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  3. // Fluminense/Vasco de Gama (1-2)

On était à la présentation de Ronaldinho au Maracanã

Présenté en grande pompe aux supporters de Fluminense avant le Clásico contre Vasco, Ronnie n'a pas porté chance à sa nouvelle équipe, qui s'est pris les pieds dans le tapis.

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Fête tricolore à Rio. Pas pour les volleyeurs français, qui ont remporté la Ligue mondiale quelques heures plus tôt au Maracanãzinho, salle multisports à l'ombre du mythique stade de foot. Les dizaines de milliers de maillots tricolores (vert, blanc et grenat) affluent vers le « vrai » Maracanã, pour recevoir comme il se doit un adepte des nuits parisiennes, mais bien Brésilien, pour le coup : Ronaldinho. Si l'enceinte reçoit l'affluence des grands jours, ce n'est pas seulement pour saluer l'arrivée du crack, qui n'est que l'apéro d'un Clásico contre le Vasco, rival honni que le Fluminense n'est pas foutu de battre depuis trois ans. En cas de victoire, Fred et ses potes s'emparent de la tête du championnat. C'est aussi l'occasion d'enfoncer encore plus les Vascainos dans la mouise. Relégable, l'ancien club de Juninho avait aussi tenté de rapatrier Ronnie, mais s'est pris un râteau, alors que le président Eurico Miranda, ancien député véreux, avait annoncé que le deal était bouclé à 90%. Une fois le contrat signé, Fluminense n'a pas raté l'occase : 90 + 10 = 100% tricolor, a raillé le club sur les réseaux sociaux, le tout illustré avec une photo du joueur arborant un maillot floqué du 10.

« Fierté et méfiance »


Une heure et demie avant le coup d'envoi, prévu pour 16 heures, le métro est déjà blindé, et une jeune Française aux joues peintes en bleu blanc rouge fait face à une marée humaine sur le chemin du retour du match de volley. Une fois descendus de la rame, les supporters ne traînent pas en route. La présentation de Ronnie est prévue pour 15 heures, et, de toute façon, il est interdit de vendre des bières à un kilomètre à la ronde… Les bars en pâtissent, mais les vendeurs à la sauvette font du chiffre, comme les caïds qui refourguent des places au marché noir. Les tricolores sont connus pour arriver au stade à la dernière minute, mais là, miracle, le secteur sud est déjà pratiquement plein une heure avant le match. Les autres tribunes sont aussi bien garnies. Il n'y a qu'un trou béant côté nord, dans le secteur réservé au Vasco. 15h15, Ronnie se fait attendre, et les débats vont bon train. Est-ce qu'il arrivera aussi à la bourre aux entraînements, après des nuits bien arrosées ? « C'est une inconnue. On sait que c'est en grand joueur, qui a gagné une Coupe du monde, mais pour nous, c'est un mélange de fierté et de méfiance. On ne sait pas s'il est en forme, s'il va transmettre son expérience au groupe, ou s'il va passer son temps à faire la fête » , s'inquiète André, la cinquantaine grisonnante. Beaucoup de supporters craignent que Ronnie ne pervertisse les jeunes pousses du club, comme Gerson, 18 ans tout mouillés, déjà annoncé partant à Barcelone. Pour Thais, à peine plus âgée que Gerson, pas de souci. R10 est le bienvenu. « Je suis fan de lui, comme tout le monde, pour tout ce qu'il a déjà fait pour le Brésil. Ça m'a donné très envie de venir aujourd'hui » , s'émoustille la jeune Carioca en mini-short et maillot moulant de Flu. Pour ce qui est d'attirer le chaland, le club a déjà réussi son pari. Depuis l'annonce de la signature du Ballon d'or 2005, le nombre de socio-torcedores (système à mi-chemin entre l'abonnement et la carte de fidélité) a grimpé en flèche, avec 10 000 nouveaux adhérents, passant de 24 à 34 000.

Pó de arroz et maillot SFR


Du coup, rien n'est trop beau pour accueillir la recrue-star. Musique de péplum, compte à rebours… À son entrée, Ronnie est accueilli par une pluie de pó de arroz venant des travées occupées par les ultras. Une tradition un peu glauque du club de l'élite carioca, qui rappelle le temps où les joueurs noirs devaient se grimer le visage avec de la poudre de riz pour avoir le droit de fouler la pelouse. Sur l'écran géant défilent les plus beaux moments de la carrière du crack, du coup franc magique (ou chanceux, c'est selon) contre l'Angleterre de Seaman en Coupe du monde 2002 au titre de la Libertadores avec Atlético Mineiro, en passant par l'ovation des aficionados du Real, qui saluent son récital avec le Barça au Bernabéu. En bonus, des images de sa célébration de rock star après un but contre Bordeaux, sous le maillot vintage SFR du PSG en Coupe de France. Le Gaúcho débarque sur la pelouse avec vingt minutes de retard, main dans la main avec une petite fille, mais disparaît vite sous une nuée de photographes. Même à quelques mètres des tribunes, on n'aperçoit guère que ses cheveux longs bouclés, à moitié cachés par un bandana qui lui serre le crâne. Il prend le micro vite fait, remercie timidement les supporters et envoie un ballon mollement en tribune. Dix minutes top chrono sur la pelouse. Le temps d'écouter l'hymne officiel de Fluminense entonné à pleins poumons par la foule, bien plus que l'hymne national, noyé par les chants de supporters avant le coup d'envoi, tout comme la minute de silence en hommage à Ghiggia, celui qui a fait pleurer 200 000 Brésiliens au Maracanã il y a 65 ans et des millions d'Uruguayens jeudi dernier.

Le bourreau du Maracanazo disait que seules trois personnes avaient réussi à faire taire le stade mythique : Frank Sinatra, le pape Jean-Paul II et lui-même, en marquant le but qui a empêché le Brésil d'être champion du monde chez lui. Dimanche, le trouble-fête a un nom bien moins ronflant, quoiqu'assez folklorique : Jhon Cley, jeune milieu de terrain de Vasco dont les parents sont des fans de John Lennon fâchés avec l'orthographe. D'une mine en pleine lucarne, le minot de 21 ans donne la victoire 2-1 au Gigante da Colina, histoire de foutre en rogne plus de 30 000 tricolores, y compris Ronnie, qui a tout vu depuis les loges. En conf de presse, juste avant sa présentation, la star de 35 ans assurait avoir « des fourmis dans les jambes » . Pourtant, la reprise se fera en douceur pour lui, avec un retour à l'entraînement prévu pour le 27 juillet et le premier match le mois prochain.


Par Louis Génot, au Maracanã
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Faustino Asprilla Niveau : Loisir
Ca commence bien sur la tof de la page d'accueil le gars a deja les yeux rougis par le bedo. Ou par la tise. Ou par une nuit avec des meufs. Ou les trois.
Peut-être l'émotion aussi. C'est un coeur d'artichaut le Ronnie.

Ou les meufs, la tiz et les splifs effectivement.
Ils ont réussi à recycler Jar-Jar Binks finalement...
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Content de voir Ronnie retourner au Brésil, par contre un peu déçu que ce soit à Fluminense. J'aurais préféré un come-back à Flamengo ou une signature au Vasco.
Tevez et Ronaldinho les deux grandes stars du foot. Rien a foutre des autres !!
Here it's Cape Town Niveau : DHR
Message posté par Alain Proviste
Content de voir Ronnie retourner au Brésil, par contre un peu déçu que ce soit à Fluminense. J'aurais préféré un come-back à Flamengo ou une signature au Vasco.


A Gremio cela aurait été plus symbolique, la boucler la boucle...
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