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On était à l'entrainement de l'Allemagne !

25°46'33.31''S / 28°4'22.33''E. Pas du tout le code que Desmond devait taper, non non. Juste les coordonnées GPS du terrain d'entrainement de la Mannschaft. On était curieux de savoir comment bossent des types qui claquent des 4-0 les mains dans les poches, alors on a été jeter un coup d'œil...

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« En Espagne, on parle anglais ? » Autant le dire tout de suite, le taux de scolarisation de la population d'Atteridgeville est proche du zéro. Atteridgeville. C'est ici que se trouve le Super Stadium qui accueille les entrainements de l'Allemagne, dans ce qui se rapproche très dangereusement d'un township. Pourtant ici, personne n'a vu d'Allemands se promener. « Non, on n'en a vu aucun, explique le tenancier de l'épicerie. Le seul que je connais, c'est Hitler » . Apparemment, à Atteridgeville, on a tout de même quelques bases historiques. Pour trouver des supporters teutons, il faut se rendre devant les grilles du stade, et faut être franc, ça vaut le coup d'œil, maillot de l'Allemagne porté sur une chemise de laquelle dépasse le col par dessus. Bien vu. Y'a pas à dire, les Allemands ont un sacré sens de la mode. Quelques minutes plus tard, ce sont les journalistes d'outre-Rhin qui font leur apparition. Arrivés en minibus, les convois sont réglés comme du papier à musique, rien n'est laissé au hasard et bien évidemment, personne ne manque à l'appel. A peine les grilles franchies, les forces de sécurité nous prient de nous mettre en rang sur le côté et de laisser nos affaires un peu plus loin. Bien entendu on pense à une exécution en règle. Des chiens reniflent les sacs, l'image renvoie à ce qu'on sait tous et puis voilà, on se dit qu'on va payer pour ce que les parents de nos confrères ont fait, ou pas, y'a cinquante ans. Et puis non. Il s'agit en fait d'un simple contrôle de matériel demandé par la FIFA.

Une fois en tribune, l'ambiance est franchement plus détendue. Les joueurs allemands débarquent sur la pelouse en baskets et chaussent leurs crampons une fois sur l'herbe du terrain. Quand on vous dit que rien n'est laissé au hasard. Physiquement, les joueurs de la Mannschaft impressionnent, une fois le ballon dans les pieds, c'est déjà autre chose. Pas à l'aise sur les jongles, délicats quand il s'agit de contrôler avec la poitrine, mais peu importe, Per Mertesacker et Holger Badstuber (même à l'écrit ça fait mal) sont pas là pour ça. Pour entourer tout ce beau monde, la plus belle mise en pli du tournoi, j'ai nommé Joachim Löw. En plus d'un certain goût capillaire, Löw mise sur le vintage côté souliers : il chausse des superbes Copa Mundial, personnalisées d'un drapeau allemand du plus bel effet. L'ancien adjoint de Jürgen Klinsmann ne quitte pas ses joueurs des yeux, attentif à tout, il place lui-même les plots pour les exercices et distribue dans la foulée les chasubles. Être son assistant revient finalement à apporter de l'eau aux joueurs. Un peu plus loin, côté buts, on reconnaît la silhouette imposante d'Andreas Köpke : l'ancien portier de l'OM est le coach des gardiens. Il utilise une étrange machine, une sorte de petit muret qui, une fois le ballon propulsé, le renvoie dans des angles impossibles. Malin.

Jean bien coupé, casual wear, la petite besace qui va bien, Oliver Bierhoff est un homme nouveau. Surtout, c'est le manager général de la Mannschaft. L'ancien Monégasque profite d'une petite pause pour taper la causerie avec Löw, bientôt rejoint par un troisième type, un peu tassé. Lui aussi a tâté les pelouses françaises, celles de Marseille et Bordeaux. Klaus Allofs, aujourd'hui secrétaire général du club Werder Brême, est venu en bon pote féliciter ses compatriotes pour leur super début. Avant de se quitter, l'épicier tient quand même à vérifier : « Hitler, c'était dans les années 60 hein ? » . A Atteridgeville, on a quelques bases historiques. Vraiment quelques bases.

Par Alexandre Gonzalez et Javier Prieto Santos, à Johannesbourg

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