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On était à Belgique-Allemagne

Les Diables Rouges se sont inclinés 0-1 face à des allemands décevants qui peuvent remercier Daniel Van Buyten et le pull bleu de Joachim Löw.

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Duel fratricide entre deux nations dont la réputation des supporters n'est plus à faire. Ce Belgique-Allemagne sent la poudre, mais pas seulement. Il sent aussi la bière. Pas besoin d'être bruxellois pour comprendre que Jupiler est tout sauf le simple nom d'un championnat de seconde zone, et ça, les supporters belges l'assument avec une classe qui leur est propre. « Pour une fois qu'ils boivent de la bonne bière ces teutons, ça leur fera pas de mal » entend-on en tribunes. Bibine, ou pas, l'ambiance est surchauffée dans les bouvelards de la capitale, et ce malgré l'interpellation de quelques 40 hooligans moitié racistes, moitié pyromanes, sur la route du stade.

Les fans des Diables Rouges le savent, ils ne sont pas favoris. Les joueurs du Plat Pays n'ont pas battu leurs voisins depuis 1954 et vu l'état de forme affiché par la Nationalmannschaft, le calvaire ne devrait pas prendre fin cette année. La sélection de Georges Leekens a tout de même quelques arguments à faire valoir. L'entraineur belge dispose d'une génération bourrée de talent emmenée par Eden Hazard, Thomas Vermaalen et un certain Romelu Lukaku, qui, si elle est bien gérée, devrait redorer le blason d'un football belge en voie de disparition d'ici peu.

Des belges intéressants

Dans un stade du Roi Baudouin allègrement colonisé par les supporters allemands, seul un tifo ridicule gâche la fête. Les 22 acteurs sont prêts à en découdre. Le match s'emballe dès les premières minutes et contre toute attente, les belges mettent en difficulté la sélection de Joachim Löw, étonnamment apathique. Le principal responsable de cette déconfiture germanique se nomme Marouane Fellaini. Le gaillard d'1m94 éclabousse la pelouse de son talent. Combatif, précieux dans le jeu aérien et surtout très à son aise techniquement, le numéro 25 d'Everton scintille.

Le meilleur espoir de Ligue 1 Eden Hazard, lui, découvre Phillip Lahm et le niveau international. Le capitaine de la sélection allemande ne se fait pas prier pour étriller Eden dans son jardin, montrant ainsi à un certain monsieur Ballack que le brassard de capitaine qu'il a autour du bras est solidement accroché. Manque de bol pour l'arrière droit du Bayern, il est le seul allemand à gagner ses duels. Les attaquants belges se baladent. Parmi eux, la star locale, Romelu Lukaku. Pour ceux qui ne le connaissent pas, le portrait du gamin est assez simple. Meilleur buteur du championnat belge à 16 ans, titulaire en équipe nationale à 17, un corps de déménageur, un jeu aérien intéressant, un joli touché de balle. Seul bémol, le gaillard semble un peu lent. Mais face à Mertesacker et Badstruber, ça passe à peu près inaperçu. Les belges combinent bien mais oublient de marquer, et contre les allemands, on le regrette vite.

Efficacité allemande

Personne n'est dupe. L'Allemagne qui est sur la pelouse n'est pas celle présente en Afrique du Sud et ce malgré le retour du fameux pull bleu de Joachim Löw. Mais contrairement aux français, les allemands savent faire le job. Emmenés par un Schweinsteiger aux faux airs de Pirlo blond, les allemands reprennent peu à peu la partie en main. Incapables de marquer avant la mi-temps après les échecs d'Ozil et de Podolski, les joueurs de Löw s'en remettent à Miroslav Klose. 5 minutes après la reprise, l'attaquant du Bayern plante son 54ème pion en sélection suite à une erreur de son coéquipier Daniel Van Buyten : « on a l'habitude, Van Buyten c'est un match sur deux qu'il nous fait ça » affirme un journaliste belge un peu amer. Dommage pour les Diables Rouges car après ce but, ils ne toucheront plus vraiment le ballon, à croire qu'ils n'avaient que 51 minutes dans les jambes. La dernière demi-heure du match sera ennuyeuse. Elle nous confirmera simplement que Marouane Fellaini est un monstre, que Michael Ballack peut prendre sa retraite, et qu'il fait sacrément froid en Belgique.

Encore une fois, l'Allemagne a gagné. Sauf que cette fois, on reste sur notre faim. Car la Manschaaft nous a habitué à mieux. Les belges eux, peuvent s'en vouloir, ou au moins en vouloir à Daniel Van Buyten. Le point du nul était largement à la portée des Diables Rouges, mais c'est sans la moindre unité au compteur que les joueurs de Leekens se rendront en Turquie. Mais bon, ça c'est mercredi, d'ici la, on a le temps de s'enfiler quelques pintes de Jupiler.

Swann Borsellino, à Bruxelles

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