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On a retrouvé le Real

Le Real n’avait pas le choix : la Supercoupe ou alors l’enfer d’un début de saison catastrophique. La bande à Mou change le cours de l’histoire et remporte la Supercoupe d’Espagne. Compte-rendu d’une soirée en blanc.

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Real Madrid - FC Barcelone : 2-1
Buts : Higuaín (11e) et Cristiano Ronaldo (18e) pour le Real. Messi (44e) pour le Barça.

« Le plan est basique : on va attaquer dès le début. » Le patron a annoncé le menu hier en conf. Le Real en a plein les bottes des matchs de raccrocs (Valence) et des défaites qui remettent tout en question (Getafe). Mourinho, événement rare, s’en prend directement à ses joueurs à la sortie de Getafe en conf sans leur dire un mot au vestiaire. Les joueurs n’ont pas apprécié, et c’était bien l’objectif. L’obsession de l’accumulation de gloire et de titres ne prend pas. Le Mou a gagné la Supercoupe partout sauf en Espagne. Il peut même fêter son vingtième oriflamme en 12 ans de carrière. Mais non. Ce qui compte ce soir, c’est la matière grise, celle qu’on ne voit pas sur les feuilles de match, celle qui ne se travaille pas en salle de muscu. « Ma principale priorité, c’est de voir si l’attitude que nous avons eu à Getafe (défaite 2-1) va se répéter. Je m’en fiche de perdre la Supercoupe ou le match. Ce qui compte, c’est de savoir quel profil psychologique ont mes joueurs et mon équipe. » Ce soir, les têtes vides vont rouler.

Le Real sûr de lui

Sous la menace d’une disgrâce, les joueurs du Mou répondent et sont agressifs sur chaque ballon et chaque tentative d’incursion catalane en terre madrilène. Pepe a repris son poste dans l’axe et va bouffer un asado à la sauce Messi. La première demi-heure du Real est aussi puissante que la défense centrale catalane Piqué-Mascherano est fébrile. Deux « erreurs infantiles » (pour Valdano dans le poste) qu'ils payent comptant. Le Real s’est approché trois fois et mène 2-0 (Higuaín 10’, Ronaldo 18´). Voilà quatre ans et demi que le Real n’avait pas mené de deux buts contre son meilleur ennemi. Le temps pour Bernabéu de se lever et de sauter à la santé de ses héros. Mais le tournant du match parle portugais. Adriano cisaille Ronaldo qui part au but seul. Le Bernabéu déguste une biscotte rouge. Le Barça est à 10 et d’un seul coup ressemble à celui d’avant l’histoire, celui qui avait peur, celui qui ne prenait pas de risque à Bernabéu, celui qui traînait le ballon comme un mauvais sort. Le cuir colle à la pelouse, Iniesta tente bien de dynamiter la capitale (36e) sur le côté gauche. Mais Andrés est un héros, pas un Dieu.

Pourtant le messie joue bien au Barça. Il a beau être en cours de cuisson sur la grille de Pepe, la viande argentine se déguste bien cuite. Leo a le temps de prendre le ballon à 30 mètres, de s’énerver sur Mateu Lahoz, d’avoir l’air du type qui sait ce qu'il veut. Coup de sifflet, pied gauche enroulé, le filet de Casillas. 2-1, tout peut recommencer. Ronaldo l’a pris pour lui et claque dans la foulée une frappe dans la course à 30 mètres. Valdés peut remercier les 50 centimètres qui le sauvent sur son côté gauche. « Le petit Andrés est attendu à la porte 36 par ses parents » , gueulent les mégaphones madridistes. Il y a une famille à Madrid qui ne verra donc pas la deuxième mi-temps.

Faux rythme et vrai titre

La seconde moitié s’entame sur un faux rythme. Le Real guette les erreurs dans le dos de la défense barcelonaise. Iniesta et son copain Messi tentent d’injecter du nerf aux transmissions catalanes. Le ballon tourne un peu mieux, mais le Real est serein grâce au couple Alonso-Khedira qui rappelle les meilleurs duos de bandits. Ces deux-là ne font pas de quartier et volent tout au milieu. Sami ressemble même à son double de l’Euro quand il part balle au pied. Mais seul devant Valdés, Bernabéu reconnaît son Sami, celui qui panique à l’approche des surfaces et bute sur le cerbère catalan. Busquets est loin du jeu, Messi descend dans le rond central pour toucher le cuir et distribuer vers Jordi Alba dans le dos d’Arbeloa. Mais le gruyère catalan est un délice pour Higuaín. Sur une nouvelle perte de balle au milieu, Higuaín se glisse dans un trou et rate son troisième duel de la soirée contre Valdés.

Le match s’éteint petit à petit. Tello et Song ne feront pas oublier que le Barça manque de tout et que les Madrilènes ne forceront pas plus pour ramener une coupe à la maison. Alors la seule vraie excitation de cette fin de rencontre, c’est l’entrée de celui que les Madrilènes attendent depuis le mois de juin. Luka Modrić entre sur sa nouvelle pelouse. Mais dans son short un peu trop grand et son maillot vraiment très petit, il a une drôle d’allure, le tube de l’été. Pendant ce temps-là, le « petit Alex est attendu à la porte 13 » . Et ils peuvent attendre encore un peu. Alex, il est posté dans un virage pour vivre ses premiers frissons de petit madridiste quand Montoya rate le hold-up contre Casillas et que Messi joue avec la lucarne du Real. Les drapeaux sont sortis dans le vent, Bernabéu tient son premier titre de la saison et en finit avec son ennemi intime. Campeones, Campeones. Pour l’instant.

Par Thibaud Leplat, à Santiago-Bernabéu
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