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On a retrouvé les mecs qui ont passé une nuit à la Beaujoire

Il y a un an, deux étudiants décidaient de passer une partie de la nuit à La Beaujoire, dans l'illégalité la plus totale. Le tribunal correctionnel de Nantes vient de condamner les deux aventuriers à 35 heures de travaux d'intérêt général.

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Il est 19 h passées ce mercredi 11 octobre au palais de justice de Nantes. L’audience correctionnelle se termine après une après-midi marquée une fois n’est pas coutume par des affaires de violences conjugales et de trafic de stupéfiants. La présidente Sylvie Rousteau jette un œil aux quatre dossiers restants. Ces dernières affaires sont généralement traitées en l’absence des avocats, et bien souvent des prévenus. Les bancs qui accueillaient quelques heures plus tôt deux classes de collégiens sont donc quasiment vides. Il ne reste plus que deux copains qui peinent à dissimuler leur impatience après avoir respecté la ponctualité de la convocation à 14 h. Quand vient leur tour, ils s’avancent à la barre dans leurs petits souliers. Ils sont jugés pour une histoire en apparence banale de vol d’ordinateur avec destruction dans la nuit du 7 au 8 octobre 2016 à Nantes.


Sauf que, à la lecture des faits reprochés, les débats prennent une tournure beaucoup plus intéressante. Il s’agit en fait du duo qui a joué les visiteurs du soir à l’intérieur du stade de la Beaujoire. Pendant une dizaine de minutes, se rappelant aux bons souvenirs de son passé de juge au tribunal pour enfants, la présidente va revenir sur cette soirée avec le ton de la maîtresse qui a pris deux élèves la main dans le pot de bonbons. Face à elle, les intéressés alternent rires cachés et très brèves explications. « On a fait une connerie » , synthétise simplement Ali. Ayant déjà tout dit aux policiers pendant leur audition, ils attendent juste la sanction. Après délibération, une peine de 35 heures de travail d’intérêt général est prononcée.

Logan, surnom "Curry"

« Merci Madame, au revoir » , lance Logan du haut de ses 20 ans. Après une année en fac d’anglais à Nantes, il est retourné à Saint-Nazaire - dont est originaire le duo - à la rentrée pour entamer un DUT gestion logistique et transport. Ses potes le surnomment Curry en référence au meneur star des Golden State Warriors qu’il admire. Côté football, c’est un supporter de l’AS Monaco depuis une finale de Ligue des champions perdue contre Porto. Logan a joué une bonne dizaine d’années en club avant d’arrêter il y a deux ans après une fracture du ménisque. Depuis, ce garçon longiligne au visage juvénile s’est mis à la course à pied avec quatre à cinq sorties par semaine. Sur des petites distances au départ jusqu’à son premier marathon à Marseille l’été dernier. Il connaît son acolyte depuis le collège. Franco-marocain de 19 ans, Ali est lui inscrit en DUT génie thermique et énergétique. Ce judoka n’a jamais joué au foot en club, mais suit la Premier League et ne manque pas une soirée de Ligue des champions. Supporter du Real Madrid, Ali est un gros fan de Benzema. Pour sa photo de couverture sur Facebook, il a choisi une image captant l’incroyable slalom où l’attaquant français dribble trois joueurs de l’Atlético de Madrid le long de la ligne de corner. Agréablement surpris par le côté « grave cool » du tribunal - procureur compris -, Ali avait encore du temps devant lui, le lendemain de l’audience, pour raconter plus en détails la soirée portes ouvertes.


Oui, tout cela s'est passé un vendredi soir. Non, cette soirée ne s’inscrit pas dans un contexte festif. « À l’époque, Logan travaillait au McDo dans le centre-ville et je l’avais rejoint à la fin de son service » , précise Ali. Les deux potes traînent un peu vers la place du Commerce, puis rentrent avec le dernier tram de 1 h. Arrivés au terminus du tram, ils doivent encore prendre un bus pour rejoindre la cité universitaire d’Ali à Carquefou. Mais plus de bus. Le chemin se fera donc à pied.

Vitre cassée, talkies walkies et émerveillement

« En passant devant la Beaujoire, on se dit que ce serait dommage de ne pas essayer de rentrer, ajoute le jeune homme. Comme ça, sur un coup de tête ! » Après un repérage de l’enceinte côté périphérique, le duo trouve un premier grillage qu’ils estiment escaladable. Ali passe en premier et Logan le suit. Toujours à l’extérieur du stade, ils font un petit tour pour voir s’il y a des ouvertures. C’est là qu’ils atterrissent face à un bungalow avec une fenêtre ouverte. Ils s’y engouffrent et découvrent un stock de matériel des stadiers de la Beaujoire. « On a fait un petite séance d’essayage avec les tenues, les gilets et les talkies walkies » , raconte Ali. En ressortant, il casse une vitre en tombant, ce qui explique pourquoi la dégradation a été retenue contre eux en plus du vol.



Ils parviennent ensuite à trouver une minuscule ouverture dans le second grillage, celui qui mène au stade. Ils se faufilent en rampant dans ce trou de souris avant de rejoindre la pelouse. Il fait nuit noire, seules quelques petites signalisations au bord du terrain permettent de profiter du spectacle. « J’ai le souvenir de la grosse impression que fait une enceinte vide, surtout quand tu la connais uniquement remplie lors des matchs officiels » , décrit Ali. « C’était juste magnifique  » , ajoute Logan, joint par téléphone. Le premier réflexe est alors de courir de long en large de la pelouse à la manière d’un streaker. Les téléphones sont ensuite sortis pour se filmer en train de simuler des actions.

Ali : « Je cherchais les maillots d’Amine Harit et Yacine Bammou »

Passé l’activité physique, les deux compères font un tour des tribunes avant d’atterrir devant les loges qui s’ouvrent à eux par une porte coulissante mal fermée. À peine entrés, les deux aventuriers sont contraints de se réfugier dans un coin des tribunes à cause d'une alarme. Une vingtaine de minutes passe et personne n’arrive. Logan et Ali décident alors d’y retourner pour atteindre le couloir menant aux vestiaires. « En tant que marocain, je cherchais en priorité les maillots d’Amine Harit et Yacine Bammou » , glisse Ali. Après les quelques photos de rigueur devant la vitrine des trophées, le duo pénètre dans les bureaux pour essayer de trouver les clés du vestiaire. En vain. Ils quittent les lieux. La visite aurait dû se terminer là-dessus avant qu’un petit péché de gourmandise ne leur fasse faire machine arrière. « Une fois dehors, on réalise qu’on est peut-être passé à côté d’infos sur les joueurs, les transferts ou le fonctionnement d’un club » , raconte Logan. « Ou même des dossiers cachés du genre sextape qu’on aurait pu redonner à la presse » , complète son acolyte.

Un ordinateur jeté dans l'étang

C’est là qu’ils en viennent à emporter un ordinateur. Arrivé à la cité universitaire, ils ne parviennent pas à déverrouiller la machine. Deux jours plus tard, plusieurs médias reviennent sur ce vol. « La phrase "les auteurs du larcin courent toujours" nous a valu une bonne barre  » , se souvient Ali. Subissant d’un autre côté cette couverture médiatique, il prend peur et jette l’ordinateur au fond d’un étang deux jours plus tard. Il faudra finalement attendre cinq mois pour que les policiers retrouvent la trace des voleurs, confondus par la vidéosurveillance et les empreintes. Après une convocation matinale où les deux suspects avouent tout - l’histoire de la sextape faisant bien marrer les enquêteurs -, les perquisitions sont effectuées dans leur chambre étudiante et chez leurs parents. Au domicile des parents d’Ali, les policiers retiennent son père, « un peu nerveux » selon son fils, de ne pas lui en mettre une. L’étudiant laisse d’ailleurs passer plusieurs week-ends avant de retourner au domicile familial. Avec le recul, les deux copains ne regrettent rien si ce n’est le vol de l’ordinateur. « Rentrer dans le stade, c’était magique » , confie Logan. Quid du lieu où ils aimeraient effectuer leurs 35 heures de TIG ? « Dans le prochain stade du FCN s’il y a moyen. »

Par Flamen Keuj
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