters. « Et on s’en fout » , entonnent-ils en cœur, lorsqu’ils n’interpellent pas l’entraîneur de Prix pour faire rentrer Bailly, l’enfant du pays, sur le terrain. Si l'on pouvait craindre l'effondrement des joueurs de Prix en fin de match, après 1h30 de jeu physique mais régulier, les dernières minutes sont plutôt équilibrées, laissant même la place à quelques offensives pirisiennes. Socre final : 0-4 pour Montpellier. Le miracle n'aura pas eu lieu, mais les joueurs de Prix auront surpris par leur vigueur et leur ténacité. A l’image de Locminé contre le PSG, les Ardennais auront montré un beau visage, solide et combattif, et prouvé que le football amateur pouvait, sur certaines phases de jeu, rivaliser avec l’univers des pros, aujourd’hui en France. Et ça, ce n'est pas toujours une bonne nouvelle.

Par Romain Lejeune
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