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On était à Inter - Saint-Étienne...

Le peuple stéphanois s'est déplacé par milliers hier soir pour assister à la rencontre de Ligue Europa face à l'Inter. Rarement, on avait assisté à un exode d'une telle ampleur. San Siro avait des allures de Geoffroy-Guichard et un peu de Stade du Ray.

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De Glasgow 1976 à Milan 2014. Entre les deux, quelques déplacements au Pirée ou à Brême il y a cinq ans, cependant insuffisants pour mettre fin à un sevrage qui dure depuis près de quatre décennies. Oui, ce match à San Siro, le peuple stéphanois l'attendait avec impatience pour célébrer définitivement son retour en Europe. D'autant que peu d'entre eux sont allés à Bakou et iront à Dnipropetrovsk. Ce qui peut se comprendre. Le « dép  » , c'est maintenant ou jamais. Une marée verte était annoncée à San Siro et marée verte il y a eu, les chiffres variant d'un pays et d'une source à l'autre (6 000 ? 8 000 ? 10 000 ?). Si le gros des ultras a passé son après-midi à faire un peu de grabuge à Piazzo Duomo (la place du centre-ville) ou dans le métro (évacué puis fermé pendant une heure), c'était beaucoup plus calme et bon enfant aux alentours de San Siro, où une bonne partie des supporters sont directement arrivés. En couple, entre potes, en famille. Bref, en pèlerinage.

« On s'en fout des années 70 »


Cet important exode s'explique aussi par la distance relativement courte qui sépare les deux villes : 490 km. Entre les deux, le tunnel de Fréjus totalement congestionné. « La combine s'était de passer plus haut, par celui du Mont-Blanc  » , confie fièrement Jean-Guy, chauffeur de bus. Un déplacement particulier puisqu'outre le parcage réservé aux tifosi adverses (tout le troisième anneau bleu soit 4200 places), les Stéphanois se sont rués sur les billets du premier et second anneau de la même couleur. « La vente était tout à fait libre, aucune restriction, on s'est quand même fait passer le message pour se retrouver au même endroit » raconte Martin. Et ça fonctionne, « Y a du vert là-bas » lance un quadragénaire un peu perdu et qui tente de repérer l'entrée de son secteur.

Les plus anciens ont du mal à se rappeler une telle migration, les bus et voitures viennent des quatre coins de la France. « Cela doit être une première depuis la finale de Glasgow, on revit un peu ces moments-là. » Tandis que les plus jeunes, eux, embêtent courtoisement leurs aînés. « On s'en fout des années soixante-dix, on nous barbe avec ça, Galtier a parlé de nostalgie, mais la page est tournée. On a eu un passé, on aimerait avoir un présent.  » Les supporters se baladent par poignée de quatre ou cinq entre les étalages. Ici, on appelle cela des « bancarelle » . Et leurs gérants passent d'ailleurs une bonne soirée, l'écharpe fabriquée pour l'occasion part comme des petits pains « Dix euros la "scarp" officielle » lance l'un d'entre eux, qui ressort pour l'occasion ses cours de « tech de com' » . Et tout cela pendant que les Panini alla salamella (saucisse ouverte en deux) vendus par les camionnettes font fureur. Et le match dans tout ça ? « On respecte l'Inter, c'est un grand nom, mais ils sont prenables, la victoire n'est pas impossible. »

« Si les Niçois n'ont que ça à foutre »


Toutefois, les Stéphanois ne sont pas les seuls Français à avoir fait le voyage. Ils sont accompagnés par quelques Niçois, «  une cinquantaine » précise un carabinier qui a évidemment été mis au parfum. C'est que l'amitié entre les Interisti et les Aiglons est devenu un vrai jumelage en juin dernier. Tout est parti d'Alexy Bosetti, joueur et ultra niçois, mais aussi sympathisant de l'Inter. Et la présence rouge et noire est confirmée par la bâche « Populaire 1985 » de la même couleur, déroulée sur la balustrade de la Curva Nord. La rivalité existe bel et bien entre les deux clubs français, mais côté vert, on est plutôt circonspect. « Si les Niçois n'ont que ça à foutre de poser un jour de congé pour venir voir ce match… » s'exclame Alexandre.

D'autant que ce n'est pas la rivalité la plus exacerbée : «  De toute façon, personne ne peut blairer les Niçois, c'est comme pour les Parisiens » , surenchérit Vincent. La présence de quelques Aiglons ne permet pas forcément de rééquilibrer la balance. Rarement le peuple interista s'est senti en minorité comme ce soir. Et il est d'ailleurs plutôt surpris, puisque l'ASSE ne lui évoque pas grand-chose. Giovanni, pourtant plus tout jeune, avoue : « J'ai lu dans la Gazzetta de ce matin qu'ils ont fait quelque chose dans les années 70 » , tandis que son collègue Roberto se souvient un peu mieux : «  J'avais leur équipe au Subbuteo. » On n'en saura pas plus.

San Siro ou Geoffroy-Guichard ?


L'heure du match approche quand la relative tranquillité est rompue par l'arrivée d'un hélicoptère. Comme l'impression de revivre les minutes précédant l'arrivée des coureurs du Tour de France. Il suit le cortège de Stéphanois qui arrive de Piazzale Lotto où se trouve la station de métro la plus proche. Vingt minutes de marche et quelques voitures endommagées pour contourner l'entrée de la Curva Nord et les faire entrer par pack de 100 entre deux cordons de CRS. On a rarement vu un exode aussi massif de supporters étrangers à San Siro. Les Lyonnais étaient venus presque autant il y a huit ans pour affronter le Milan, mais c'était un quart de finale de Champions League et le stade avait fait le plein. 10 000 Lyonnais au milieu de 80 000 personnes, ça avait fait déjà son petit effet, mais alors autant de Stéphanois au milieu de 30 000 spectateurs, on vous laisse immaginer.


Ce soir, San Siro avait clairement des allures de Geoffroy-Guichard. Les rôles entre hôtes et visiteurs ont été inversés toute la rencontre. Lorsque Pazza Inter Amala, l'hymne du club, sort des haut-parleurs, il est vite recouvert par les chants des supporters verts. « On est chez nous, on est chez nous ! » , entonnent-ils. En face, la Curva Nord ne fait tout simplement pas le poids, se lançant tout juste dans un : « Les Verts, Les Verts Vaffanculo » qui ne nécessite pas de traduction. Réponse du kop vert ? « Niçois, niçois, on t'en... » Sympa, ce match de Ligue 1. S'ensuivent quelques classiques : fumis craqués et bombes artisanales qui rajoutent du piment au spectacle du troisième anneau Sud. Mais c'est dans tout San Siro que l'on retrouve du vert parsemé. On aurait même aimé assister à un but de l'ASSE pour voir la réaction des Interisti en latérales. Malheureusement, la performance sur le terrain n'a pas été à la hauteur de celle des tribunes. 0-0, peu d'émotions. L'après-match se passe lui sans incidents, l'effet de l'alcool redescend et il faut reprendre la route. Jean-Guy, le chauffeur de bus, file discrètement par le Val d'Aoste, direction le tunnel du Mont Blanc. Il ne révélerait son astuce pour rien au monde.





Par Valentin Pauluzzi, à Saint-Syrus
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