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  2. // Reportage

On était à Bochum-Karlsruhe

Immersion dans le monde merveilleux de la Ruhr. Pour tout connaisseur de football qui se respecte, la Ruhr, c'est la région de Schalke, de Dortmund aussi. Mais il est une troisième équipe de la région la plus industrialisée d'Allemagne à qui il arrive d'évoluer en première division: le VfL Bochum. Cette année, le plus vieux club Outre-Rhin (fondé en 1848) joue à l'étage inférieur, mais compte bien remonter très vite. Et cela passait par une victoire à la maison face à Karlsruhe, 16ème au classement de la 2.Bundesliga.

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Samedi midi. Pendant que certains décuvent de leur soirée très arrosée au Bermudadreick (le Triangle des Bermudes, l'endroit le plus branché du centre-ville), d'autres se ruent sur les tramways en direction du RewirpowerSTADION. Le VfL Bochum, 3ème du championnat, affronte Karlsruhe, modeste 16ème, à 13 heures. Forcément, en ville, on croit à une victoire du club de la Ruhr, une victoire qui rapprocherait les "Bochumer" un peu plus de l'élite. Alors on se rend au stade, une bière dans une main, une Currywurst (ou une Bockwurst; en gros, une saucisse en sauce ou un pain-saucisse) dans l'autre, et hop, on saute dans le tram. Cet après-midi, il y a moyen de pouvoir faire la fête pour une autre raison que le carnaval.

Question tribunes de la Ruhr, il y a la Südtribüne de Dortmund, la Nordkurve à Schalke; à Bochum, on a opté pour un autre point cardinal: c'est la Ostkurve qui s'occupe de faire du bruit un week-end sur deux. Le stade est à moitié plein (environ 15 000 supporters), ce qui est un point positif, en comparaison du reste de la saison. Mais comme le VfL reste sur une dizaine de matchs sans défaite, il se peut que le stade soit de plus en plus fréquenté dans les semaines à venir. Bochum est une ville ouvrière, et comme dans toute ville ouvrière qui possède un club de football, le chant de référence est le fameux "You will never walk alone". Mais il y a d'autres chansons à la gloire du club, en l'occurrence la sobrement intitulée "Bochum", du célèbre chanteur allemand Herbert Grönemeyer, qui a grandi dans la ville, et qui raconte en gros que, même si la ville est moche, elle reste malgré tout son grand amour.

La rencontre en soi est une rencontre comme on en voit dans toutes les deuxièmes divisions du monde: c'est avant tout physique, ça se met des coups, mais toujours dans le respect d'autrui. Les supporters de Bochum donnent de la voix, sans plus, mais ils commencent à s'enflammer à partir de la 16ème minute, au moment où les joueurs du VfL touchent deux fois les montants en l'espace de dix secondes. Toutefois, les supporters de Karlsruhe ne sont pas en reste: ils sont certes un millier seulement, calés dans un coin du stade (à l'opposé de la Ostkurve), mais ils poussent leur équipe à en faire trembler le stade. C'est à se demander qui joue à domicile... D'autant plus que les supporters de Karlsruhe ne s'arrêtent pas là: bien que leur équipe soit dans les profondeurs du classement, ils trouvent le moyen de charrier Giovanni Federico, un de leurs anciens joueurs, aujourd'hui à Bochum. Ils le chambrent en chantant qu'il jouera certes en 1.Bundesliga avec le VfL, mais uniquement sur Playstation...

En deuxième mi-temps, ça s'excite un peu plus: Bochum attaque devant la Ostkurve, et les supporters sont conscients qu'ils doivent pousser leurs joueurs afin qu'ils marquent ce petit but qui leur permettrait de l'emporter et de conserver leur troisième place (car la veille, Greuther Fürth est allé s'imposer 2-0, et est passé devant Bochum). Les Bochumer piétinent, et, à dix minutes de la fin du match, les supporters réclament l'entrée de Jong Tae Se, le buteur nord-coréen. Comme un signe, Karlsruhe ouvre la marque à ce moment précis de la rencontre. Stupeur et colère au RewirpowerSTADION. Jong Tae Se, attendu comme le sauveur, pénètre sur la pelouse juste après le but. Les supporters de Bochum retrouvent de l'espoir, et ils ont bien raison: cinq minutes après son entrée en jeu, le "Rooney asiatique" réduit la marque sur coup franc (de manière très chanceuse, puisque sa frappe est déviée par la tête d'un joueur adverse). Bochum finit la rencontre devant les buts de Karlsruhe, mais plus rien ne sera marqué. Score final:1-1. Les supporters sortent du stade, commandent des saucisses et bières pour le chemin jusqu'au centre-ville. A 15h30 débute le multiplex de la Bundesliga, et personne ne veut rater la "messe" du samedi après-midi. Malheureusement pour lui, un adolescent ne verra rien de tout ça: il est en train de vomir sa vie devant le stade, à force d'avoir trop bu durant la rencontre. Aller au lit un samedi après-midi, c'est un peu triste quand même.


Ali Farhat

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C'est la semaine de la Ruhr sur Sofoot? Olivier Veigneau, Maintenant Bochum, un article sur le match de Schalke mardi j'espère...

Sinon, la Ruhr pue le football, c'est à peu près la seule distraction dans la région, Majoritairement ouvrière, taux de chômage record en Allemagne, grisaille permanente. C'est Dortmund, Schalke, Bochum mais aussi RWO(oberhausen) RWE( Essen) MSV Duisburg, et Dusseldorf à quelques encablures et à peu près tout les clubs de la Ruhr estiment Gladbach et Cologne comme équipes rivales, ce qui donne des derbys quasi toutes les semaines.
J'ai vécu un an en Allemagne à Bochum justement et c'est vrai que la ville est moche en elle-même mais les habitants sont plutôt accueillants et adorent le foot effectivement.

Sans vouloir faire un cours de géo poussé, je tiens à rappeler que la Ruhr est quand même une des régions les plus densément peuplées d'Europe (avec Londres et sa banlieue ainsi que l'Ile de France) et que le chômage est en partie dû à la disparition progressive de la sidérurgie et des mines dans le coin (d'ailleurs il y plein de musées concernant la mine et la sidérurgie cf le Bergbaumuseum à Bochum)...

En tout cas j'ai adoré mon année passée là-bas et je suis allé une fois au RewirpowerSTADION (c'était un match contre l'Arminia Bielefeld) il y avait une très bonne ambiance et on pouvait boire de la bière dans le stade!

Bochum se maintenait difficilement dans l'élite ces dernières années mais je pense qu'ils vont remonter de suite car ils ont quand même gardé une ossature et que le "Rooney asiatique" semble être une bonne recrue...
Une petite rectification, il me semble que le club doyen en Allemagne est le SSV Ulm 1846 et non le MSV Duisbourg.
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