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On était à la finale de la Coupe de Pologne

Mardi après-midi avait lieu la finale de la Coupe de Pologne, entre le surprenant Arka Gdynia et les vieux habitués du Lech Poznań. Plongée dans le Stade national de Varsovie le temps d'un mauvais match rythmé par les coups d'éclat du public, les fumigènes, et par un Zbigniew Boniek parfait en maître de cérémonie.

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Le grand public lui avait dit au revoir un soir de juin 2012, après l'exploit d'un garçon de 21 ans en qui beaucoup voyaient à l'époque un Ballon d'or en puissance. Ce soir-là, le Stade national de Varsovie avait frémi au rythme des coups de massue d'un Mario Balotelli qui avait fait de l'Allemagne son jouet, démolissant les hommes de Joachim Löw à lui tout seul et envoyant la Nazionale en finale de l'Euro. Depuis, les plus pointilleux se souviennent vaguement que l'arène a accueilli la finale de la Ligue Europa en 2015, quand ces inconnus du Dnipropetrovsk avaient un temps fait croire qu'ils pouvaient priver Séville du titre. Depuis, le flambant neuf Stade national de Varsovie était redevenu un stade des pays de l'Est parmi d'autres, où Lewandowski et les siens jouent leurs matchs de qualification pour les compétitions internationales dans leur coin, loin des regards. Mais mardi, le mastodonte aux allures de Colisée encerclé de panneaux rouge et gris reprenait du service et ouvrait ses bras à la finale de la Coupe de Pologne, comme chaque année depuis qu'il est sorti de terre en 2012. Ce serait mentir que d'affirmer que l'affiche était alléchante, mais elle avait au moins le mérite d'être surprenante. Le Lech Poznań, valeur sûre du championnat polonais et actuellement à la lutte pour le titre, affrontait l'Arka Gdynia, le promu de la baie de Gdańsk qui lutte pour le maintien. Et après 120 minutes de fumigènes, de chants assourdissants et de vilains gestes, c'est finalement le petit qui a terrassé le gros, qui perdait sa troisième finale de Coupe d'affilée.

Le tifo des supporters de l'Arka

Un hélico au-dessus de Boniek


Niché entre le pont Poniatowski et le pont Średnicowy, sur les rives de la Vistule, le Stade national patiente. Nous sommes le mardi 2 mai, et à 16 heures, au moment du coup d'envoi de la finale, il sait qu'il va trembler un grand coup. Programmer un match si important en plein après-midi un mardi peut ressembler à une idée de fou, mais en étudiant un peu le calendrier polonais, la chose fait sens. Le 1er mai, férié dans le monde entier, tombait lundi. Le 3 mai, férié en Pologne pour fêter la Constitution, arrive le mercredi. Et hop, un week-end de cinq jours. Assez pour espérer une belle affluence, et dès midi, quelques supporters de Poznań se font choper devant le stade par la maréchaussée avec un van plein à craquer de fumigènes. Bonjour les menottes et adieu le match pour les pyromanes. Ceux qui arrivent à esquiver la police ou qui n'ont tout simplement rien à se reprocher finissent par entrer dans l'enceinte, où la pelouse est chauffée par les finales d'un tournoi pour enfants retransmis en direct par la télé nationale. Pour s'échauffer avant de remettre le trophée aux grands, Zbigniew Boniek, le légendaire compère de Platini à la Juve devenu président de la Fédé polonaise, donne la coupe aux bouts de chou victorieux, et tout le monde peut enfin se préparer au grand combat. Après plusieurs jours de sale temps dans la capitale polonaise, les nuages semblent enfin loin, et en regardant vers le ciel, en plus d'apercevoir un bout de soleil, les curieux peuvent même suivre des yeux l'hélicoptère de l'armée qui tournoie au-dessus du stade.

Le 14 juillet


Car la grande crainte des autorités, comme souvent dans le foot des pays de l'Est, c'est un public un peu trop motivé et des supporters qui se transforment en émeutiers. Paranoïa ou peur légitime ? Dans les virages, bien avant le match, des gens aux fanions moyennement avenants ont effectivement pris place et commencent à s'agiter. « Hooligans from Arka » , lit-on sur une banderole déployée dans le virage Sud pas complètement rempli réservé aux supporters de Gdynia. En face, dans le virage plein à craquer du Lech Poznań, on répond par des drapeaux à tête de mort et des tifos agressifs. Les cordes vocales prennent leur service dès l'échauffement des joueurs, et malgré leur infériorité numérique, les gars de l'Arka font bonne figure en répondant au vacarme assourdissant de la tribune du Lech. Le compte à rebours avant le coup d'envoi, « do rozpoczęcia » en VO, continue de défiler sur les écrans géants, et les choses sérieuses démarrent quand sont lancés les hymnes des équipes. Pour Poznań, une chanson sur l'air de Yellow Submarine – de circonstance au moment d'affronter une équipe sapée en jaune –, un rythme plus militaire pour Gdynia. Et quelques minutes avant le coup d'envoi, le constat s'impose : malgré le pont et les jours fériés, le stade ne sera pas plein. L'organisation annonce tout de même près de 44 000 spectateurs. Pas mal, sauf que dans un stade de 58 000 places, les sièges vides se voient vite. Mais le coin du ring des supporters de Gdynia a beau n'être rempli qu'aux deux tiers, les tarés de l'Arka montrent qu'ils ne se sont pas fait griller par la police et fêtent le début du match par un feu d'artifice – un vrai – impressionnant, avec fumis, engins pyrotechniques dignes du 14 juillet et bombes agricoles pour ambiancer le tout.

Au coup d'envoi

Rideau de fumée


La fumée mettra au moins cinq minutes à se dissiper, mais comme nous ne sommes pas au pays de Fred Thiriez, le match démarre tout de même à l'heure et tout le monde comprend rapidement que le joga bonito n'a pas sa place sur cette pelouse. Actions poussives, contacts virils encouragés par un arbitre fâché avec son sifflet, passes qui n'arrivent pas dans les pieds, les joueurs cochent toutes les cases des ingrédients qui font un mauvais match. Grand favori, Poznań domine, mais n'arrive à rien, et quand les Bleus réussissent à tirer, le gardien de l'Arka repousse tout en sortant des parades monstrueuses. En tribune, les Jaunes continuent de craquer fumi sur fumi, malgré les rappels à l'ordre du speaker du stade qui ne servent à rien. À la demi-heure de jeu, tout le virage Sud est carrément masqué par les fumées et l'odeur de brûlé envahit le reste du stade, mais Thiriez n'est toujours pas là, donc le match ne s'arrêtera pas. Sur le terrain, toujours pas grand-chose à se mettre sous la dent, et l'affaire semble se diriger vers un vilain 0-0, toujours sous le regard interrogatif de Boniek. Le virage de l'Arka célèbre la deuxième mi-temps par un nouveau feu d'artifice plein de paillettes rouges et vertes, et l'ambiance est bon enfant entre fans de Gdynia et de Poznań qui se répondent d'une tribune à l'autre dans un gros vacarme et s'applaudissent souvent mutuellement. Comme on pouvait le redouter, les 90 minutes passent, et le score n'a toujours pas décollé. Les ultras du Lech choisissent la toute fin du match pour montrer que la police ne leur avait pas confisqué tous leurs fumis en offrant une marée lumineuse et enfumée impressionnante. Et le speaker continue de rugir dans son micro pour calmer tout le monde, en vain.

Fin de match enfumée dans le virage bleu

La surprise jaune


Après nous avoir forcé à nous farcir 90 minutes de mauvais football, les joueurs élèvent enfin le niveau de jeu en prolongation. Rafał Siemaszko ouvre le score pour l'Arka de son crâne dégarni sur corner, et le chauve Luka Zarandia plante le but du 2-0 trois minutes plus tard en remportant sereinement son duel après un contre. Fin définitive du suspense ? Presque, mais les gars de Poznań veulent y croire encore quand Łukasz Trałka – lui aussi de la tête, et qui lui non plus n'a plus de cheveux – réduit le score à la dernière minute. Trois minutes de temps additionnel plus tard, Gdynia tient sa victoire et crée la sensation. La Puchar Polski est à eux et, alors que la température a baissé de plusieurs degrés en cette fin d'après-midi, la moitié des supporters de l'Arka est torse nu, réchauffée en cramant les derniers fumis qu'il reste. Défaits pour la troisième fois d'affilée en finale, les losers du Lech ont du mal à se relever, tandis que sur la plate-forme réservée aux vainqueurs, les gars en jaune reçoivent le trophée des mains de Boniek et de celles d'Andrzej Duda, gentil président de la République un chouia conservateur, mais proche des joueurs car souffrant lui aussi de calvitie. À l'extérieur, aux sorties du stade, des hordes de policiers suréquipés épaulés par des dizaines de fourgonnettes patientent au cas où. Le football polonais a vécu sa grande fête annuelle. Pour voir du beau jeu, tout ce petit monde attendra 20h45 et la soirée de Ligue des champions.

Campeones


Par Alexandre Doskov, au Stade national de Varsovie
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