On était à la conf' de presse des USA...

Mercredi, face à l'Algérie, les States disputeront un match décisif pour l'accession aux huitièmes. Histoire de bien se préparer, ils ont décidé de respirer de l'air pur. Bob Bradley et ses boys, c'est un peu Martine à la ferme...

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A approximativement 200 mètres de la Casa Azzurri se trouve Irene Farm, le lieu de villégiature sélectionné par les USA pour séjourner en Afrique du Sud. Farm comme ferme en français parce que oui, les potes de Charles Bouchenoire (oui oui c'est la meilleure vanne du mois) évoluent entre des poulets, des veaux et « 160 vaches, et elles sont vraiment très belles » nous explique le propriétaire du coin. Ce qu'il y a de vraiment cool à Irene Farm, c'est qu'on peut enfin se faire une idée de ce à quoi devait ressembler le temps “béni” de l'Apartheid sud-africain. En plus d'une simple ferme, l'endroit propose de bruncher à l'ancienne : que des vieux blancs croulants avachis sur des chaises en fer se faisant servir par des employés noirs au regard vengeur. Ici, impossible de payer en cash, on n'accepte que les cartes de crédit et pour cause : on invite les clients blancs à ne pas se balader avec du liquide plein les poches et ainsi ne pas prendre le risque de se faire détrousser par les méchants indigènes. Même à Irene Farm, on n'est jamais trop prudent.

La conférence de presse a lieu non loin de l'étable, dans une grande tente blanche. Le genre de local qu'on loue pour les mariages. Une fois à l'intérieur, c'est encore plus criant : tapis rouge, chaises de réception et nappes blanches sur les tables. Une vingtaine de journalistes ricains, bluejeans de supermarché, chemises sportswear trop grandes et grosses baskets, se tiennent prêts. Faut être franc, on n'a jamais vu autant de femmes journalistes dans une seule pièce : trois. Une Canadienne qui « fait tous les sports, je ne suis pas une spécialiste du soccer mais bon » , une brune avec beaucoup trop de ventre pour laisser penser à une grossesse et une blonde beaucoup trop belle pour laisser penser qu'elle pourrait nous regarder, même sans faire exprès. Tout le monde fait le silence quand se pointent l'air défiant comme des cowboys, Landon Donovan, Michael Bradley et Steven Cherundolo, là pour répondre aux questions que, en vrai, personne ne se pose. Pour les trois joueurs américains, la véritable menace de l'Algérie s'appelle ندير بلحاج, enfin Nadir Belhadj. « C'est une joueur très vif et très rapide, je vais faire de mon mieux pour le bloquer » explique Cherundolo, qui sera au marquage du joueur de Portsmouth.

Pour faire un peu les malins, on demande à Landon Donovan (de très loin l'association prénom/nom la plus classe du tournoi) ce qu'il pense du foutoir de l'équipe de France. « Je n'ai pas à répondre à cette question » répond-il aussi poliment que fermement. Donovan enchaine ensuite en espagnol dans le texte pour répondre à un journaliste mexicain : « Mercredi on va savoir si on est la meilleure équipe de l'histoire du soccer américain, l'Algérie, on connaît ses forces et ses faiblesses, on n'a pas du tout peur » . Avec son petit ton autoritaire, on comprend mieux comment il a mis à l'amende David Beckham à Los Angeles. Steven Cherundolo, défenseur du Hannoverscher SV 1896, répond pour sa part en allemand et fait presque peur. On se dit que quand même, si y a bien un choix scolaire qu'on n'a pas raté, c'est bien d'avoir pris espagnol/anglais renforcé en 4ème. Du côté du fiston du coach, Michael Bradley, à peine une question pour un joueur qui joue quand même au Borussia Mönchengladbach, mais une réponse qui résonne comme la meilleure punchline de toutes les conférences de presse de toutes les équipes réunies : « I am what i am » . Pffff trop classe. Quelques mouches se posent sur les crânes dégarnis qui trainent par là et rappellent à tout le monde qu'on est bien dans une ferme. Le climax de la conférence arrive en toute fin : un journaliste algérien tente une question en anglais et s'humilie devant toute l'assistance. Bradley lui demande de répéter et au bout de la troisième tentative, le fils de Bob n'arrive pas à couvrir son rire étouffé. Rideau.

Les boys repartent aussi sec qu'en arrivant, sans même un regard pour cette beauté aux cheveux couleur de blé. Et cette phrase de résonner dans nos têtes « On a 160 vaches, et elles sont vraiment très belles » . Mouais, ce qui est sûr, c'est que les plus belles mamelles, nous on sait où elles étaient...

Par Alexandre Gonzalez et Javier Prieto Santos, à

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