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On était à Juvisy-OL

Juvisy-OL, c’est un peu comme si Montpellier et le PSG se tiraient la bourre en Ligue 1. Oui, sauf qu’à la fin, le PSG gagnerait. Triste ? Pas forcément. Récit d’une soirée pas comme les autres au stade Robert-Bobin de Bondoufle, où les Lyonnaises sont devenues championnes de France, réalisant un triplé inédit.

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Pour commencer, une petite digression. Tout étudiant en journalisme l’apprend dès ses premiers cours : «  "On" est un con. » Et on ne va pas se mentir, ce n’est pas tout à fait faux. Ce qui explique qu’on soit arrivé avec vingt bonnes minutes de retard, samedi soir au stade Robert-Bobin de Bondoufle (Essonne), pour la « finale » de D1 féminine entre Juvisy et l’OL. Tout ça parce qu’on s’est trompé de sortie, pour se retrouver paumé entre Athis-Mons et Évry… Bref, pendant qu’on demandait notre accréditation pour accéder aux tribunes de cette surprenante enceinte de 18 000 places en bordure de l’A6, on a entendu un gros cri collectif de joie. Et la voix du speaker annoncer, quelques secondes plus tard : « But pour l’Olympique lyonnais…  » Et merde, voilà qu’on se dit déjà qu’écrire le compte-rendu sera compliqué. Heureusement, un confrère belge, parmi les dizaines de journalistes présents, s’est dévoué pour nous raconter le but (18e). En résumé: «  C’est Élodie Thomis qui a marqué, après un une-deux avec Lotta Schelin. Mais Juvisy a eu des occasions. Soubeyrand a tapé le poteau à la onzième minute, Julie Machart a touché la transversale aussi… Ah, et côté lyonnais, il y a eu un but annulé d’Abily, mais le hors-jeu n’y était pas.  » D’accord. On en écrira donc pas plus pour les vingt premières minutes. On le remercie et on s’assoit sur une marche, juste à côté des sièges molletonnés de la tribune presse-VIP.

Pierre Ménès, Bernard Lama et Jean-Vincent Placé en tribunes

Dans le stade, quelque 7 000 spectateurs – « Il y a plus de monde ici qu’à Cercle de Bruges-Lokeren » , nous confie notre confrère belge - sont venus voir le dernier match de la saison, même si les virages sont restés vides. Les parkings alentour sont pleins et les voitures garées sur le bas-côté de la route s’étendent sur des centaines de mètres. Il faut dire que l’affiche est plutôt sympa. L’OL et Juvisy, un seul point d'écart, s’affrontent pour le titre de champion de France. Les Lyonnaises, déjà vainqueurs de la Coupe de France et de la Ligue des champions, tentent un triplé inédit. Juvisy voudrait faire fructifier une saison déjà exceptionnelle. Les pros qui ont su garder un état d’esprit amateur (Lyon) contre les amatrices qui s’entraînent avec un sérieux tout professionnel (Juvisy), l’histoire est belle. Le match, lui, n’est pas dégueu, loin de là. Même si les deux clubs n’ont pas eu une préparation idyllique. Juvisy a dû gérer une fin de saison avec un match officiel toutes les trois semaines ou presque et se trouver des matchs amicaux contre Guingamp ou des équipes masculines de jeunes. Lyon s’est, au contraire, coltiné avec succès un emploi du temps chargé ces dernières semaines, avec une finale de Coupe de France contre Montpellier, une finale de Ligue des champions contre Francfort, et deux matchs de championnat, dont un en retard contre le PSG.

Sur la pelouse, à la demi-heure de jeu, Juvisy est donc menée, mais Juvisy joue bien. À la pointe de l’attaque du club de l’Essonne, Laëtitia Tonazzi comprend souvent très bien les intentions de ses coéquipières et se montre dangereuse, comme sur cette belle ouverture de Gaëtane Thiney qui la lance à la limite du hors jeu (33e). Le lob est dévié tant bien que mal par la gardienne lyonnaise Sarah Bouhaddi. Une action qui résume bien la première mi-temps – ce qu’on en a vu – avec une équipe de Juvisy joueuse, notamment son ailière de poche Julie Machart qui cause du souci aux défenseuses lyonnaises, à base d’aile de pigeon, de coups du sombrero et de dribbles nerveux. Mais les joueuses du président Aulas en ont vu d’autres et ne paniquent pas. À défaut de bien jouer, elles tiennent la baraque. Camille Abily s’essaie à un retournée acrobatique pour la beauté du geste (38e), mais ne trompe personne : l’OL joue en dedans. « Tactiquement, on n’était pas bons, les lignes étaient trop espacées  » , résumera l’entraîneur rhodanien Patrice Lair, à la fin de la partie. À la quarante-cinquième minute, Gaëtane Thiney fait passer un gros frisson dans les tribunes avec une frappe légèrement trop croisée. À la mi-temps, le 1-0 n’est pas dénué d’espoir. Trois grosses occasions contre la meilleure équipe de France, c’est pas tous les week-ends que ça arrive. Mais n’en concrétiser aucune n’est pas bon signe.

À l’ « entracte » , pour guetter si la hype autour du football féminin existe bel et bien, la quête de têtes connues est un thermomètre efficace. Pierre Ménès, tee-shirt Jordan noir, jean et baskets blanches, est là, et prend la pose pour ceux qui veulent s’afficher avec lui. Bernard Lama a aussi fait le déplacement et s’est installé à côté de Ménès. Jean-Michel Aulas, lui, est plus discret. Concentré. Pas question de s’adresser à la presse pendant le match, il parle avec ses collaborateurs et c’est plutôt boulot-boulot : «  Tu sais, Camille (Abily), elle en est à son 52e match de la saison…  » Du coup, on se dirige vers le buffet, où les petits fours côtoient les assiettes de charcuterie, les verrines et les salades de fruits. L’occasion de parler avec Jean-Vincent Placé, le sénateur écolo de l’Essonne, qui nous livre son analyse dans un sourire qui nous fait penser qu’il doit nous prendre pour le responsable du champagne : « J’aime le foot depuis très longtemps, même si c’est vrai que le foot féminin, je suis un peu moins. Mais c’est du très haut niveau technique, et il y a beaucoup d’intelligence de jeu. Il y devrait y avoir match nul à la mi-temps. »

« Aulas, champagne ! »


À la reprise, Juvisy essaie de repartir à l’attaque, mais Juvisy s’essoufle. Et Juvisy recule. Sarah Bouhaddi dégage comme elle peut une frappe en déséquilibre de Thiney (71e), mais c’est l’OL qui enfonce le clou par Eugénie Le Sommer, entrée un peu avant (77e). Les minutes filent et la cinquantaine de supporters du kop lyonnais a remplacé les chants « Championnes d’Europe » par «  Championnes de France  » et «  Aulas, champagne ! » . Le président lyonnais, justement, descend les marches pour se rendre sur la pelouse et recevoir le trophée avec ses joueuses quand Élodie Thomis plante son deuxième pion perso, le troisième de la soirée (92e). Une victoire un peu trop sévère pour Juvisy, dont les joueuses sont quand même parties dans la nuit fêter leur belle saison. Mais pas imméritée pour Lyon qui, avec 119 buts marqués pour seulement 3 encaissés en 22 journées, signe son sixième titre de champion de France consécutif.

«  Je me vois encore en début de saison à Tignes, en train de dire aux filles : faut viser le triplé…  » , rêve à haute voix Patrice Lair en conférence de presse, après un titre célébré sur la pelouse sur fond de sono un peu cheap. «  Au vu de ce match, l’OL mérite sa première place, reconnaît Sandrine Mathivet, la coach des banlieusardes. Ce qui manque à Juvisy, c’est d’avoir des joueuses qui ne font que ça et un groupe plus étoffé.  » À la question bateau - mais pas si con que ça quand on vient de tout remporter dans la saison écoulée - de savoir quels seront ses objectifs l’an prochain, Patrice Lair répond : «  Travailler un peu plus sur la formation. Je vais réduire un peu mon effectif et essayer de faire émerger de jeunes Lyonnaises. C’est peut être moins spectaculaire qu’un triplé, mais c’est aussi important pour le foot féminin en France.  » Quant à savoir si la domination de l’OL n’est pas contre-productive, si la locomotive tirant les autres vers le haut ne se transformerait pas en bulldozer écrasant la concurrence, il confie : «  Je préférerais que le championnat soit plus équilibré, qu’on marque 80 buts au lieu de 120 et que d’autres clubs nous accrochent.  » On n’est pas obligé de le croire, mais il a l’air sincère. L’année prochaine, les joueuses de Sandrine Mathivet essaieront de nouveau, avec le poids supplémentaire de la Ligue des champions. Samedi, les joueuses de l’OL ont tout simplement assuré, comme des pros que ne sont pas encore les joueuses de Juvisy.

Par Yann Bouchez
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