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  2. // Rayo/Saragosse (0-0)

On a vu le Rayo en Primera

L'équipe du quartier de Vallecas se glisse en Liga. Le club a beau être au bord du gouffre financier, les idées de jeu restent claires et optimistes. Le football n'est pas une question d'argent, c'est une affaire d'artistes. Compte-rendu.

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Rayo Vallecano - Saragosse : 0-0


Ils ont attendu pendant 12 ans. Même cette semaine Jose Ramon Sandoval, le coach à rayures, n'en revenait pas qu'on installe les nouveaux panneaux publicitaires dans son stade : «  quand j'ai vu les panneaux Liga BBVA, je n'y ai pas cru. Mais si, on est bien en première division » . Mais première division ou pas, le Rayo c'est Vallecas. Et la richesse du quartier, ce sont ses habitants. Alors ce dimanche vers 17h, on s'est retrouvé au bar Jota pour discuter du thème du jour : le nouveau nom du stade. Finalement vers 17h30, dans les tribunes, l'applaudimètre met tout le monde d'accord. Pas un rond pour un nouveau stade ? Peu importe. A Vallecas les poches sont peut-être vides mais les têtes sont pleines. L'ex stade Teresa Ribero est donc rebaptisé « Nouveau Stade de Vallecas » . Ou comment faire du neuf avec du vieux.

Le Rayo de ce soir est le même qui a arraché un point à Bilbao lors de la première journée. Sandoval est joueur et son Rayo c'est donc un 4-2-3-1 plutôt taquin Dani/ Tito-Arribas-Figueras-Casado/Movilla-Javi Fuego/Piti-Trashorras-Botelho/Michu. Le Rayo est loin d'être ridicule pour sa première apparition à domicile. Malgré une pelouse imprésentable et une tripotée de mains involontaires, le ballon circule, bon an mal an, entre les cannes de Movilla et Javi Fuego. Trois occasions plus tard (Michi 8', Piti 11', Movilla sur la barre 14'), Rayo et Saragosse se regardent. L'équipe de Javier Aguirre c'est Roberto/Paredes-Da Silva-Mateos-Juarez/Meira- Ponzio/Luis Garcia-Micael-Lafita/Postiga. Les aragonais ne sont pas venus avec d'autre intention que celle de faire le match le moins mauvais possible. Ils y parviennent presque. Le Rayo, lui, s'acharne à faire tourner. Mais à partir de la vingtième minute, il a du mal à être vraiment dangereux. Spéciale dédicace à Movilla, le métronome du milieu, à Michu utilisé à son (grand) corps défendant en pointe et à Botelho, le chien fou du côté gauche.

Le prix du maintien

A la mi-temps, les sandwichs au chorizo remplissent les estomacs et la sono – beaucoup trop forte – balance du tube de Province. Le DJ aime Pitbull et les gamins du Rayo aussi. En seconde moitié, Saragosse ne cadre pas une frappe et peine à enchaîner plus de trois passes. Mais à Saragosse il y a un géant sous les bois. Roberto Jimenez, l'homme aux gants en savonnette est revenu en Espagne transformé. A lui seul il fait peur aux attaquants du Rayo. Tamudo (qui remplace Trashorras vers la 70') a beau être un vieux brisquard de la Liga, sa première frappe sera pour les nuages. Michu, seul à 3 mètres de la ligne de but, envoie la gonfle au-dessus de la transversale. Roberto a la baraqua. A la 68' il s'étend tranquillement et stoppe un pénalty pourtant pas si mal frappé. A la 86', une tête à ras de terre de Delibasic (rentré pour Javi Fuego) ne lui fait pas peur et sort de la main gauche ce ballon qui sentait bon le sable chaud. Il suffira ensuite d'un but refusé de Michi sur hors-jeu imaginaire vers la 89' pour achever d'énerver Vallecas. Finalement aucun but ne sera marqué. Saragosse n'a pas perdu mais le Rayo non plus. C'est déjà ça de gagné.

En salle de presse Aguirre a le sourire narquois des rescapés du bûcher: «  le Rayo nous a été supérieur. C'est une équipe qui joue depuis longtemps ensemble. Nous, c'est la première fois que nos quatre attaquants jouent ensemble » . Le mexicain aurait pu passé une soirée bien pire si Roberto n'avait commis un ou deux miracles dans ses cages : « le pénalty aurait pu changer le cours de l'histoire. (...) C'était une bonne journée pour lui, tant mieux pour nous » . Et puis Jose Ramon Sandoval, le cheveux bien huilé, la bedaine engoncé dans un costard de seconde division, s'installe ensuite au pupitre et prévient : «  ce que vous avez vu, c'est ce que nous sommes. Notre idée c'est de jouer au ballon » . A Vallecas, on n'a pas d'argent mais on a de la passion. «  Je ne changerai mes joueurs pour rien au monde (...). Sur les deux derniers matchs nous avons été supérieurs. C'est cette sensation que je retiens » . Avant de partir, le Guy Roux madrilène en place une pour les administrateurs judiciaires qui tiennent le club. « Le maintien du Rayo en première division coûte 300 000 euros, le prix d'une nouvelle pelouse » envoie-t-il. A votre bon cœur m'sieurs dames.

Thibaud Leplat, à Vallecas

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