On était à la présentation de Rafael Marquez

A seulement 31 ans, Rafael Marquez a décidé de quitter le football européen pour rejoindre le soccer américain. Direction les New York Red Bulls, où il retrouvera son ancien coéquipier Thierry Henry.

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Thierry Henry irait au stade en métro, selon la rumeur. Mouais. Alors dans ce cas, Thierry Henry se galère à rejoindre la 33e ou le World Trade Center, se perd dans les correspondances pour choper un PATH – une sorte de RER en encore plus flingué qui traverse le Hudson River – et, une fois arrivé dans le New Jersey à la station Harrison, se tape quatre blocks de marche avant de rejoindre la fameuse enceinte. Comptez une heure en moyenne. Ou alors, il habite déjà dans le New Jersey, et ça, très honnêtement, on ne lui souhaite pas. Parce que le New Jersey, c'est comme le cinéma ou les séries TV le montrent : c'est gris, c'est lourd, c'est moite. Astucieusement baptisé Red Bull Arena, le stade est d'ailleurs coincé entre un parking de pick-ups, un terrain en friches et un hangar désaffecté. Dommage parce qu'en elle-même, l'antre des New York Red Bulls a de la gueule : un véritable petit écrin à l'anglaise, avec 25 000 places au bord de la pelouse, sobre et bien mieux équipé que n'importe quel stade de L1.

Ce mardi, tout le personnel est au taquet. La raison ? Les Red Bulls vont présenter leur nouvelle recrue à la presse. Z'ont fait les choses correctement : des hôtesses partout, des canettes de Red Bull à volonté et des affiches « Bienvenido Rafa Marquez ! » . Un succès, la salle de conférence est pleine, les télévisions et la presse écrite mexicaines et américaines ont fait le déplacement. La cérémonie prévue à 1.15pm prend un peu de retard, on s'impatiente un peu puis, après un petit « Waka Waka » de Shakira, Rafael Marquez débarque. A la cool, jean/chemise/écharpe des Red Bulls autour du cou ; comme un mec qui sait qu'il n'aura pas à batailler pour se faire une place dans l'effectif.

Après une courte biographie déclamée par un officiel – qui rappelle que Marquez avait été élu meilleur défenseur de D1 il y a dix ans avec Monaco –, l'ancien barcelonais sert le gazpacho habituel : il est très content d'être là, extrêmement excité à l'idée de relever le challenge proposé, heureux de pouvoir évoluer dans une ligue en pleine croissance, conscient d'être attendu par la forte communauté mexicaine présente aux Etats-Unis, blablabla... A ses côtés, un commissaire de la Major League Soccer ne cache d'ailleurs pas son ambition de conquérir le marché hispanique. Erik Soler, le directeur sportif des Red Bulls, justifie lui la stratégie des NYRB qui recrutent là leur troisième et dernier "designated player", c'est-à-dire un joueur dont le salaire peut dépasser le plafond fixé par la ligue: «  Nous sommes délibérément très agressifs sur le marché des transferts. C'est avec des joueurs de classe mondiale qu'on peut espérer élever le niveau de la MLS : Rafael Marquez, Thierry Henry, Juan Pablo Angel » . Oui, vous avez bien lu, Thierry Henry. Finalement, la seule information exploitable sort de la bouche de Hans Backe, l'entraîneur, qui confirme que Marquez jouera center midfield/centro del campo. Milieu de terrain, quoi.

L'histoire est pliée en une petite demie-heure, questions et photos comprises. Il est temps de prendre l'ascenseur pour rejoindre la sortie. Une hôtesse appuie sur le bouton et taille le bout de gras : « Celui-là est encore plus mignon que Thierry Henry. En plus, j'ai entendu dire qu'il était bon et qu'il avait disputé la Coupe du Monde avec l'Espagne, c'est ça ? » . Vite, le PATH.

Justin Maturana

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