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  2. // 8es de finale
  3. // Milan/Sassuolo (2-1)

On était à Milan-Sassuolo et c'était tristounet

Ce mardi, c'était l'entrée en lice des huit derniers clubs de Serie A en Coupe d'Italie, compétition dont tout le monde se fout de l'autre côté des Alpes. Et quelque part, ce Milan-Sassuolo l'illustre bien.

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Deux carabiniers qui dégustent tranquillement leur panino alla salamella, membres d'un service d'ordre qui n'a jamais paru autant superflu. Les règles sont les règles certes, mais sincèrement, un soir de Milan-Sassuolo de Coupe d'Italie, ils seraient bien plus utiles ailleurs. D'ailleurs, pas un mot ne filtrera sur le nombre de troupes mobilisées, secret défense : « Faut voir avec le service des relations syndicales, mon bon monsieur. » D'accord, Marcello Patulacci. Peut-être éprouvent-ils un peu de honte d'être payés à glander. Rappelons que l'État, qui finance ces services, pousse pour que les clubs récupèrent le bébé. Ce sont quand même les impôts du peuple italien dont on parle là. Comme prévu, ce 8e de Coupe nationale ne passionne pas grand monde et les clubs sont les premiers à montrer des signes de désintérêt. La direction du Milan a décidé de fermer 6 des 11 secteurs qui composent San Siro dont tout le troisième anneau. Ça fera des économies sur les stades et le nettoyage d'après-match. Affluence ? 8393 spectateurs. Finalement, on s'en sort pas si mal, probablement grâce à une température plus clémente que prévue, et la fameuse nebbia milanaise qui nous laisse tranquille ce soir. Par contre, il faut bien lâcher son petit billet pour avoir une bonne place de parking.

« Ils sont 20 000 à Bristol en ce moment même »


La Coupe d'Italie est aux transalpins ce que la Coupe de la Ligue est aux Français, en pire. Au moins lors des premiers tours. Il faut dire que la formule bancale et élitiste n'aide en rien à la faire entrer dans les mœurs des autochtones : « Ces matchs-là, ça vaut pas plus qu'un amical » confie Vincenzo venu braver l'ennui et le froid, « Y a rien à faire, ça ne fait pas partie de la culture italienne, ça commence à être intéressant à partir des demi-finales, pas avant. » Mais pourquoi est-il là alors ? « Pour les abonnés, l'entrée est gratuite, et pour les autres ben, ça coûte moins cher, c'est l'occasion d'assister à une rencontre au premier anneau rouge par exemple... » Il finit sur un coup de gueule : « Mais nous, on vient assister à ces rencontres pourries, on devrait avoir la priorité au moment de la mise en vente des places pour les derniers tours, c'est trop facile de n'être présent que quand il y a un intérêt. » La méritocratie pour remplir les travées lors des matchs les moins intéressants. Pourquoi pas après tout.


Très vite quand on parle de la coupe, les références vont à la France et à l'Angleterre. Venu de Parme, Roberto en a gros sur la patate : « Ce soir même, y a Bristol City-Doncaster en FA Cup, deux équipes de troisième division, stade de 20 000 places, pleins à craquer ! » À travers ses yeux rouges, on peut lire le respect envers une nation forte en traditions. « Et puis l'inversion de terrain comme en France, moi j'aimerais bien qu'on aille à Monza ou Sesto, et même plus loin encore, ça ferait de superbes déplacements » , surenchérit son pote à la barbe graissée de mayonnaise. En effet, ce soir, les Sassolesi sont une petite dizaine, et on n'a même pas daigné les mettre dans un parcage séparé du reste du stade. Toutefois, on a récemment vu de beaux exodes à San Siro, les tifosi de Novara et La Spezia étaient venus par milliers. Imaginez ce que le Piola ou le Picco aurait pu donner s'ils avaient reçu les Rossoneri.

« Ce soir, je fais 100 € de recettes »


Le Coupe d'Italie ne fait pas que le malheur des tifosi, mais aussi de tout ce qui gravite autour du stade. Daniele est attablé à sa bancarella où s'entassent les produits de contrefaçon officiels. Un classique du marketing à l'italienne. Ce n'est pas aujourd'hui qu'il fera recette : « Pas le choix, faut faire acte de présence, mais je préférerais être bien au chaud chez moi, d'ailleurs je plie les gaules dans une heure, une fois que la rencontre débute. La recette de ce soir ? Boh, 100 €, pas plus. » Eux ça va, leur marchandise n'est pas périssable, mais quid des camions de sandwichs ? Peut-être une soirée à perte. Ce soir, le Milan a tout de même décidé de mettre le paquet, car la Coupe d'Italie est l'objectif déclaré du club, ainsi de nombreux titulaires sont alignés, mais pas de quoi faire frémir les supporters lombards : « On a gagné des Coupes d'Europe pendant des années, on va pas fêter une Coupe d'Italie. Je n'arrive même pas à me faire à l'idée qu'on pourrait défiler en bus avec cette Coupe » , s'exclame Roberto. Après le caviar, les œufs de lompes sont indigestes, dit un vieux proverbe bantou, « Che cazzo ce frega della coppa » la version italienne signée Vincenzo. Dans un style moins imagé certes, mais tout aussi convaincant.

Le speaker s'efforce de donner de la voix et annonce le nom des joueurs comme pour un match normal, mais les blases d'Albertazzi et Agazzi résonnent plus que jamais. Timidement, la mascotte Milanello (un diable) salue les tribunes et quand l'hymne du club retentit, on ressent presque comme un malaise. Heureusement, les ragazzi de la Curva Sud ont plutôt répondu présent. Pas en masse, mais avec le leader « Il Barone » et son bomber orange fluo au centre de l'ancienne « fosse aux lions » . Doucement, mais sûrement, le froid descend dans les travées et lorsque Sansone égalise sur penalty pour les visiteurs peu après l'heure de jeu, on prie pour qu'il n'y ait pas la prolongation, voire les tirs au but. Heureusement, Nigel de Jong délivre tout un peuple… et une tribune de presse. Enfants, amis et bimbos sont venus mater le match à l'œil grâce à la complicité d'un service de presse légitimement indulgent. Le Milan, lui, passe en quart et encaisse une recette de précisément 53 095 € et 50 cents. De quoi payer cinq jours de salaire à Mexès.

Par Valentin Pauluzzi, à Milan
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C'est clairement la dernière phrase qui fait le plus mal, même si Mexès est un bon joueur.

On critique souvent notre bonne Vieille Coupe de France, mais force est de constater qu'elle constitue une tradition que beaucoup de pays (qu'on revendique comme ayant une plus grande culture foot que nous) nous envient. Et c'est vrai que notre émerveillement à voir le petit terrasser le gros nous énerve souvent, qu'on nous tire vers le bas parfois à vanter le faible, mais ça a son charme. Les exemples des coupes nationales espagnoles et italiennes doivent rester dans notre esprit, afin de savourer la Coupe de France comme il se doit, rendez-vous incontournable de notre football.
Mais personne ne critique la Coupe de France, bien au contraire, on la plébiscite ! C'est sa petite soeur bâtarde que Moustache cherche à mettre en avant qu'on critique : la coupe de la ligue !
valeureux liégeois 74 Niveau : National
8000 personnes à San Siro, comme c'est triste. En-dehors de l'Angleterre, la France, l'Espagne & l'Allemagne, la Coupe nationale est devenue une purge pr les clubs des autres pays (dont notamment chez nous au Plat Pays). La disparition de la Coupe des Vainqueurs de Coupe & le format de la CL n'y sont pas vmt étrangers à mon avis.
lucasportadise Niveau : DHR
Y'a rien de mieux que la coupe de France.
Terrain gras, football amateur, bière-saucisse et le fameux david contre goliath.
C'est génialissime la coupe de France, quand le mois de janvier approche je suis le premier devant ma télé et même les Kader Boudaoud, Xavier Gravelaine, Emmanuel Petit et Guillaume Di Grazia ne m'insuportent pas.
ramirez le roi des merguez Niveau : District
Stade impressionnant vide sur les photos.
Plein pffffff ça doit déchirer.
Moi qui ait une fois joué devant 5000 personnes (finale rugby comité du Béarn) j'avais été surpris par le bruit et avais eu les jambes en coton durant l'échauffement....
Ils font un chouette métier. Ils en chient pour y arriver certes certes pour ceux qui percent tssssss chouette job.
@laurentlp @lucasportadise
Je suis tout a fait d'accord avec vous les gars, c'est pour ça que je précise que cette Coupe a un charme vraiment particulier! Il faut la préserver. Mais je peux vous assurer que certains n'apprécient pas le concept du petit qui terrasse le gros, des matchs à 15h le dimanche en retour de nouvel an ou presque sur France TV avec Thierry Adam pour un Nîmes-AS Mainguettes-la-Jolie.. Et c'est bien dommage, parce que c'est l'une des rares spécificités de notre football, et on nous l'envie.

Concernant la Coupe de Moustache, elle a des inconvénients, mais aussi des avantages. Mais c'est vrai que les premiers dépassent allègrement les seconds.
Note : 1
Faudrait expliciter les désavantages de la coupe de la ligue dans vos analyses. Car perso j'en vois pas.

Il y à 20 clubs d'élites et trois trophées à prendre par an , ceux qui crachent sur la coupe de la ligue ou la coupe de France sont en général des loosers qui n'arrivent jamais à les gagner.

Le jour ou ils sont en finale (voir demie , voir quarts) , la c'est la folie dans le ghetto , hypocrisie maximale !

Sinon triste de voir cette mentalité au Milan AC , très grand club par le palmares mais avec un public pourrie gâté visiblement.
Milan_forza18 Niveau : CFA
La coupe en Italie comme dit dans l'article jusqu'en 1/2 on s'en fout ! Mais bon la c3 aussi donc reste plus beaucoup de truc après!!!
Message posté par GhostPsg


Sinon triste de voir cette mentalité au Milan AC , très grand club par le palmares mais avec un public pourrie gâté visiblement.


Je pense pas que le problème soit qu'il sont pourri gaté, même lors des affiches et des derbys face à l'inter le stade ne se rempli jamais. Ca sent plutôt le désintérêt non ?
C'est n'importe quoi, la Coupe d'Italie ne commence qu'en 1/4 ou 1/2 selon les affiches, mais elle a une grande importance, bien plus que la coupe de France. D'ailleurs elle permet d'arborer un patch sur son maillot et donne souvent lieu à des finales mémorables : Roma, Inter, Juve, Naples, Lazio ces dernières années.
sangue-violenza Niveau : District
Erreur. Ce n'est pas parce que le milan fait stade vide un mardi (après 3 matchs en une semaine a san siro) contre sassuolo que la coupe n'a pas d'importance en italie. Elle en a de plus en plus d'ailleurs. C'est un cas particulier le milan.

La preuve ci-dessous, c'est vrai que cela manque d'enthousiasme..:)
https://www.youtube.com/watch?v=dCZWtL1-pJQ
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