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  1. // Angleterre – Premier League
  2. // 20e journée – Everton/Chelsea (1-2)

On était à Everton-Chelsea

« Everton ? Goodison Park ? Connais pas. Jamais entendu parler ! » , feinte le guichetier de la gare routière de National Express, fan de Liverpool aussi, avant d’indiquer la bonne direction. Humoriste.

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Pour ce 30 décembre, Everton et Goodison Park reçoivent Chelsea avec plusieurs belles carottes. Les Londoniens pointent à juste deux points des Toffees et deux anciens Reds rendent visite : Fernando Torres et Rafa Benítez, cibles idéales à se farcir, avant la volaille du réveillon.

Volaille toujours. « Salop Chapel » veille sur le stade, à l’angle de Spellow Lane et Goodison Road. À 20 minutes du coup d’envoi, il n’y a toujours pas foule en bas des tribunes. Non. Les Toffees profitent des derniers instants pour s'approvisionner, en file indienne beaucoup trop disciplinée, à la monotone gastronomie locale à 4 livres : les fish and chips. Le bruit des tourniquets – turnstiles - s’emballe dix minutes plus tard. Un bruit entre une entrée à Disney et le hockey de salle de jeux. Ce que les puristes appellent le « air-hockey de table » . Les tribunes sont pleines et observent une minute d’applaudissements pour tous les anciens joueurs, dirigeants et supporters d’Everton morts dans l’année. La partie peut démarrer. Et démarre très bien, avec l’ouverture du score d’entrée de Pienaar. Goodison Park se fait entendre, bien aidé par tous les sièges en bois et le parquet sous les pieds. Le suiveur Toffee se met alors à rêver d’une partie folle, surtout quand Jelavić touche le montant cinq minutes plus tard, laissant Čech pantois. Rafa Benítez sort pour la première fois de son banc, les boutons de la chemise prêts à sauter.



L’autre ancien de Liverpool, Torres, est plutôt laissé tranquille, inoffensif sur le front de l’attaque. Le public préfère garder ses huées pour David Luiz, qui passe pour le moment son temps à jouer de l’épaule sur chaque duel aérien. « Casse-toi le chevelu ! » , crie un énervé. Le chevelu local, Leighton Baines, régale sur son côté gauche et aspire Azpi. Goodison Park applaudit les passes en retrait sur Distin, patron derrière. Pour l’instant. Car, au fur et à mesure, l’inquiétude se lit sur les visages. Techniquement, les Blues se remettent en selle et Mata, Hazard, Ramires et Lampard arrivent enfin à se trouver. L’international anglais égalise de la tête juste avant la mi-temps. Évident. Ça se bouscule aux toilettes, aux portes beaucoup trop petites pour, en gros, la moitié des gabarits. Les files d’attente sont toujours aussi disciplinées et on ne disserte pas trop sur l’égalisation londonienne. On reste concentré sur ses pieds, pour éviter la rigole de l’urinoir. Un sport comme un autre. Du côté des nanas, sérénité. Un panneau renseigne : « Mesdames, veuillez noter s’il vous plaît que nous avons installé des toilettes supplémentaires pour votre confort. Elles sont situées au milieu des coursives. »



Sur la pelouse, Turnbull s’échauffe. Pas le plus élégant des gardiens de Premier League, l’adjoint chargé de lui caler quelques centres divertit le public, en réclamant un peu plus de ferveur. Goodison Park apprend surtout que Petr Čech ne reviendra pas sur la pelouse. « Pas une mauvaise nouvelle » , peut-on entendre. Le speaker d’Everton essaie d’apporter sa pierre à l’édifice : « Ce message s’adresse aux supporters de Chelsea. S’il vous plaît, merci de rester assis pour ne pas gêner les enfants derrière vous. Si vous n’obtempérez pas, nous vous demanderons de quitter le stade.  » Le jeu reprend. Les sièges en bois et le parquet font toujours autant de boucan. Contrairement au début de partie, le stade est bien plus calme, juste énervé par un nouveau manque de réussite – Jelavić qui touche la transversale - et par le déchet technique de plus en plus fréquent de ses Toffees, bien caramels pour le coup. Celui qui vociférait sur David Luiz en première mi-temps a, lui, trouvé ses nouvelles cibles. Entre un « fucking fucking fucking post  » et un « fucking dickhead » à l’adresse de Barkley, enfermé dans des touches de balle inutiles. Pendant ce temps-là, Chelsea multiplie les rushs, la défense des Toffees devient poreuse. Torres gâche et Tim Howard s’emploie. Sur le parquet, on souffle. Et on souffre quand Lampard traîne dans la surface et double la mise. Couru d’avance. Dans la tribune visiteurs, on sort la pancarte de circonstance : « Cher Abramovitch, ne laissez pas partir Frankie8. » Dans la surface de réparation d’Everton, Distin jette ses dernières forces pour annihiler un 3 contre 1 adverse. Howard récompense le sacrifice en relevant le Frenchie avec vigueur par le short. Fin du match.

Dans la Lower Bullens, un sexagénaire marqué par la vie ou l’alcool ou les deux, surtout son nez, reste debout deux minutes, en quittant sa place comme il l’avait trouvée, en applaudissant. Plus timidement, certes. Everton n’était pas loin de très bien finir l’année.

Par Ronan Boscher à Liverpool
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