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  2. // 16e
  3. // Créteil/Bordeaux (2-2)

On était à Créteil, en parcage bordelais

Quatre buts, un tifo, des fumigènes, un penalty manqué, une expulsion, une séance de tirs au but : les 11 000 spectateurs présents samedi au stade Dominique Duvauchelle pour assister au seizième de finale de Coupe de France opposant l'U.S. Créteil-Lusitanos aux Girondins de Bordeaux en ont eu pour leur argent.

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Le disc-jockey de Duvauchelle est au mastic depuis déjà une bonne heure lorsqu'il fade out le dernier tube de Rihanna pour s'emparer du micro. A dix minutes du coup d'envoi, toutes reverbs dehors, c'est par la présentation des visiteurs bordelais que le speaker lance ce qui sera une folle soirée. Zidane, Dugarry, Lizarazu, Cavenaghi, Chamakh, Gourcuff... tout le glorieux passé récent des Marine et Blanc y passe, histoire de bien mettre en place toutes les conditions pour qu'un éventuel succès cristolien fasse figure d'exploit. Les passages de Plasil et Maurice-Belay dans le 9-4 sont également salués. Le palmarès de l'U.S. Créteil-Lusitanos, actuellement 13ème au classement de National, est plus rapidement expédié, le maître de cérémonie évoquant entre autres une victoire en Coupe de France face au Matra Racing. Peu importe, les équipes sont déjà présentes sur la pelouse, et l'expression "match de prestige" vient de tomber.

Rassemblés dans la tribune Sud du stade Duvauchelle, ce qui ne les dépayse pas trop du fameux Virage Sud qu'ils occupent habituellement au stade Chaban-Delmas, les supporters bordelais donnent de la voix depuis un bon quart d'heure lorsque le coup d'envoi retentit. L'occasion pour eux de craquer deux fumigènes, histoire de réchauffer leur parcage non abrité et ouvert à tous vents qui permet à tout le monde d'humer les vapeurs de skunk qui s'échappent de nombreux foyers. Exhortés par trois capos, dont un à la mode italienne (torse nu, écharpe, Ray-Ban), les Ultramarines bordelais, qui ont affrété deux cars pour effectuer le déplacement depuis la Gironde, ainsi que 160 membres des Marine et Blanc d'Ile-de-France, une poignée d'indépendants et un sosie d'Hugues Aufray, font ce qu'ils peuvent pour se faire entendre. Au total, le contingent de fans des Girondins représente environs 450 personnes. Loin à leur droite, le Kop Banlieue et les Urban Devils, ultras cristoliens, leur répondent depuis la tribune d'honneur où ils ont installé leur kop. Le tifo est approximatif mais c'est l'intention qui compte. Et puis eux aussi, ils ont des mecs torses nus. Assez calme sur le terrain si l'on excepte une frappe sur le poteau du néo-Girondin Obraniak, la première période a tendance à quelque peu endormir la tribune bordelaise. Les chants sont moins soutenus, le froid engourdit les muscles, la bruine fait son apparition... Pour réveiller l'assistance, l'ambianceur des Ultramarines décide de sortir l'arme fatale dès la demi-heure de jeu. Et c'est parti pour une ola! A l'extérieur, à 0-0, sans tribune adjacente, l'initiative est osée mais a le mérite de réchauffer les organismes. La réponse des supporters cristoliens ne se fait pas attendre et la jeunesse francilienne d'aussitôt dégainer les papelitos. Alliés à leur bâche aux couleurs de Boca Juniors, l'espace d'un instant, Duvauchelle prend des allures de mini-Bonbonera. Sur ce, l'arbitre siffle la mi-temps.

CRS vs jeunes

Le temps pour le DJ d'annoncer sous les vivas le retour sur la pelouse des Béliers de Créteil et le jeu reprend alors que les spectateurs les plus courageux sont parvenus à arracher un sandwich aux buvettes totalement dépassées par l'évènement. Les laissés-pour-compte prient pour que leur équipe emporte la décision avant la fin du temps réglementaire afin qu'ils puissent satisfaire leur appétit hors du no man's land qui entoure l'enceinte. Sur le terrain, le spectacle n'est pas meilleur que lors des 45 premières minutes jusqu'à ce corner exécuté par Obraniak pour les Girondins de Bordeaux. Ciani catapulte le ballon de la tête dans les filets de Ferrand, la jeunesse bordelaise grimpe aux grillages qui entourent la piste d'athlétisme, les Ultramarines craquent un troisième fumigène et le parcage visiteur retrouve de la voix. La perspective de qualification autant que celle de se nourrir dans les plus brefs délais ne durent qu'un gros quart d'heure dans la tribune Sud. Le temps pour le capitaine cristolien Lesage de se jouer de la défense bordelaise avant de servir Essombé, tout fraîchement débarqué dans le 9-4 en provenance de Châteauroux, qui égalise dans un stade en délire. Désormais frigorifiés, les fans bordelais voient Sertic rater un penalty dans les derniers instants du temps réglementaire. Les CRS font tomber du jeune des grillages, quelques sièges volent, la perspective d'une prolongation n'enchante personne.

Le scénario du tour précédent face à Saint-Etienne, au cours duquel Bellion avait failli face à Ruffier dans le temps additionnel, se répète. Saivet, entré à la place d'Obraniak, inscrit d'une magnifique frappe enroulée son premier but en professionnel, mais Essombé répond en larguant Planus avant d'égaliser à la plus grande joie du DJ. Le mégaphone des Ultramarines a rendu l'âme, mais les approximations de Ben Khalfallah prennent le relais et réveillent la tribune bordelaise jusqu'à la séance de tirs au but. Comme à Saint-Etienne, les joueurs de Gillot réussissent tous leur mission tandis que Carrasso se charge de stopper deux essais cristoliens. Les spectateurs en ont eu pour leur argent : quatre euros la place en virage. Ce qui laisse de quoi punir le premier fast food venu.



Par Mathias Edwards, à Créteil
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