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On était à la réunion des Pastoristes

Des maillots du PSG floqués du numéro 10, des masques à l'effigie d'El Flaco et beaucoup d'étoiles dans les yeux. Eux, ce sont les fans inconditionnels de Javier Pastore. Et ils se sont réunis officiellement lundi dernier pour la première fois dans un troquet parisien.

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Lundi 24 avril, début de soirée, Le Perroquet, à deux pas de la porte d’Orléans, dans le sud de Paris. Une jeune femme s’avance prudemment derrière les portes du troquet : « C’est ici la réunion pour Mélenchon ? » Derrière le comptoir, Patrick et son épouse sont formels : « Ah non, ici, c’est pas la politique, c’est le football. » Vrai que les posters à l’effigie du PSG tapissent les murs du Perroquet. Sur un vieux drapeau affichant les coupes glanées par le club rouge et bleu, on a même rajouté les lignes du palmarès des années 2000 et 2010 au Tipp-Ex. Pourtant, au fond de la salle, la discussion s’apparente davantage à celle d’un culte religieux qu’à celle d'un bistrot. « C’est beau. C’est quelque chose... Tu sais, ça se ressent, c’est difficile à décrire. Quelque chose de puissant, de fort, qui te prend physiquement, qui remonte, te hérisse le poil, qui monte derrière la nuque jusqu’au bout de tes cheveux » , souffle Hervé. Cette chose, c’est Javier Pastore.

L’église pastoriste


Quand on voue allégeance au meneur de jeu argentin, il est préférable d’avoir un goût prononcé pour la souffrance et le romantisme. Ces deux dénominateurs communs sont partagés par la quinzaine de fidèles accoudés au fond du bar. L’objectif ici est de créer le premier rassemblement de « Pastoristes » en France. Rien que ça. « Javier est un joueur clivant. On veut lancer un mouvement autour de ce garçon qui engendre plus d’émotions que la moyenne » , confie Marc Álvarez, journaliste pour Canal-Supporters, le site à l’origine de cette assemblée. Au-delà d’un simple mouvement, il s’agirait presque d’une secte religieuse dont les fondements se basent sur l’inconstance de Flaco. « Le foot moderne, ce n’est que des stats, des buts, des passes décisives. On déprécie Pastore au profit de machines froides et tueuses comme CR7. Ce n’est pas ça que l’on veut » , s’époumone Khalif, vêtu d’une tunique floquée au nom de son prophète.

À ses côtés, Enzo, dix-sept piges au compteur, partage son constat : « J’adore Cavani, il plante des pions comme personne. Pourtant, mon joueur préféré reste Javier. Il est partout dans ma chambre et ma mère me trouve cinglé. » Xavier, la trentaine, essaye quant à lui de rationaliser l’amour qu’il porte à l’Argentin. Peine perdue. « Cette tête levée, ce torse bombé, cette sensualité gestuelle... Javier, c’est un mélange de ces éléments. En fait, je crois qu’il relève du divin. » Derrière cette sacralité se cache en réalité un plaisir coupable, égoïste. Celui d’être à la marge, d’être ostracisé par les autres et de prendre son pied malgré tout. « Il y a eu des périodes où il était tellement lynché et sifflé qu’on se sentait obligé de vraiment l’aimer, de lui dire "viens, on va te réconforter". La puissance de ses moments de grâce comme contre Chelsea s’en retrouvait donc décuplée  » , poursuit Ambre Godillon de Canal-Supporters, avant de lancer un karaoké improvisé en l'honneur de Pastore, sur l'air de « On va s'aimer » .

Le Pastorisme pluriel

Aujourd’hui, la vie des Pastoristes est plus calme que par le passé. Même si Javier joue le remake du Malade imaginaire depuis des mois, il a gagné auprès du grand public une légitimité qui permet aux puristes de s’exprimer à visage découvert. Désormais, leur blues a laissé place à des conflits internes. Comme toutes les religions avant elle, le Pastorisme risque de faire face à un schisme, une rupture dans la communion d'El Diez. « Je suis pastoriste. On ne peut pas me retirer cela. Mais contrairement à d’autres, je ne veux pas tomber dans l'idolâtrie et ne jamais le remettre en question sportivement. Je suis un Pastoriste pragmatique » , balance Mohammed, la pinte de bière à la main. « Tu peux pas dire ça ! Le Pastorisme et le pragmatisme ne peuvent pas être associés. Ces deux préceptes s’opposent » , réplique Damien. Un autre croyant confie sous couvert d’anonymat qu’il commence à perdre la foi, la frustration de voir le frêle Argentin en tribunes ou sur le banc ayant pris le dessus. Bref, le natif de Córdoba réussit même à faire douter les siens. À l’exception d’un Pastoriste de la première heure...


Le plus grand des Pastoristes

Le 12 septembre 2011, Hervé publiait sur YouTube une vidéo titrée La chanson de Javier Pastore pour montrer ses talents de chanteur à un ami – « la vidéo était trop lourde pour l’envoyer par message » –, sans se douter que son hymne à la gloire d'El Flaco allait casser les internets. Après le buzz médiatique, l’homme se retrouve l’année dernière à suppléer le speaker du Parc des Princes, Michel Montana, pour un PSG-Montpellier. Et à la 77e minute, un frémissement parcourt le Parc. « Zlatan Ibrahimović et Javier Pastore vont faire leur entrée. Zlatan entre en premier, je l’annonce. Très normalement. Javier entre, et je me lève, habité par un kiff ultime de faire entrer mon Javier, mon Flaco, mon""MagniFlaco". Je le vois, et il (Michel Montana, ndlr) m’avait dit : "Hervé, tu sais, c’est pas la peine de crier, tu as un micro." Je dis : "Non, mais je crie pas, je déclame mon amour." Quand t’es amoureux, t’as envie de le dire. T’as les yeux qui brillent, tu tremblotes. Eh bah, Javier, quand il est entré, j’avais envie de lui dire que je l’aimais. Et la façon que j’ai eu de lui dire, c’était en hurlant son nom. C’était l’un des plus beaux moments de ma vie. »



Par Florian Lefèvre et Lhadi Messaouden
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