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  2. // Célébration de Manchester United

On était à la parade mancunienne

Vexés en mai dernier, tabassés par le scénario qui avait élu Manchester City champion d'Angleterre, les Red Devils paradaient une dernière fois. Avec du monde, des chants, des pancartes et même l'ombre d'Eric Djemba-Djemba.

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Les bobbies sont un peu plus présents en ville. Les rues sont un peu trop animées pour un lundi pas très chaud, avec un orage au goûter, et un vent à décorner Anne Sinclair. Manchester doit pourtant mettre ses habits de parade pour célébrer un nouveau titre, son coach et un roux. On entend deux hélicoptères tourner autour de la ville. L'événement est retransmis en direct sur internet, la chaîne du club et les principales chaînes anglaises.

« Ferguson, ça me fait plus d'effet que Mickey »

Pendant qu'en ville, les fans font un stop pour chanter devant la boutique de Manchester City, plus de 20 000 personnes se sont massées sur la Matt Busby way, devant Old Trafford. Capacité maximale atteinte à 17 heures, 1h30 avant le début des hostilités. Au menu : 2,6 miles de route jusqu'à Albert Square, face à l'hôtel de ville. « D'habitude, c'est un peu con, un peu niais une parade. Mais, là, y a pas à dire, Ferguson, ça me fait plus d'effet que votre Mickey à Disneyland là ! » théorise ce fan avec le maillot floqué sobrement « 20 » , sans nom – « pour van Persie et les titres de Ferguson, non mais t'imagines les types un peu ?! » . Les écrans géants de part et d'autre de la scène retransmettent le direct de MUTV. Un speaker au micro beaucoup trop fort chauffe un peu le public, en égrainant quelques recrues notables de Ferguson. Entre des Jaap Stam, Roy Keane, van Persie, Van Nistelrooy, Cristiano Ronaldo, le nom d'Eric Djemba-Djemba s'incruste dans la liste. La foule siffle gentiment et se marre. Dwight Yorke aussi, toutes dents dehors qui consulte pour la Sky, costard et baskets en toile, sur une estrade privilégiée. Tout autour de la place, c'est le Roudourou : du monde au balcon dans les apparts avec vue sur la scène.

Rooney sifflé

Dans le ciel désormais complètement bleu, le bruit des hélicos se rapproche. L'ambiance monte d'un cran. A 19 heures, les flics verrouillent Albert Square. Full. Sur les écrans géants, alors que Wayne Rooney subit quelques huées, le bus fend une foule impressionnante, plutôt disciplinée, tout au long du parcours. Albert Square sera un peu plus turbulente. Lampadaires, arbres, barrières ou le camion de loc' de la production Sky : tout est prétexte à se percher. The Courteeners montent sur scène. Ces mecs du coin ont la grosse cote en Angleterre, au Japon et auprès de Morrissey. Réglé à la minute, le band envoie deux titres avant de conclure sur « Not Nineteen Forever » , au moment où le bus à impériale arrive à destination, à 20h. Timing nickel. On dégaine les fumigènes, les pancartes « RIP City » , ou le drapeau trop anticipé et ironique « City 2013 winners' cup » . Après 15 minutes à saluer la place d'Albert, joueurs et staff prennent place sur le podium. Sir Alex Ferguson fait un petit discours, évidemment plein d'amour. Dans le public, Ben, 5 ans, explique à sa manière son admiration pour Ferguson : « Moi, je l'aime bien parce qu'il aime bien les chewing-gum comme moi » . Scholes se fait discret, comme à Old Trafford dimanche, même si c'est aussi un peu son jour. Rio Ferdinand, avec sa casquette Five, force un peu les choses en entonnant le chant «  He scores goals, galore, he scores goals ! Paul Scholes » . Sur l'estrade presse, les yeux semblent inquiets. Derrière eux, une barrière a sauté et a créé une brèche dans laquelle s'est engouffrée une centaine de fans. Des fans qui mettent à dure épreuve cette estrade solide comme un escabeau. Les Anglais n'aiment pas trop ce genre de mouvements de foule. Trop de mauvais souvenirs. Le mec de la BBC essaie de faire barrage tant qu'il peut mais les fans affluent de partout. Cela n'épargnera pas une de ses caméras. Les bobbies mettent une dizaine de minutes à se pointer avant d'évacuer énergiquement les « intrus » , bien houblonnés mais courtois, sans violence ou volonté de se faire une vitrine, de piquer du matos ou autre. « Moi, je voulais voir de plus près la meuf de la Sky. Tu la connais ? Elle est bonne hein ! » demande Marvin, un fan romantique.

Les parents des enfants en pleurs sont attendus au pied du podium

Après 20 minutes sur scène, deux rappels assumés par Ashley Young, van Persie, Evra, Ferdinand, Smalling en béquilles, l'ensemble du club disparaît pour goûter à la réception du Maire. Pour la plus grande déception des supporters qui en espéraient un peu plus, après plus de 2 heures d'attente. « Les joueurs ne repartiront pas en bus. Veuillez quitter la place s'il vous plaît, dans le calme. Les festivités sont terminées » , prévient le speaker. Au milieu de la place, trois gamins pleurent, perdus. Indice pour retrouver les parents : « Ma mère porte un maillot rouge de Manchester United » , indique l'aînée de 10 ans. C'est pas gagné.






Par Ronan Boscher, à Manchester
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Une parade pour fêter le titre de Champion, une grande ville industrielle, une culture de la beuverie et des pubs de partout... une région sinistré par le chômage, et dont les hooligans faisaient peur il y a encore 20 ans...

et Regardez-moi cette foule! Des gosses, des femmes des familles réunies!

Seriously Paris...
Bienvenue dans un pays de foot, le pays du foot même.
benbecker
c'est moi ou le petit sur la dernière photo perd son pucelage contre le lampadaire?
Le sens de la fête (la vraie, la populaire, la joyeuse) a eu visiblement du mal a traverser La Manche
Malheureusement, les débordements d'hier ont eu lieu à cause d'un problème plus profond que le hooliganisme, ce qu'on appelle l'éducation.
Apparemment il y'a eu de la casse au Trocadero là ?
Pour le coup Nani ressemble vraiment à un livreur de DHL
Message posté par benbecker
c'est moi ou le petit sur la dernière photo perd son pucelage contre le lampadaire?


C'est normal, regarde le panneau. "pederast zone at any time"
J'ai toujours eu la haine des Anglais, en terme de rivalité sportive, mais j'avoue que si il y a bien un point que je respecte chez eux, c'est leur passion pour le foot.

J'ai eu l'occasion de voir quelques matchs là bas, et c'est vrai que c'est vraiment plaisant de voir les rues remplis de monde avec chacun le maillot de son club, que se soit la mère, le père tatoué ou les gosses parfois très jeune. Alors oui ça ne chante plus et ça ne saute plus comme avant et comme je l'aime, mais la passion est encore là, et franchement je donnerais tellement pour ne pas avoir à attendre que Boca ou l'Argentine pointent leurs nez en Europe pour vivre ce genre de moment, et juste devoir traverser la Seine pour me rendre au Parc et savourer ...
aswinning_11 Niveau : Ligue 2
Ca c'est l'amour du foot.
jayjay972 Niveau : DHR
Le french bashing c'est tendance mais proposer des solutions c'est peut être mieux que le sempiternel y'a mieux ailleurs. Y'a toujours meilleur que nous mais réfléchir à comment s'améliorer soit même c'est toujours plus difficile.
ririquiquiquelme Niveau : DHR
Ba deja rien que sur la photo ya plus de flics que sur le trocadero hier
C'est surtout que les gens arrivent pas à comprendre que le changement, il est pas forcément réservé à "d'autres" ("les supporters", "les institutions", "les politiques", "lui", "elle", "machin truc"). A bon entendeur...
La pancarte "City 2013 cup winners" n'a pas été écrite en avance. "Cup" ne signifie pas la FA Cup mais plutôt "cup of tea" ou un mug. C'est pour signifier que City n'a rien gagné. Et ça, ça fait bien plaisir !
Quelle ambiance ! Quand j'habitais encore là-bas en 2008, il n'y avait pas eu de parade après le doublé championnat-Champions League à cause des supporters des Rangers qui avait saccagé le centre ville après la défaite en finale d'Europa League, qui s'était joué à Manchester. Tout le monde était dégouté. Notre équipe ne pouvait pas défiler dans notre ville à cause de ces maudits Ecossais !
Message posté par jayjay972
Le french bashing c'est tendance mais proposer des solutions c'est peut être mieux que le sempiternel y'a mieux ailleurs. Y'a toujours meilleur que nous mais réfléchir à comment s'améliorer soit même c'est toujours plus difficile.


Il faudrait déjà pouvoir faire une analyse et poser des constats.

Le problème c'est que le politiquement correct empêche les personnes de le faire.
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